‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 88 sur 115 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

pe.'soniiels, surtout les plus grossiers, et l'énergie supérieure (les inclinations sympathiques. Delà résulte la théorie positive du mariage, où votre sexe améliore le mien, en disciplinant l'impulsion charnelle sans laquelle l'infériorité morale de l'homme ne lui permettrait presque jamais une suffisante tendresse. Mais cette relation fondamentale se trouve heureusement secondée par tous les autres contrastes cérébraux des deux sexes. La supériorité masculine est incontesta- , ble en tout ce qui concerne le caractère proprement \ * dit, principale source du commandement. Quant à ; l'intelligence, elle offre, d'un côté, plus de force et d'étendue; de l'autre, plus de justesse et de pénétration. Tout concourt donc à prouver l'efficacité mutuelle de cette intime union, qui constitue la plus parfaite amitié , embellie par une incomparable possession réciproque. Hors d'un tel lien, les rivalités, actuelles ou possibles , empêchent toujours la plénitude de confiance qui ne peut exister que d'un sexe h l'autre.

Les appétits sexuels n'ont ici d'autre destination que de produire ou d'entretenir, surtoutchez l'homme, les impulsions propres à développer la tendresse. Mais il faut pour cela que leurs satisfactions restent très-modérées. Autrement leur nature profondément égoïste tend, au contraire, à stimuler la personnalité , presque autant que le font les excès nutritifs, et

souvent même avec plus de gravité, parce que la femme s'y trouve odieusement sacrifiée' aux brutalités de l'homme. Quand mon sexe devient assez pur, comme l'est ordinairement le vôtre, pour que la tendresse y surgisse assez sans cette grossière excitation, la principale eflBcacité du mariage se développe beaucoup mieux.

Tel sera le cas normal de la chaste union consacrée par notre culte envers les couples incapables de concourir dignement h la propagation de l'espèce humaine. Beaucoup de maladies se transmettent, et même s'aggravent, par l'hérédité ; en sorte que des milliers d'enfants naissent chétifs pour mourir bientôt, sans que leur existence ait jamais cessé d'être un fardeau. Dans la civilisation moderne, où toutes les naissances sont également protégées , ces tristes résultats se multiplient davantage que chez les anciens qui détruisaient la plupart des rejetons débiles. En scrutant assez cette grande question, on trouverait peutêtre que le quart des populations occidentales devrait sagement s'abstenir de toute procréation, pour concentrer une telle fonction chez les couples convenablement disposés. Quand on soignera la propagation de notre espèce autant que celle des principales races domestiques, on reconnaîtra la nécessité de la régler ainsi. Mais cela ne peut résulter que de la libre institution dés mariages chastes , d'après la théorie po-

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