F. - LE RÉVEIL
Chateaubriand sonna le réveil de Tidée'chrétienne. Mais il fallait d'abord sortir des préjugés accumulés par la Renaissance contre les siècles chrétiens. L'évolution artistique et littéraire du commencement de ce siècle y aida. Victor Hugo, Vitet, Violletr le-Duc, Paul Delacroix fatigués de la monotonie classique se retournèrent vers le moyen âge et en comprirent la grandeur et la beauté .
Ce n'était là sans doute qu'un prélude, mais il réveilla les esprits et on s'aperçut que le xn® et le XIII'' siècle n'étaient pas les siècles des Goths et des barbares.
C'était un acheminement pour étudier les institu-
lions, les mœurs et toute la vie sociale de cette époque si décriée.
Une fois entré dans cette voie, on ne s'arrêta pas et l'étude documentée de l'histoire aidera puissamment à l'évolution provoquée par le génie de Léon XIII.
Mais au point de vue politique, la Restauration était impuissante ; ses chefs étaient tout imbus de l'esprit de la renaissance et de la philosophie voltairienne. Elle ne sut pas reprendre les grandes traditions du moyen âge. Le peuple aspirait cependant à sa liberté et le laissait entendre. L'Église avait soif d'aller au peuple. Elle le montrait assez par son élite, par les Lacordaire, les Montalembert, les Ozanara, les Lamennais avant sa chute.
Mais le groupe des politiciens entravait l'action de ces grandes forces. Cependant l'Eglise seule peut rendre au peuple ses libertés qui sont filles de l'Évangile, et tant que l'Église et le peuple ne se rencontreront pas, la France souffrira étrangement.
Les confessions de ce siècle.
Les hommes les pUiséchiirés do la société contemporaine en arrivent à reconnaître plus ou moins
explicitement que le salut social ne peut venir que par ri\glise. Le xix° siècle finissant fait sa confession.
Rousseau vieilliavaitditaussi : « J'ai cru longtemps qu'on pouvait être vertueux sans religion, j'en suis bien désabusé. > De braves gens l'accablaient d'amers reproches parce qu'ils avaient pris à la lettre le plan d'éducation sans Dieu, tracé dans son Emile, et ils avaient élevé des enfants devenus intolérables par leurs passions impérieuses et indomptables. Une pauvre mère en était morte de douleur.
Notre société actuelle s'est laissé leurrer de la même façon.
Les aveux se multiplient. Le siècle vieilli revient de ses longs égarements. Il regrette la foi de ses premières années. Il établit son bilan, il suppute ses profits et il constate... une banqueroute générale. Il voit que son apostasie a produit une société sans boussole, sans frein et sans mœurs. Il veut remonter le courant et se tourne vers l'Eglise.
Ecoutez les aveux de ses intelligences d'élite.
Littré et Simon sont revenus à l'Eglise. Taine et les néo-chrétiens sont revenus de bien loin au christianisme sans cependant aller jusqu'au bout.
Le Play est monté peu à peu au catholicisme complet.
Lavisse a reconnu que « l'école sans Dieu prépare des épaves pour la dérive » .
