‹ Catéchisme pratique, ou, Doctrine chrétienne en exemples (volume 2)Chapitre 18 sur 28 · DES CÉRÉMONIES DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DES CÉRÉMONIES DE L'ÉGLISE

sonnages qu'il avait appris à connaître dans le songe. Lorsque les deux étrangers eurent remarqué la vive émotion que leur vue avait produite sur le jeune homme, ils l'accostèrent, et après quelques pourparlers affables, l'aîné des deux lui dit: « Auriez-vous bien la volonté et le courage de servir le Seigneur Jésus-Christ avec le plus entier dévouement, jusqu'à l'épuisement de vos forces? » Or cette répétition de la demande qui lui avait été faite dans une circonstance toute différente, décida du choix du jeune homme. Ces personnages, qui exercèrent une si grande influence sur la carrière, furent Pierre Lefèvre et François Strada, tous deux connus par leurs travaux chrétiens et littéraires. Le jeune homme dont le nom n'est pas moins devenu célèbre, était Jean Nunnez, qui dans la suite se distingua comme missionnaire par son courage et son zèle apostolique en Abyssinie.

La même demande, la même condition, la sainte Vierge la pose à tous ceux qui désirent jouir de sa protection. Car à tous s'adresse cet avis de l'apôtre S. Jean : « N'aimons pas seulement Dieu, ni de parole, ni de langue, mais par les œuvres et en vérité. » (1 Epît. 5, 18.) Oui, 3Iarie veut que nous aimions et adorions son divin Fils; nous devons donc le servir de tout notre cœur et lui demeurer fidèles, jusqu'à l'épuisement de nos forces; alors et alors seulement Marie sera et demeurera pour nous une mère aimante et toujours disposée à nous assister. (Veith.)

IJES CÉRÉMONIES DE L'ÉGLISE EX GÉNÉRAL ET DE QUELQUES UNES EN PARTICULIER.

Signification et but des cérémonies. — Explication. Ce n'est pas sans raison que nous faisons suivre après la doctrine sur la prière, celle des cérémonies de l'Eglise, ou des rits sacrés, des usages symboliques qu'elle a établis pour la solennité des offices divins; car les cérémonies religieuses ont été établies comme la prière pour la louange et la gloire de Dieu, et elles aident notre âme à

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s'élever vers Dieu et à s'occuper des choses divines, puisque, en rendant le culte divin plus solennel elles attirent davantage notre attention vers Dieu, et qu'en exprimant en quelque sorte des mystères insensibles par des figures ou des objets sensibles, elles facilitent le moyen de les méditer. Nous sommes après tout des hommes sensibles et nous voulons être élevés au moyen de choses qui frappent les sens, jusqu'à celles qui sont au-dessus des sens; de là l'usage àes> cérémonies. De même que la création visible nous élève jusqu'au créateur invisible, de même que Dieu lui-même a placé dans le ciel et sur la terre, dans le majestueux soleil, dans les millions d'étoiles étincelanles, dans la foule innombrable des fleurs, des signes qui nous figurent dans un langage symbolique l'infinie grandeur et la bonté de Dieu, puisque David s'écrie : « Les cieux racontent la gloire du Seigneur, » (Ps. 18), de même aussi les cérémonies de l'Eglise sont destinées à nous élever vers Dieu et à symboliser les profonds mystères de la religion. Et réellement les rits et les cérémonies que l'Eglise a établis, ont un sens profond, une signification pleine de mystères, et sont tout-à-fait propres à réveiller en nous de pieux sentiments. Car tout ce que l'Eglise sainte et infaillible établit, approuve ou pratique, ne peut être qu'utile et salutaire, puisqu'elle est toujours dirigée par l'Esprit-Saint. Nous l'avons déjà pu remarquer quand il s'est agi des cérémonies qui accompagnent le baptême, la confirmation, la sainte messe et les bénédictions. C'est donc uniquement par défaut de connaissances ou de sentiments religieux que quelques uns prétendent que les cérémonies sont inutiles et réprouvées de Dieu, parce que, disent-ils. Dieu doit être adoré en esprit et en vérité. Sans doute ce qui doit être réprouvé, c'est quand on a assisté froidement el sans reis.

