‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 55 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

coimexité naturelle servira toujours de base à la véritable étude de l'âme et du cerveau. Gall établit à la fois la pluralité de nos fonctions supérieures , tant mentales que morales, et leur commune résidence dans l'appareil cérébral , dont les diverses régions devaient correspondre à leurs distinctions réelles. Malgré les vices essentiels résultés, surtout envers l'intelligence , d'une analyse superficit>lle et d'un^ localisation empirique, il parvint à représenter assez la décomposition générale de notre existence, et même à consacrer enfin les penchants bienveillants. La lutte fictive entre la nature et la grâce fut dès lors remplacée par l'opposition réelle entre la masse postérieure du cerveau, où résident les instincts personnels, et sa région antérieure, où siègent distinctement les impulsions sympathiques et les facultés intellectuelles. Telle est la base indestructible sur laquelle le fondateur de la religion positive construisit ensuite la théorie systématique du cerveau et de l'âme, quand il eut institué la sociologie, d'où pouvait seule émaner l'inspiration convenable.

La Femme. J'entrevois, mon père, toute la portée directe du double principe posé par le dernier précurseur du positivisme. Les réactions coutinues entre nos sentiments et nos pensées, comme les relations naturelles de nos divers instincts, ne pouvaient être assea représentées d après la séparation exorbitante

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des sièges qu'oa leur avait jadis assignés. La théorie cérébrale permit enfin de concevoir ces importants rapports, de manière à perfectionner leur connaissauce réelle. Néanmoins, en ôtant aux organes nutritifs celle attribution morale , que repoussait leur grossière destination, ou suscite, ce me semble, une grave lacune générale envers leurs liaisons incontesitablesavec nos fonctions supérieures. L'influence réciproque entre le physique et le moral, exagérée par l'ancienne hypothèse , me paraît donc négligée dans la conception nouvelle.

Le Prêtre. Ce reproche ne s'applique, ma fille, qu'à l'ébauche de la théorie cérébrale. Il ne convient pas à sou état définitif, où ces grandes relations se trouvent pleinement systématisées. En conservant de l'ancienne opinion les notions réelles qui l'accréditèrent si longtemps , on doit d'abord restreindre ces influences végétatives aux penchants proprement dits , sans y faire directement participer les fonctions intellectuelles , ni même les impulsions pratiques. Les régions spéculative et active du cerveau n'ont de communications nerveuses qu'avec les sens et les muscles, pour apercevoir et modifier le monde extérieur. Au contraire, la région affective , qui constitue sa principale masse , n'a point de liens directs avec le dehors, auquel la rattachent indirectement ses relations propres avec l'intelligence et l'activité.

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Mais, outre ces liaisons cérébrales, des nerfs spéciaux la lient profondément aux principaux organes de la vie de nutrition , d'après la subordination nécessaire de l'ensemble des instincts personnels à l'existence végétative. Si celte correspondance générale peut-être assez spécifiée, comme il y a lieu de l'espérer, elle fournira de puissants moyens pour i)erfectionner mutuellement le physique et le moral de l'homme.

La Femme. Cette conception positive de la nature humaine me semble , mon père , très-conforme à l'expérience universelle , surtout en ce qu'elle fonde directement notre unité sur la subordination continue de l'esprit au cœur Vous m'aviez expliqué déjà que, des deux modes propres à cette prépondérance affective, le régime altruiste peut seul procurer à l'homme, même individuel, une unité complète et durable, quoique plus ditïicile à constituer que l'unité égoïste. Mais une telle théorie de l'harmonie humaine m'offre encore une grave difficulté , pour la concilier avec la première loi d'animalité , qui proclame l'intermittence de toute la vie de relation , sans y pouvoir excepter les fonctions cérébrales. Car, la véritable unité ne saurait être discontinue. L'intelligence et l'activité peuvent et doivent se reposer périodiquement, comme les sens et les muscles correspondants. Au contraire, l'affection ne comporte aucune sus-

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pension. Pourrait-on jamais cesser d'aimer en soi et iiorsdcsoi?

Le Prêlre. La liaison directe entre la vie affective et la vie végétative doit vous conduire, ma fille, à regarder la première comme aussi continue que la seconde. Pour concilier cette continuité nécessaire avec l'intermittence commune h toute la vie de relation, il suffit de considérer la duplicité cérébrale. Tous les organes du cerveau sont, comme les sens et les muscles , composés de deux moitiés symétriques, séparées ou contiguës , dont chacune peut fonctionner pendant le repos de l'autre. Une telle alternance permet au sentiment de n'éprouver aucune interruption malgré rinlermitleuce cérébrale. Quelquefois l'intelligence fonctionne ainsi pendant le sommeil , sinon par l'appareil contemplatif, directement lié aux sens, du moins par l'appareil méditatif, qui n'en dépend pas immédiatement. De Va résultent les rêves, états passagers d'aliénation mentale, où. comme dans la folie , les impulsions subjectives prévalent involontairement. Cette persistance accidenlelle des fonctions iutelîectuelies pendant le sommeil permet de comprendre , par analogie , la persistance normale des fonctions affectives. Mais , elle en fournit, de plus, le témoignage indirect. Car, les rêves portent toujours l'empreinte des instincts dominants. Puisque le cœur dirige l'esprit pendant la veille

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