‹ Catéchisme positiviste ou, Sommaire exposition de la religion universelle, en onze entretiens systématiques entre une femme et un Prêtre de l'humanitéChapitre 61 sur 110 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

grossièreté masculine ne peut presque jamais se passer de ce préambule indirect, devenu surtout nécessaire à la vie publique, pour y ennoblir l'orgueil ou la vanité.

La Femme. Envers les fonctions intellectuelles, je suis étonnée, mon père, de voir exclues du tableau cérébral les facultés classiques, mémoire , jugement, imagination , etc.

Le Prêtre. Regardez les, ma fille, comme des résultats de l'ensemble de l'organisation mentale, qu'on prit longtemps pour des attributs spéciaux. La comparaison des individus et des sexes, complétée, s'il le faut, par celle des espèces, prouve directement l'inanité de l'ancienne analyse intellectuelle et la réalité de la nouvelle. Car, l'observation montre ainsi des différences prononcées et permanentes envers la contemplation ou la méditation, sans jamais conduire à des résultats nets et fixes pour les facultés scolastiques. Le moindre jugement exige un concours habituel des cinq fonctions intellectuelles, afin d'instituer, entre le dedans et le dehors, cette coïncidence durable et unanime qui caractérise la vérité. Il en est de même, à plus forte raison, pour chaque effort de mémoire ou d'imagination, qui souvent exige des inductions et déductions entièrement analogues aux opérations scientifiques. Quant à la volonté, elle devient le résultat direct de toute impulsion affective

\kO CATÉCHISME POSITIVISTE.

approuvée par l'intelligence comme devant diriger la conduite.

La Femme. Contrairement à ma précédente remarque, je suis surprise, mon père, de voir le langage figurer distinctement au tableau cérébral , au lieu d'être regardé comme un produit de l'ensemble des fonctions intellectuelles.

Le Prêtre. Votre erreur tient, nia fille, à ce que vous confondez l'aptitude spéciale à créer des signes artificiels avec les résultats que détermine sa digne subordination aux autres forces mentales. Malgré l'insuffisance ordinaire de ses analyses intellectuel es , Gall n'hésita jamais à pourvoir le langage d'un organe distinct, sur l'existence duquel l'observation des animaux, des hommes, et des peuples, ne pouvait lui laisser aucun doute.

Quand il est livré à lui-même, sans aucune discipline cérébrale, comme on le voit souvent dans les maladies, et quelquefois en santé, son activité directe ne produit qu'un pur verbiage , que la raison transforme seule en un vrai discours. En d'autres cas, au contraire, l'atonie exceptionnelle de cet organe empêche la transmission des pensées les mieux élaborées. Au reste, il ne faut pas confondre, chea les animaux, la fonction propre du langage avec ses instruments vocaux, qui n'y correspondent pas Unijours. Chaque espèce supérieure a sa langue natu-

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