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flexion aux cérémonies, sans en comprendre le sens, ou quand on prend le simple cérémonial pour la religion elle-même, comme le faisaient les Pharisiens; mais lorsque l'on assiste aux cérémonies avec attention, que l'on en comprend le sens, qu'elles sont accompagnées de prières et de pieux sentiments, alors on adore Dieu en esprit et en vérité. Ce serait une erreur non moins grande et coupable de prétendre que les cérémonies sont de vaines observances. Loin de là, puisque Dieu lui-même, dans l'ancienne loi, prescrivit sous les peines les plus sévères, une foule de cérémonies, et Jésus-Christ a institué des signes sacramentels ou des cérémonies dans le baptême et la dernière Cène, tout comme il s'en est servi lui-même.

Cérémonies de ^ancienne loi.

Dans le lévitique sont indiquées de la manière la plus détaillée toutes les cérémonies des sacrifices, de la consécration des prêtres, de l'entretien du candélabre, des pains de la proposition etc. Dieu lui-même les prescrivit de la manière la plus sévère.

Jésus-Christ eut recours à différentes cérémonies.

Lors de la guérison du sourd-muet, « il lui mit son doigt dans les oreilles, etde la salivesur la langue; et levantlesyeux au ciel, il gémit, et lui dit:Epheta! c'est-à-dire, ouvrezvous. » {S. marc. 7, 53-54.) A la guérison de l'aveugle-né, « il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, et frotta de cette boue les yeux de l'aveugle. » (S. Jean, 9, 6.) — Lorsqu'il communiqua l'Esprit-Saint, « il souftla sur ses disciples. » {S. Jean 20, 22.) etc. Les apôtres à leur tour réglèrent différentes choses ayant trait au culte divin, et ils le faisaient tantôt par écrit, tantôt de vive voix. C'est ainsi que S. Paul disait : « Je réglerai le reste quand je viendrai. » (4 Eptt. aux Cor. 11, 54.)

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{Gr. Cat. 8^-13« q.)

Différentes cérémonies en usage dans l'Eglise. — Explication. Afin de faire mieux comprendre la signification symbolique renfermée dans les cérémonies, nous donnons ici quelques courtes indications touchant les principales d'entre elles.

1) L'encens est un signe de vénération; c'est pourquoi les idolâtres brûlaient de l'encens en l'honneur de leurs dieux. Dans l'ancienne loi, il était également prescrit de la part du Seigneur d'employer des parfums dans le culte. Ainsi dans le temple de Jérusalem se trouvait Vautel des parfums. Les offrandes d'encens furent toujours regardées en (Jrient comme des marques de vénération et de respect, c'est pourquoi les trois rois offrirent de l'encens en signe de respect et d'adoration, — C'est en même temps le symbole de la prière qui doit monter au ciel devant Dieu comme un encens d'agréable odeur; de là ces paroles de David : « Que ma prière s'élève comme l'encens en votre présence. »(P5. 440, 2.)

2) Les cierges allumés signifient la foi qui éclaire, l'espérance qui tend à monter, et la charité qui embrase, en même temps qu'ils nous rappellent ces temps du christianisme ou le service divin se célébrait dans les catacombes.

3) Les cierges bénits à la fête de la purification de Marie, nous rappellent ces paroles de Siméon, que Jésus « est la lumière qui éclairera toutes les nations. » (S. Luc. 2, 32.), et que nous devons marcher « comme des enfants de lumière. » [Ejnt. aux Eph. 5, 8.).

4) Le cierge pascal nous rappelle Jésus-Christ ressuscité, qui nous délivra de l'esclavage du démon, comme autrefois la colonne de feu qui fit sortir les enfants d'Israël de l'esclavage des Egyptiens. {Exode. 14, 20.) — Les grains d'encens fixés dans le cierge pascal font allusion

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aux aromates précieux donc Marie Madeleine, Marie Mère de Jacques, et Salomé voulurent se servir pour embaumer le corps du Sauveur crucifié. (S. Marc. 16, 1.). Ces grains d'encens sont au nombre de cinq et symbolisent les cinq plaies dont le Sauveur ressuscité a conservé les marques afin de convaincre ses disciples et le monde entier de la vérité de sa résurrection.

5) Les cendres bénites au premier mercredi du carême nous rappellent que nous devons nous humilier et faire une sincère pénitence; voilà pourquoi le prêtre dit, en mettant des cendres sur le front : « Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » Les cendres, déjà sous Tancienne loi, étaient une marque de pénitence et de deuil. A la parole du prophète Jonas, « le roi de Ninive sortit de son trône, quitta ses vêtements, se revêtit d'un sac, et s'assit sur la cendre. » (3, 6.). « Judith se couvrit d'un cilice, répandit de la cendre sur sa tête, et se prosterna devant le Seigneur, » afin d'attirer sa bénédiction sur son entreprise. (9, i.) Lorsque Mardochée eut appris le danger qui menaçait la vie de tous les Juifs en Perse, » il déchira ses vêtements, se revêtit d'un sac et répandit des

cendres sur sa tête Et une grande multitude était

revêtue de sacs et couchée sur la cendre. »{Esther 4f, 1, 3.)

