‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 41 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

gazeux, liquide, et solide, complétée par celle, non luoius indispensable, des substances végétales et animales. On peut ainsi concevoir enfin réconomie fondamentale de la nature, jusqu'alors inintelligible, faute d'avoir constaté, chez tous les êtres réels, tant vivants qu'inertes , des éléments matériels essentiellement identiques.

Vous concevez donc comment la chimie proprement dite institue seule une transition normale entre la cosmologie et la biologie, suivant votre juste vœu de continuité totale. Cette grande condition encyclopédique , aussi favorable finalement au cœur qu'à l'esprit , vous offrirait encore plus de prix si je vous indiquais la vraie distribution intérieure de l'astronomie, de la physique, et de la chimie, comme je l'ai d'abord fait envers la mathématique. Mais il faut réserver ces développements pour des entretiens plus spéciaux, qui ne sont pas religieusement indispensables aujourd'hui. Ce type initial doit ici suffire pour vous faire sentir la possibilité générale d'une ascension vraiment graduelle de la mathématique à la morale , en appliquant , avec une précision et une spécialité croissantes, notre immuible principe hiérarchique.

Kn complétant celte appréciation subjective ou logique par une équivalente appréciation objective ou sci'jntifique . lu succession générale de ces trois

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études abstraites commence à vous manifester une véritable écliellc concrète, sinon des êtres, au moins des existences. "Nous n'observez, en astronomie, que la simple existence mathématique . qui , jusqu'alors presque idéale, s'y réalise envers des corps que nous ne pouvons explorer sous aucun autre aspect, et qui dès lors en deviennent le meilleur type. Mais , en physique, on s'élève «^ des phénomènes moins grossiers et plus intimes , qui tendent davantage vers le cas humain. Enfin, la chimie vous offre la plus noble îH la plus profonde des existences matérielles, toujours subordonnée aux précédentes , suivant notre loi universelle. Quoique la grande notion objective résultée d'une telle progression ne doive se développer assez qu'en biologie , il importe d'en remarquer l'ébauche cosmologique, pour faire convenablement saisir le vrai principe du classement des êtres quelconques.

La Femme. Cette admirable continuité me dispose, mon père, à mieux juger les bruyants conflits qui surgissent quelquefois entre les divers départements scientifiques. La prédilection naturelle de mon sexe pour les explications morales m'entraînait à regarder ces débats théoriques comme essentiellement dus aux passions humaines. J'y vois maintenant une source plus légitime dans l'incertitude profonde que, faute de principes encyclopédiques, les différentes

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classes de saTants durent soment éprouver sur leurs attributions normales, d'après cette succession pres- (fue insensible entre leurs domaines respectifs.

Le Prêtre. Une telle continuité constitue, ma fille, le principal résultat philosophique de l'ensemble des efforts propres à la raison moderne. Car, le vrai génie théorique consiste surtout à lier, autant que possible , tous les phénomènes et tous les êtres. Le génie pratique complète ensuite ce résultat général; puisque nos perfectionnements artificiels aboutissent toujours à consolider et développer les liaisons naturelles. Vous devez ainsi commencer à sentir que l'esprit moderne n'est pas purement critique, comme on l'en accuse, et qu'il substitue des constructions durables aux impuissants débris du dogme ancien. En même temps , vous pouvez ici reconnaître déjà l'incompatibilité nécessaire des deux régimes théologigue et positif, d'après l'impossibilité de concilier les lois réelles avec les volontés surnaturelles. Que deviendrait cet ordre admirable, qui rattache graduellement nos plus nobles attributs moraux aux moindres phénomènes matériels, s'il y fallait interl)Oser une puissance infinie dont les caprices, ne comportant aucune prévision , le menaceraient toujours dune entière subversion ?

La Femme. Avant de saisir directement cette continuité générale , il me reste , mon père , à combler

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une grande lacune envers l'ordre vital , dont vous devez maintenant m'expliqucr l'appréciation systématique. J'ai déjà compris, pendant notre descente encyclopédique , sa liaison naturelle avec l'ordre humain. Mais je ne puis encore saisir comment il se rattache spontanément à l'ordre matériel : car un abîme infranchissable nie semble séparer le domaine de la vie et celui de la mort.

Le Prêtre. Votre embarras, ma fille, est pleinement conforme à la marche historique de l'initiation humaine. Deux générations se sont à peine écoulées depuis que les vrais penseurs ont pu commencer à concevoir nettement ce lien fondamental , où réside le nœud essentiel de toute la philosophie naturelle, -^"^s cosmologistes devaient, d'abord, par Tavénement de la chimie , pousser l'étude de l'ordre matériel jusqu'à ses phénomènes les plus nobles et les plus compliquéSvMais il fallait ensuite que les biologistes descendissent convenablement aux fonctions vitales les plus grossières et les plus simples, seules susceptibles de se rattacher directement à celle base inorganique. Tel fut le principal résultat de l'admirable conception due au vrai fondateur de la philosophie'biologique , l'incomparable Bichat. D'après une profonde analyse , les plus nobles fonctions vitales y furent enfin représentées, même chez l'homme, comme reposant toujours sur les plus grossières, sui-

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