‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 62 sur 110 · PREMIÈRE PARTIE. ih · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. ih

relie, entendue chez toute la race, et même parmi

les espèces assez voisines : mais les moyens physiques de communication restent souvent très-imparfaits. Quant au langage actuel des nations civilisées, il constitue , en effet , un résulat très-complexe de l'ensemble do développement humain. Toutefois, sa première source réside également dans l'organe cérébral qui dispose à créer, par des moyens quelconques, des signes artificiels, sans se préoccuper directement des communications mentales ou morales qu'on peut opérer ainsi.

La Femme, Pour compléter cette importante appréciation, je vous prie, mon père, de m'indiquer l'usage général que je dois faire du tableau cérébral quand je l'aurai suffisamment étudié.

Le Prêtre. Il ne peut, ma fille • vous devenir propre que d'après une application continuelle. Les femmes s'exercent habituellement à démêler, dans nos actions et nos discours , les sentiments et les pensées qui les inspirent véritablement. Regardez surtout le tableau cérébral comme un moyen général de perfectionner beaucoup cet office féminin. Vous reconnaîtrez souvent que l ame humaine n'est point impénétrable. Le cerveau peut ainsi devenir un livre inaltérable, que vous lirez malgré tous les artifices de la dissimulation. En complétant ces observations individuelles par la comparaison des nations assez

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distinctes , et même des animaux aisément appréciables, vous aurez achevé votre initiation à la théorie positive de la nature humaine.

Mais, pour éviter ou corriger des méprises trop faciles, il faut toujours considérer que la plupart des résultats observables, tant intellectuels que moraux, proviennent du concours de plusieurs fonctions cérébrales. Chacune de celles-ci peut être rarement observée seule. Ainsi , votre exploration exigera U» plus souvent une analyse, dont notre tableau vous fournira sans cesse les éléments, que vous combinerez jusqu'à ce que cette synthèse représente assez le cas correspondant Par exemple, l'envie résulte d'une combinaison entre l'instinct destructeur et l'un quelconque des six autres instincts égoïstes ; sous un secret sentiment de l'infériorité personnelle , tant mentale que morale. Il existe donc six espèces d'envie , suivant que son second élément consiste dans la cupidité, oa la luxure , etc.

Le tableau cérébral résume tout ce qu'il y a de vraiment démontré maintenant dans la théorie positive de la nature humaine. C'est pourquoi le nombre et le site des organes intellectuels et moraux s'y trouvent seuls indiqués, sans rien préciser même sur leur forme ou leur grandeur. Une étude objective , qui n'est pas encore instituée convenablement, peut seule compléter cette théorie subjective du cer-

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veau, en déterminant la constitution propre de chacun d'eux. Mais il ne faut pas attacher trop de prix à ce complément, sans lequel la doctrine cérébrale pout assez accomplir sa principale destination, comme le prouve ce cathéchisme.

La position des organes constitue, en effet, la détermination la plus importante aussi bien que la plus difficile. Elle indique aussitôt les influences mutuelles qui, sans aucune entremise nerveuse, tiennent à la simple contiguïté. C'est ainsi qu'on explique aisément les relations, autrement inintelligibles, et pourtant incontestables, entre l'instinct sexuel et l'instinct destructeur. L'ordre des organes, surtout affectifs, mesure leur énergie respective , d'après la loi que vous voyez inscrite au tableau. Par exemple, entre deux instincts consécutifs, on voit ainsi que le penchant à détruire est naturellement plus fort que le penchant à construire. On n'en peut douter en remarquant la préférence qu'il obtient partout , sans excepter notre espèce , quand l'être croit avoir le libre choix des moyens.

Mais le plus noble usage du tableau cérébral consiste à mieux poser le problème humain , l'ascendant de la sociabilité sur la personnalité, comme vous l'avez déjà tant senti avant cette explicaliou directe. Les trois qualités pratiques sont, en elles-mêmes, indifférentes au bien et au mal : elles n'aspirent di-

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rectement qu'à l'action. Quant aux cinq fonctions Intellectuelles, leur vraie destination consiste évidemment à servir les trois penchants sociaux plutôt que les sept affections personnelies : c'est le seul moyen pour que leur propre essor devienne vaste et durable. Toutefois , leur faiblesse intrinsèque les empêche souvent de résister à l'énergie naturelle des impulsions égoïstes ; et de là provient la principale difficulté. Si l'esprit ne trahit pas sa sainte mission « la personnalité, d'ailleurs incohérente, se subordonne aisément à une sociabilité qui ne lui retee jamais les satisfactions convenables. L'harmonie étant ainsi fondée entre le sentiment et l'intelligence, l'activité suit spontanément une impulsion qui lui fournit u« champ inépuisable. Tout dépend donc finalement d'une combinaison profonde entre les deux organes coatigus qui président respectivement au principal instinct sympathique et h l'esprit essentiellement synthétique. En représentant chacune des trois régions cérébrales par son organe prépondérant , la formule sacrée du positivisme se trouve naturellement gravée dans un cerveau quelconque, puisqu'elle prescrit l'harmonie habituelle de trois organes adjacents.

La Femme. D'après l'ensemble de cet entretien et du précédent , je reowinais, mo» père , que le dogme positif suffit maintenant au gouvernement spirituel

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