6) Les yahnes au dimanche des rameaux nous rappellent l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et sa victoire sur l'enfer, en même temps les palmes glorieuses de l'éternelle vie, que nous devons conquérir.

[Gr. Cal. \¥ q.)

Processions et rogations. — Explication. Les rogations et les processions ont été instituées par notre mère, la sainte Eglise. Elle les a établies i) pour louer Dieu publiquement, le remercier, implorer sa protection et ses

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grâces sur les villes et les campagnes et détourner ses fléaux; 2) pour célébrer la victoire et le triomphe du christianisme, voilà pourquoi on y porte la croix et des étendards; 3) pour nous rappeler que nous sommes des pèlerins sur la terre, et que nous devons toujours marcher dans la présence de Dieu.

Histoire des processions et des rogations.

Dans les premiers temps du christianisme, les fidèles ne pouvaient penser à instituer des processions publiques, puisqu'alors les persécutions étaient trop violentes, et ils devaient se compter heureux quand ils pouvaient célébrer les parties les plus nécessaires du culte dans des recoins obscurs et dans l'ombre de la nuit. Mais dès que ces sanglantes persécutions eurent disparu en partie, naquirent les processions.

— Ainsi Tertullien qui vivait environ deux cents ans après Jésus-Christ, parle de processions. Saint Chrysostôme, parle également de supplications que l'on faisait de son temps processionnellement pour demander à Dieu la cessation de la pluie. — Les trois jours des rogations avant l'ascension de Notre Seigneur sont également très-anciens. Lorsque saint Mamert, devint évêque de Vienne en France, les jours de rogations y étaient observés très-rarement et sans grande dévotion . Mais en 469 cette ville fut éprouvée par de terribles fléaux, des tremblements de terre, la disette, l'incendie et d'autres maux; l'évêque ordonna alors que les trois jours avant l'ascension de Jésus-Christ fussent des jours de prière et de pénitence, afin de détourner par des processions publiques, des supplications et des jeûnes la colère de Dieu et attirer sa miséricorde. Cet exemple fut imité par les autres évêques de France, et en 511, dans un concile tenu à Orléans, l'observation générale de ces trois jours fut prescrite pour toutes les années. Dans la suite cet usage passa à toute l'Eglise.

— La procession au jour de S. Marc a été introduite par le pape Grégoire-le-Grand en 590 lorsque la peste ravageait Rome et toute l'Italie. L'air était si empoisonné qu'on n'a-

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vait qu'à bâiller ou à éternuer pour tomber mort. De là aussi l'usage de dire à ceux qui éternuent : « Dieu vous bénisse » et de faire le signedela croix sur la bouche quand on bâille. Saint Grégoire afin de détourner ce fléau ordonna un grand jour de prières, comme nous le savons par un sermon qu'il fit à cette époque et que nous possédons encore. — Quant aux processions extraordinaires , elles furent en usage dès les temps les plus anciens; on les faisait dans les nécessités publiques, dans les dangers particuliers qui menaçaient la vie et la santé, pour la réussite des moissons et d'autres besoins.

(Il a été question plus haut de la procession de la Fête-Dieu, voyez p. 131 .)

Pèlerinages. — Explications. Par pèlerinage on entend les visites particulières faites à des lieux saints, en compagnie de plusieurs personnes ou isolément, en l'honneur de Dieu, de la très-sainte Vierge Marie ou de quelque saint sans que néanmoins il y ait des cérémonies solennelles qui accompagnent ces pratiques de piété. Ces pèlerinages sont louables et utiles, ils sont autorisés par l'exemple des saints et les indulgences que l'Eglise y a attachées, pourvu qu'ils se fassent de la manière dont l'Eglise le désire. Or, selon le vœu de l'Eglise on doit observer les points suivants quand il s'agit d'un pèlerinage : 1) On ne doit pas entreprendre ce voyage par curiosité ou pour un autre motif frivole; 2) on doit se choisir une compagnie pieuse où il n'y ait pas de danger; 3) passer le temps à prier, à chanter des cantiques pieux, à tenir des conversations édifiantes durant tout le chemin ; 4) se montrer modeste dans les auberges et bien se garder de tout excès dans le boire et le manger; 5) arrivé au lieu du pèlerinage on s'y occupera dévotement, et, s'il y possibilité, on s'y purifiera par le sacrement de pénitence et l'on s'y approchera de la Table-sainte; 6) on ne doit pas entreprendre des pèleri-

