‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 59 sur 110 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

malgré les impressions extérieures, il doit le dominer davantage quand celles-ci sont suspendues. On peut donc espérer que la théorie cérébrale conduira finalement à bien interpréter les songes, et même à les modifier, suivant le vœu prématuré de 1oute l'antiquité.

La Femme. Je ne pourrais , mon père, concevoir assez la théorie positive de la nature humaine, si, après m'avoir expliqué les relations générales entre le cœur, l'esprit, et le caractère, vous ne me faisiez pas txronaître la décomposition systématique de chacun d'eux en fonctions vraiment irréductibles.

Le Prêtre. Elle résulte, ma fille, du tableau cérébTal que voici [royez le tableau B, ci-contre). Il doit vous devenir aussi familier que notre tableau encyclopédique. Mais, quoiqu'il soit plus étendu, vous y trouverez moins d'embarras. Quiconque a suffisamment vécu, surtout dans votre sexe, doit bientôt sentir la réalité d'une telle analyse, qui, par sa nature , ne peut reposer que sur des observations à la portée de tous. Si des contemplations spéciales et difficiles étaient indispensables pour la vérifier, elle serait nécessairement vicieuse. Les grands efforts qu'exigea la construction de ce tableau ne sauraient aucunement affecter son usage, surtout chez les esprits préservés êe notre éducation classique. Car ces difficultés tinrent moins à la nature du problème

Vik CATÉCHISME POSITIVISTE.

qu'aux fausses théories qui dominaient à cet égard. Quoique ce soit le plus ancien domaine de notre intelligence , c'est le dernier auquel devait s'étendre la concordance graduelle entre la raison théorique et la raison pratique. Mais cet accord fondamental s'y trouve enfin établi ainsi; de manière à y reproduire, mieux qu'ailleurs, les progrès qu'il suscite toujours.

Cette classification cérébrale vous offre partout une nouvelle application du principe universel de la généralité décroissante, sur lequel vous avez déjà vu reposer la hiérarchie encyclopédique. Vous le remarquez surtout envers les instincts, qui sont à la fois plus nombreux et mieux tranchés. Leur décroissèment de généralité à mesure qu'ils deviennent plus nobles et moins énergiques se vérifie pleinement dans l'ensemble de la série animale. Les derniers degrés ne présentent que l'instinct fondamental de la conservation individuelle, jusqu'à l'entière séparation des sexes. Alors s'ajoutent successivement tous les autres instincts , d'abord personnels , puis sociaux . dans l'ordre qu'indique le tableau cérébral, à mesure qu'on monte vers l'homme. Cette comparaison zoologique suffirait donc pour démontrer une telle analyse y dont elle a même souvent secondé l'élaboration, toujours dirigée cependant par l'inspiration sociologique. La plus haute partie de la série ani-

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