‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 61 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

réaclions sympathiques qu'il comporte ., mais qui ne lui sont pas inliérentes, puisqu'elles manquent souvent. L'observation zoologique ne laisse aucun doute sur cette distinction, en montrant la maternité chez des animaux trop inférieurs pour offrir les sentiments élevés qui s'y joignent parmi nous. Mais vous pouvez dissiper toute incertitude sans sortir de notre espèce Quelque précieux perfectionneuient que cet instinct reçoive de la civilisation , surtout moderne , par la réaction croissante de la société sur la famille, on peut encore démêler journellement sa propre nature chez les femmes peu sympathiques • où il s'isole mieux. Alors on recomiaît que l'enfant constitue directement, pour la mère, autant que pour le père , une simple possession personnelle , objet de domination, et souvent de cupidité, plus que d'une affection désintéressée. Seulement, les rapports résultés de la maternité pouvant stimuler beaucoup les penchants bienveillants, ils contribuent spontanément à développer ceux-ci dans tous les bons naturels, mais sans créer jamais les sympathies que cette réaction suppose. En comparant les divers états sociaux, simultanés ou successifs, on saisit le vrai caractère d'un instinct qui, avant d'être élaboré par la providence humaine, dispose souvent i\ vendre les enfants, et même à les tuer, pour de simples motifs personnels. D'ailleurs regardez autour de vous com-

ment on décide habituellenienl les professions ou les mariages ; et demandez-vous si l'égoïsme des parents Il y prévaut pas le plus souvent, depuis que l'anarcliic moderne affaiblit la léaction domestique de la société.

L'instinct sexuel fut quelquefois honoré d'une pareille méprise, non chez votre sexe qui en apprécie ordinairement la personnalité, mais par des hommes qui le confondirent également avec les sympathies dont il peut stimuler le développement quand il est bien dirigé. Tous les penchants personnels, sans excepter l'instinct destructeur, comportent de semblables réactions, qui ne suscitent pas de tels mécomptes, parce qu'elles y sont moins directes et moins prononcées. Cette relation générale facilite beaucoup le grand problème humain , subordonner l'égoïsme à l'altruisme. En effet, l'énergie supérieure des instincts personnels peut ainsi servir à compenser la langueur naturelle des instincts sympathiques, par une impulsion initiale que ceux-ci n'auraient pas spontanément. Une fois surgie, l'affection bienveillante persiste et grandit d'après sou charme incomparable , malgré la cessation de ce grossier stimulant. La supériorité morale de votre sexe le dispense souvent d'une telle préparation, en le disposant à aimer aussitôt qu'il trouve des objets d'amour, sans y chercher aucune satisfaction personnelle. Mais la

Page 1