‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 8 sur 115 · XXII CATÉCHISME POSITIVISTE · texte numérisé non relu

XXII CATÉCHISME POSITIVISTE

tlislinguont les croyances positives permettront un jour de procurer à leur exposition populaire ce dernier perfectionnement, quand elles commenceront a se répandre assez pour comporter une concision imagée. Cç n'est donc que provisoirement qu'on doit s'y borner h remplacer le monologue par le dialogue.

D'après cette théorie spéciale de la forme didactique , je me suis trouvé conduit, non-seulement à justifier l'usage antérieur, mais aussi à l'améliorer, en ce qui concerne l'interlocuteur. L'indétermination totale de l'auditeur rendait essentiellement vague le mode dialogique, ainsi devenu même presque illusoire. Ayant systématisé l'institution empirique du dialogue, j'ai bientôt senti qu'elle resterait incomplète, et dès lors insulfisante, tant que l'interlocuteur n'y serait pas nettement défini, du moins pour l'auteur. C'est uniquement en se proposant une communication réelle, quoique actuellement idéale, que l'on peut assez développer tous les avantages essentiels d'une telle forme. Ou institue alors un véritable entretien, au lieu d'un récit dialogué.

En appliquant aussitôt ce principe évident, je devais spontanément choisir l'angéiique interlocutricje qui, après une seule année d'influence objective, se trouve , depuis plus de six ans , subjectivement associée à toutes mes pensées comme à tous mes sentiments. C'est par elle que je suis enfin devenu, pour

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r Humanité, un organe vraiment double, comme quiconque a dignement subi l'ascendant féminin. Sans elle, je n'aurais jamais pu faire activement succéder la carrière de saint Paul à celle d'Aristote , en fondant la religion universelle sur la saine philosopbie. après avoir tiré celle-ci de la science réelle. La constante pureté de notre lien exceptionnel , et même l'admirable supériorité de range méconnu, sont d'ailleurs assez appréciées déjà des âmesd'élite. Quand Je révélais, il y a quatre ans, celte incomparable inspiration, en publiant mon Discours sur Venmnble du positivisme, elle ne pouvait d'abord être jugée que d'après ses résultats intellectuels et moraux, dès lors sensibles aux ccears sympatUiques et aux esprits synthétiques. Mais, lan dernier, le triple préambule qui distinguera toujours le tome premier de mon Système de po'itique positive permit h chacun d'apprécier <iirectemeût cette éminente nature. Aussi, dans ma récente publication du second volume de ce même traité, ai-je déjà pu me féliciter ouvertement de la touchante unanimité des sympathies décisives qu'éprouvent les deux sexes envers la nouvelle Béatrice. Ces trois antécédents publics dissipent ici toute hésitation sur ma sainte interlocutrice, assez connue des lecteurs dignement préparés pour que nos entretiens puissent vraiment leur inspirer un intérêt propre et direct.

\XiV CATÉCIIISML POSLTIMSTt.

Une telle c.itéchumène remplit heureusement toutes les conditions essentielles du meilleur type didactique. Malgré sa supériorité personnelle, Madame Clolilde de Vaux me fut sitôt ravie qu'elle ne put être suffisamment initiée au positivisme, où tendaient spontanément ses vœux et ses efforts. Avant que la mort brisât irrévocablement cette affectueuse instruction, la douleur et le chagrin l'avaient profondément entravée. En accomplissant aujourd'hui subjectivement la préparation systématique que je pus à peine ébaucher objectivement, l'angélique disciple m'offre donc seulement les dispositions essentielles que présentent aussi la plupart des femmes et même beaucoup de prolétaires. Chez toutes ces âmes que le positivisme n'a point encore atteintes, je suppose uniquement, comme envers mon éternelle compagne, un profond désir de connaître la religion capable de surmonter l'anarchie moderne , et une sincère vénération pour son prêtre. Je dois même préférer des lecteurs qu'aucune culture scolastique ne détourne d'un suffisant accomplissement spontané de ces deux conditions préalables.

Tous ceux qui connaissent mon institution générale des véritables anges- gardiens, assez expliquée déjà dans ma Politique positive, savent d'ailleurs que le principal type féminin y devient habituellement inséparable des deux autres. Cette douce connexité

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