GALL
Morgagni.
Wilf
générale du mouvement humain consiste, sous un aspect quelconque, en ce que Thomme devient de plus en plus religieux. Tel est le résultat de l'ensemble des appréciations dynamiques, dès lors pleinement conformes aux notions statiques : Téducation de l'espèce, comme celle de l'individu, nous prépare graduellement à vivre pour autrui.
La Femme. D'après ce dernier éclaircissement, je n'éprouve maintenant, mon père, aucun grave embarras envers la théorie d'évolution qui sert de base à la vraie philosophie de l'histoire. Vous pouvez donc procéder immédiatement à la sommaire explication des principales phases de l'Humanité.
Le Prêtre. Afin de vous en faciliter l'étude, je vous invite, ma fille, à consulter souvent le tableau ci-joint [Voyez le tableau D, ci-contre)^ extrait de la quatrième édition du Système général de commémoration publique propre à la transition organique de la République Occidentale,
Vous y serez d'abord frappée de l'absence totale d'indications envers le fétichisme, qui constitue pourtant notre état primordial, subsistant encore chez de nombreuses populations. Mais cette lacune inévitable tient seulement à la nature concrète de ce tableau, incapable d'embrasser une phase historique qui ne fît surgir aucun nom durable. Le fétichisme ne peut être dignement célébré que dans notre culte abstrait, où vous savez combien nous l'honorerons ^ .
Son efficacité mentale consiste surtout à fonder
1. Le culte abstrait s'adresse aux grandes fonctions de l'humanité, tandis que le tableau concret rappelle des personnages typiques.
spontanément la méthode subjective, qui, d'abord absolue, dirigea l'ensemble de la préparation humaine, I et qui, devenue relative, présidera de plus en plus à notre état normal ^ La vraie logique, où les sentiments dominent les images et les signes, a donc une origine* fétichique-. Quand une passion quelconque nous pousseï à chercher les causes des phénomènes dont nous igno- j rons les lois, afin de les modifier après les avoir prévus, nous attribuons directement aux êtres correspon-j dants des affections humaines, au lieu de les assujettir à des volontés extérieures. Le fétichisme est donc plus naturel que le polythéisme.
On ne peut contester son aptitude morale, d'après sa tendance à faire partout prévaloir spontanément le type humain. Il nous rend profondément sympathiques envers toutes les existences, même les plus inertes, en nous les représentant toujours comme essentiellement i analogues à la nôtre. Aussi ce premier état de Thumanité détermine-t-il plus de regrets qu'aucun autre chez; ceux qui s'y trouvent brusquement soustraits, suivant l'expérience journalière des malheureux Africains transportés au loin par la barbarie occidentale. !
Même sous l'aspect social, moins favorable au féti-' chisme, on lui doit d'importants services, que le culte positif glorifiera dignement. Tant que l'existence reste-j nomade, il modère, par sa tendance à l'adoration matérielle, les immenses destructions, d'ailleurs nécessaires i quoique aveugles, que les peuples chasseurs ou pasteurs exercent alors sur les animaux ou les végétaux,.
1. Dans le fétichisme, rhumanité observe ce quisepasseenellej pour le projeter dans les choses. Avec la sociologie elle l'observe | systématiquement et le soumet à des lois.