‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 47 sur 110 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

d'elles II existe donc un abîme vraiment infranchissable entre le monde vivant et la nature inerte , et même , à de moindres degTés , entre les divers modes de vitalité. En confirmant l'impossibilité de toute synthèse purement objective, cette appréciation n'altère aucunement la véritable synthèse subjective . résultée partout d'une ascension assez graduelle vers le type humnioi.

Quant aux trois lois d'animalité, la première consiste dans le besoin alternatif d'exercice et de repos propre à toute la vie de relation , sans excepter nos plus nobles attributs. Cette intermittence caractéristique des fonctions animales se lie naturellement à la- belle observation: ée Bichat sur la symétrie constante des organes, correspondants, dont chaque moitié peut être active tandis que l'autre reste passive. La seconde loi, qui, comme dans tous les autres cafr. suppose la précédente mais sans en résulter, proclame la tendance de toute fonction intermittente à devenir habituelle ; c'est-à-dire à se reproduire spontanément après la cessation de l'impulsion primitive. Cette loi de l'habitude trouve son complément naturel dans celle de l'imitation , qui n'en est pas vraiment distincte. Suivant la profonde réflexion de Cabanis, l'aptitude; à imiter autrui résulte , en effet , de l'aptitude, à s'imiter soi-même; du moins ehez toute espèce douée de sympathie. Enfin ,1» troisième

loi d'animalité , subordonnée à celle de l'habitude , consiste dans le perfectionnement, à la fois statique et dynamique , inhérent à tous les phénomènes de relation. Envers chacun d'eux , l'exercice peut fortifier les fonctions et les organes , que la désuétude prolongée tend toujours à affaiblir. Cette dernière loi, qui repose sur les deux autres sans s'y confondre, résume l'enseiAble delà théorie de l'animalité, comme vous l'avez conçu d'abord pour la loi finale de la végélalité.

En combinant ces deux grandes lois, on institue une septième loi vitale, celle de l'hérédité, qui mérite scientifiquement une appréciation distincte, quoiqu'elle ne soit logiquement qu'une conséquence nécessaire des précédentes. Toute fonction ou structure animale étant perfectible à certains degrés, l'aptitude de tout être vivant à reproduire son semblable pourra dès lors fixer dans l'espèce les modifications suffisamment profondes survenues chez l'individu. De là résulte le perfectionnement, limité mais continu, surtout dynamique et même statique, de chaque race quelconque , par des régénérations successives. Celle haute faculté, qui résume spontanément le double système des lois biologiques , se développe d'autant plus que l'espèce est plus élevée , et dès lors plus modifiable aussi bien que plus active, d'après sa propre complication.

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