‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 46 sur 110 · PREMIÈRE PARTIE. <W · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. <W

qui savent les y saisir. Notre plus sublime conception théorique devient ainsi mieux appréciable , quand on considère chaque espèce animale comme un Grand- Être plus ou moins avorté , d'après l'infériorité de sa propre organisation et l'essor de la prépondérance humaine. Car l'existence collective constitue toujours la tendance nécessaire de la vie de relation qui caractérise ranimalîté. Mais ce résultat général ne peut, sur une même planète, se développer assez que chez une seule des espèces sociables.

La Femme. D'après l'ensemble de ces explications, je comprends, mon père, comment la biologie, philosophiquement cultivée , peut enfin combler toiïtes les graves lacunes encyclopédiques , en instituant une transition graduelle entre l'ordre extérieur et l'ordre humain. Celte immense progression, à la fois des êtres et des phénomènes, toujours conforme au principe hiérarchique du positivisme, se rattache, dans son terme inférieur, à la succession normale des trois modes essentiels de l'existence matérielle. Je conçois ainsi la pleine réalisation de l'admirable continuité qui d'abord me semblait impossible. Mais , avant de quitter l'ordre vital proprement dit, j'y voudrais connaître, d'une manière plus nette et plus précise, les deux parties essentielles de son domaine, végétalité et animalité.

Le Prêtre, Ce juste vœu, ma fille, sera convena-

bleiuent satisfait en concevant les trois grandes lois qui régissent chacune d'elles. 11 y faut voir autant de faits généraux , subordonnés entre eux mais complètement distincts, et dont l'ensemble explique toujours, soit les fonctions continues de la vie de nutrition , soit les fonctions intermittentes de la vie de relation.

La première loi de végétalité, base nécessaire de toutes les études vitales, sans excepter le cas humain, consiste dans la rénovation matérielle à laquelle est constamment assujetti tout être vivant A cette loi fondamentale succède celle du développement et du déclin, aboutissant à la mort, qui, sans offrir en elle-même la suite nécessaire de la vie, en devient partout le résultat constant. Enfin , ce premier système biologique se complète par la loi de la reproduction , où la conservation de l'espèce compense la destruction de l'individu.

La principale propriété de l'ensemble des êtres vivants consiste dans l'aptitude de chacun d'eux à reproduire son semblable , comme lui-même provint toujours d'une source analogue. Non-seulement aucune existence organique n'émane jamais de la nature inorganique. Mais, en outre, une espèce quelconque ne saurait résulter d'une autre , ni supérieure ni inférieure, sauf les variations très-limitées, quoique trop peu connues encore, que comporte chacune

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