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nages à une époque où les devoirs d'état et les occupations du ménage requièrent la présence de quelqu'un à la maison. Si ces conditions et telles autres encore manquent, les pèlerinages sont, en ce cas, plus nuisibles qu'utiles, surtout, quand après les avoir accomplis, on continue de mener la même vie coupable qu'auparavant, et c'est ce que S. Jérôme confirme par ces mots : « On n'est pas précisément digne d'éloges, parce qu'on a été à Jérusalem ; mais on l'est seulement quand on y a vécu vertueusement. »

Les pèlerinages sont très-anciens et autorisés par l'exemple des saints.

Dieu lui-même ordonna aux Juifs de se montrer trois fois pendant l'année au lieu qu'il s'était choisi pour être un jour sa demeure (à Jérusalem). Les trois lêtes de pèlerinage étaient Pâques, la Pentecôte et la fête des Tabernacles. {Deuter. 16, 16.) Ils devaient en même temps y apporter des offrandes. Jésus lui-même, n'étant encore âgé que de douze ans, se rendit aux fêtes juives à Jérusalem, distante de Nazareth de 36 lieues. Les premiers chrétiens se rendirent en pèlerinage aux lieux que Jésus-Christ avait sanctifiés par sa présence, comme nous le rapporte S. Jérôme qui vécut luimême à Bethléem. {Ep. ad Marcellam VI.) « Impossible d'énumérer tous les évêques, les martyrs et les autres personnages aussi distingués par leur science que par leur vertu, qui depuis l'ascension de Jésus-Christ jusqu'à l'époque où il vivait (S. Jérôme) vinrent à Jérusalem; ils auraient cru que quelque chose eût manqué à leur religion ou à leur science, s'ils n'avaient pas adoré Jésus aux lieux mêmes où parut d'abord l'Evangile de la croix. De même une foule de pieux chrétiens se rendirent en pèlerinage à Kome au tombeau des princes des apôtres ; ainsi S. Chrysostôme parle déjà de cette coutume, puisqu'il dit qu'il eût désiré lui-même baiser la poussière qui couvrait ces augustes corps. De même, on visita les tombeaux des martyrs et d'autres saints lieux tels que le

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mont Sinaï ; des milliers de pèlerins s'y rendaient de près et de loin.

I Utilité des pèlerinages.

Lorsque les pèlerinages se font d'une manière convenable, ils sont salutaires et utiles. Sans doute Dieu est partout et nous entend partout; mais il peut trouver bon de nous exaucer à certains temps et en certains lieux plutôt qu'en tels autres. D'ailleurs, dans les lieux de pèlerinage, il y a une foule de circonstances qui tendent à exciter plus vivement notre dévotion, à nous remplir d'une grande ferveur, de sorte que nos prières y sont exaucées plus facilement. S. Augustin écrivait dans ce sens : « Nous vénérons les saints, quand nous visitons les églises qui leur ont été élevées en l'honneur de Dieu, afin que par la vue des lieux mêmes, les plus nobhs sentiments et la charité la plus ardente soient excités en nos cœurs, aussi bien envers ceux que nous devons imiter qu'envers ceux qui peuvent nous aider à le faire, et ensuite parce que nous savons que le Seigneur opère par ses saints en quelques endroits beaucoup de miracles qu'il ne veut pas opérer en d'autres; c'est ainsi qu'il a accordé à quelques saints, pendant qu'ils vivaient encore sur la terre, la grâce de faire des guérisons; car il distribue ses dons comme il le veut. » — De nombreux exemples confirment cette vérité. Le pieux Elcana alla avec Anne, son épouse stérile, en pèlerinage à Silo; et Anne par la prière pleine de confiance, qu'elle y adressa à Dieu, obtint la fécondité. (1 Lio. des Rois, 1, 5.) — L'eunuque de Candace, reine d'Ethiopie, fit un pèlerinage à Jérusalem pour y adorer Dieu. En revenant, il fut baptisé par Philippe et devint chrétien. [Actes des Apôt. 8, 27.) — L'histoire de l'Eglise nous raconte que S. Lucie, vierge et martyre, fit en compagnie de sa mère Eutychie, qui souffrait d'un flux de sang, un pèlerinage au tombeau de S. Agathe, et la malade y recouvra la santé.

{Gr. Cat. IS-^ q.)

Confréries. — Explication. Par confréries on entend

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