TROISIÈME PARTIE
sitive de runion conjugale, où les relations sexuelles ne sont pas directement nécessaires. Car l'Interdiction légale du mariage , souvent invoquée par les médecins contre les maladies héréditaires , olTrirait un remède non moins odieux qu'illusoire. L'influence privée et publique de la religion positive peut seule produire , à cet égard , des résolutions qui manquent autant d'efficacité que de dignité quand elles ne sont pas pleinement volontaires. Dans ces unions exceptionnelles, la vraie nature du mariage deviendra mieux appréciable, lorsque les deux âmes seront bien organisées. Un usage étendu de l'adoption y permettra même l'essor des autres affections de famille , en soulageant d'ailleurs les couples spécialement voués à la propagation.
La Femme. Cette théorie suifit , mon père, ponr caractériser directement le mariage, indépendamment de ses résultats corporels, qui n'ont pas toujours lieu. L'amélioration morale de l'homme constitue donc la principale mission de la femme , dans cette incomparable union instituée pour le perfectionnement réciproque des deux sexes. Quant aux fonctions de la mère , vous les avez déjà définies, comme consistant surtout à diriger l'ensemble de l'éducation humaine, afin que le cœur y prévale toujours sur l'esprit. Ainsi, d'après la succession normale de ces deuxoflBces féminins, votre sexe reste toujours sous la
providence affective du mien. Une telle destination Indique aussitôt que le lien conjugal doit être unique et même indissoluble, afin que les relations domestiques puissent acquérir la plénitude et la fixité qu'exige leur efficacité morale. Cette double condition est tellement conforme à la nature humaine que les unions illicites y tendent spontanément. Mais je crois pourtant que le divorce ne doit pas être entièrement interdit.
Le Prêtre. Vous savez, ma fille, que saint Augustin, surmontant, par sa propre raison, le génie nécessairement absolu de sa doctrine théologique, commence son principal ouvrage en remarquant que le meurtre peut devenir souvent excusable, et quelquefois louable. On en peut dire autant du mensonge, et de presque tout ce qui mérite une réprobation générale. Mais, en étendant cette exception au divorce, il ne faut pas altérer l'indissolubilité fondamentale du mariage. Il n'existe vraiment qu'un seul cas où l'union conjugale doive être légalement dissoute, d'après la condamnation de l'un des époux à toute peine infamante qui le frappe de mort sociale. Dans les autres perturbations, l'indignité suffisamment prolongée peut seulement déterminer la rupture morale du lien, qui produit une séparation personnelle, mais sans permettre un nouveau mariage. La religion positive impose alors à l'innocent une chasteté corn-