‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 26 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

envers la religion nouvelle , une exposition générale équivalente à celle qui vous initia jadis au catholicisme. La nature mieux intelligible d'une doctrine toujours démontrable doit même, outre la présente maturité de votre raison, vous rendre cette seconde opération plus facile que la première. Rappelez-vous d'ailleurs l'admirable maxime que notre grand Molière fit proclamer par Ihomme de goût de son dernier chef-d'œuvre :

Je consens qu'une femme ait des clartés de tout;

et notez aussi que le Je consens d'alors deviendrait maintenant // convient.

Au fond, le domaine intellectuel du sacerdoce fut toujours le même que celui du public, sauf la diversité de culture, systématique d'un côté, purement spontanée de l'autre. Cette identité essentielle , sans laquelle on ne concevrait aucune harmonie religieuse, devient à la fois plus directe et plus complète dans le positivisme qu'elle ne put jamais l'être sous le théologisme. Le véritable esprit philosophique consiste,, en effet, comme le simple bon sens, à connaître ce qui est, pour prévoir ce qui sera, afin de l'améliorer autant que possible. Ln des meilleurs préceptes positivistes proclame même vicieuse, ou du moins prématurée, toute systématisation qui n'est point précédée et préparée par un suffisant essor spontané. Cette

règle résullo aussitôt du vers dogmatique d'après lequel le posltivlsiuc caractérise l'eiiseuible de notre existence :

Agir par aiïoetion, et penser pour agir.

Le premier hémistiche correspond à la spontanéité, et le second à la systématisation consécutive. Quelques inconvénients que suscite l'activité irréfléchie, elle seule peut ordinairement fournir les premiers matériaux d'une méditation efficace, qui permettra de mieux agir.

Considérez enfin qu'aucun esprit ne saurait s'abstenir dune opinion quelconque sur l'ordre universel, soit extérieur, soit humain. Vous savez maintenant que le dogme religieux eut toujours le même objet essentiel, avec cette seule différence générale que la connaissance des lois y remplace désormais la recherche des causes. Or, des hypothèses chimériques envers celles-ci ne sauraient vous sembler plus intelligibles que des notions réelles sur celles-là.

Les femmes et les prolétaires, que cette exposition a principalement en vue, ne peuvent ni ne doivent devenir des docteur, pas plus qu'ils ne le veulent. Mais tous ont besoin de comprendre assez l'esprit et la marche de la doctrine universelle, pour imposer à leurs chefs spirituels une suffisante préparation scientifique et logique, sur laquelle repose nécessairement

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