PRÉFACE. XXXI
lesquels les prolétaires deviendront enfia capables de bien placer leur confiance théorique et pratimie
La profonde anarchie des intelligences motive d f ailleurs cet appel spécial de la religion positive au sexe affectif, en rendant plus nécessaire que jamais la prépondérance du sentiment, qui maintenant préserve seul la société occidentale d'une entière et 'irréparable dissolution. Depuis la fin du moyen âge 9 c'est uniquement l'intervention féminine qui contient secrètement les ravages moraux propres à l'aliénation mentale vers laquelle tendit de plus en plus l'Occident, et surtout son centre français. Ce délire chronique étant désormais à son comble, puisqu' aucune maxime sociale ne surmonte une discussion corrosive , les sentiments soutiennent seuls Tordre occidental. Mais eux-mêmes se trouvent déjà fort altérés d'après les réactions sophistiques , toujours favorables aux instincts personnels, qui d'ailleurs ont plus d'énergie.
Parmi les trois penchants symnathiaues propres à notre vraie constitution cérébrale, les deux extrêmes sont très-affaibiis , et le moyen presque éteint , chez la plupart des hommes qui maintenant participent activement à l'agitation occidentale. En pénétrant au sein des familles actuelles, on voit combien l'attachement conserve peu de force dans les relations qui
XXXli CATÉCHISME POSITIVISTE.
doivent le développer le mieux. Quant à la bonté générale, tant prônée aujourd'hui, elle indique davantage la haine des riches que l'amour des pauvres. Car la philanthropie moderne exprime trop souvent une prétendue bienveillance avec les formes propres à la rage ou à l'envie. Mais le plus usuel des trois instincts sociaux, comme offrant la seule base directe de toute vraie discipline humaine , est encore plus altéré que les deux autres. Cette dégénération, sensible surtout parmi les lettrés et les riches , s'étend même chez les prolétaires, à moins qu'une sage indifférence ne les détourne du mouvement politique.
La vénération peut cependant persister au milieu des plus grands égarements révolutionnaires, dont elle fournit spontanément le meilleur correctif. J'en fis jadis l'épreuve personnelle pendant la phase profondément négative qui dut précéder mon essor systématique. Alors l'enthousiasme me préserva seul d'une démoralisation sophistique, quoiqu'il m'exposât spécialement aux séductions passagères d'un jongleur superficiel et dépravé. La vénération constitue aujourd'hui le signe décisif qui caractérise les révolutionnaires susceptibles d'une véritable régénération, quelque arriérée que soit encore leur intelligence, surtout parmi les communistes illettrés.
Mais, quoique ce précieux symptôme se vérifie maintenant chez l'immense majorité des négativistes,