PREMIERE PARTIE. \Uo
veau, en déterminant la constitution propre de chacun d'eux. Mais il ne faut pas attacher trop de prix à ce complément, sans lequel la doctrine cérébrale pont assez accomplir sa principale destination . comme le prouve ce cathéchisrae.
La position des organes constitue , en effet, la détermination la plus importante aussi bien que la plus difficile. Elle indique aussitôt les inlluences mutuelles qui , sans aucune entremise nerveuse , tiennent à la simple conliguïté. C'est ainsi qu'on explique aisément les relations, autrement inintelligibles, eî pourtant incontestables, entre l'instinct sexuel et l'instinct destructeur. L'ordre des organes, surtout affectifs, mesure leur énergie respective . d'après la loi que vous voyez inscrite au tableau. Par exe m] 'le, entre deux instincts consécutifs, on voit ainsi que le penchant à détruire est naturellement plus fort que le penchant ;» construire. On n'en peut douter en remarquant la préférence qu'il obtient partout, sans excepter notre espèce , quand l'être croit avoir le libre choix des moyens.
Mais le plus noble usage du tableau cérébral consiste à mieux poser le problème humain, l'ascendant de la sociabiUté sur la personnalité, comme vous l'avez déjà tant senti avant cette explication directe. Les trois qualités pratiques sont, en elles-mêmes, indifférentes au bien et au mal : elles n'aspirent di-
\Ull (VTÈCHISME TOSITIVISTK.
rectement qu'à l'action. Quant aux cinq fonctions intellectuelles, leur vraie destination consiste évidemment fi servir les trois penchants sociaux plutôt que les sept afîcctions personnelles : c'est le seul moyen pour que leur propre essor devienne vaste et durable. Toutefois , leur faiblesse intrinsè([ue les empêche souvent de riîsister à l'énergie naturelle des impulsions égoïstes ; et de là provient la principale difficulté. Si l'esprit ne trahit pas sa sainte inissioii . la personnalité, d'ailleurs incohérente, se subordonne aisément à une sociabilité qui ne lui refuse jarnais les satisfactions convenables. L'harmonie étant ainsi fondée entre le sentiment et l'intelligence, l'activité suit spontanément une impulsion qui lui fournit uis champ inépuisable. Tout dépend donc finalement d'une combinaison profonde entre les deux organes coutigus qui président respectivement au principal instinct sympathique et à l'esprit essentiellement synthétique. En représentant chacune des trois régions cérébrales par son organe prépondérant, la formule sacrée du positivisme se trouve naturelleinent gravée dans un cerveau quelconcpie, puisqu'elle prescrit l'harmonie habituelle de trois oi'ganes adjacents.
La Femme, D'après l'ensemble de cet entretien et du précédent , je reconnais, mon père , que le dogme positif suffit maintenant au gouvernement spiritwl
ITxEMIÈRE PAUTIK. l/l5
i!e l'humanité , comme notre entretien fondamental me l'avait déjà fait pressentir. Sa nature profondément relative ne lui permet pas l'immobilité propre au caractère absolu du dogme théologique. Mais cette immuabillté prétendue aboutit réellement à la mort ; tandis que les modifications graduelles du positivisme sont des symptômes certains d'une vie aussi durable que celle de notre espèce. Sans attendre ses perfectionnements inépuisables, je le sens assez éla- ])oré pour diriger aujourd'hui la réorganisation occidentale.
Le Prêtre. Cette conviction finale me permet, ma lille, de procéder maintenant à l'explication, d'abord générale, puis spéciale, du culte positiviste. Idéaliser le dogme pour idéaliser le régime, telle fut toujours la destination propre du culte , qui par là devient su3ceptible de représenter l'ensemble de la religion. Son étude vous fera sentir, J'espère, que l'aptitude poétique du positivisme est vraiment au niveau de sa puissance philosophique , sans avoir pu produire encore des résultats aussi décisifs.
!'.r> CATÉf.fHSME POSITIVISTE.
SFXONDE PARTIK.