On sait les aveux de Brunetière : « La science, dit-il, nous avait promis qu'elle expliquerait la vie et réglerait la morale. Elle n'a pu ni créer la vie, ni l'expliquer, ni la définir. Impuissante à nous révéler le mystère de notre origine, comment prétendraitelle nous servir de guide entre notre commencement qu'elle ignore et notre fin qu'elle ignore de même ? »
« On espérait, dit un journal ordinairement frivole et irréligieux, l'Echo de Paris, refaire l'âme de la nation par V enseignement laïque. 11 a été interdit de, parler aux enfants de Dieu, ce qui ne s'étail vu à aucune époque, chez aucun peuple. C'était supprimer d'un seul trait de plume le caractère absolu de la morale. Les écoliers, depuis 1882, ont appris à ne croire à rien, sinon à eux-mêmes et à la satisfaction de leurs appétits. \J exemple fut à la hauteur de l'enseignement. Ils ont vu leurs aînés dans la vie politique attachés uniquement au culte du veau d'or, à leurs intérêts personnels et à la religion du plaisir. On a fabriqué de la sorte une génération de décadence. Maintenant la peur s'empare des rares personnes qui s'avisent encore de rélléchir. On commence à reconnaître que tout craque, et si les enfants couli-
nuent à être façonnés de cette manière, nous sommes voués à la plus effroyable dégringolade. »
Il faut entendre encore un littérateur très goûté, M. Bourget. Dans ses belles études sur l'Amérique, il montre comment nous marchons depuis un siècle à l'inverse de la puissante et féconde démocratie américaine. Elle favorise toutes les forces vives du pays, la religion^ la vie provinciale, les associations. Nous avons tari toutes les sources de la vitalité française. « Il faut donc, dit M. Bourget, remonter tout un siècle (et plus encore). Il faut retrouver l'autonomie provinciale et communale, les universités locales et fécondes ; reconstituer la famille terrienne par la réforme de nos lois de succession et d'enregistrement, protéger le travail par le rétablissement des corporations, rendre à la vie religieuse sa vigueur et sa dignité par la liberté de l'Eglise. » C'est là l'orientation actuelle.
Un des écrivains les plus séduisants, M. Huysmans, a donné sous la forme d'un roman le récit d'une conversion, qu'on dit être la sienne. Il nous montre son héros fatigué d'une vie de plaisirs, ayant goûté à tout et s'étant égaré même jusqu'aux messes noires des chapelles sataniques, et allant enfin faire une retraite à la Trappe, pour n'en revenir que purifié par la pénitence et fortifié par la communion.
On sait aussi le réveil qui se manifeste dans TUniversité. C'est là le règne des humanistes, cependant le Christ et l'Eglise y gagnent peu à peu des amis.
A l'École normale, dans les familles, dans les lycées, il y a des hommes de- bonne volonté qui osent se dire catholiques et écrire en catholiques. C'est un signe des temps et une preuve que dans notre naufrage intellectuel nous avons touché le fond et nous commençons à remonter.
Cf. Kannengieser : Le réveil d'uti peuple ; Baunard : Le doute et ses victimes ; La foi et ses conquêtes.
L'intervention de Léon XIIL
La Papauté rayonne aujourd'hui d'un éclat qui dissipe les ténèbres.
Léon XIII a parlé paternellement à ce siècle désenchanté. 11 lui a rappelé que la force morale de la religion peut' seule atteindre et changer les âmes ; que la justice et la charité enseignées par l'h^glise peuvent seules relever les masses de l'oppression où elles sont tombées ; que l'esprit chrétien ramènerait les mêmes avantages qu'il avait protluils à d'autres époques : les libertés populaires, la prospérité du travail et la paix sociale.
CATLCniSME SOCIAL 297
Il a indique les solutions de la crise actuelle dans l'accoraplissement du devoir de chacun : devoir de l'Etat de favoriser les corporations, de protéger l'ouvrier et de réprimer l'agiotage ; devoir des chefs d'industrie, de respecter la santé de l'ouvrier, ses mœurs, son légitime repos ; devoir du propriétaire de faire au pauvre une part de son revenu, et le reste.
La parole du Pape a eu un retentissement profond. Toutes les nations sont remuées par ces directions lumineuses. Les orateurs et les écrivains font écho aux paroles du Pape, les hommes politiques et les hommes d'oeuvres mettent ses conseils en pratique. Quelques noms dominent dans l'agitation générale, les Manning, les Gibbons, les Ketteler, les Windthorst, les Decurtins, les deMun, les Flarmel.
Les catholiques ont retrouvé la notion de leur devoir social, que plusieurs siècles d'asservissement leur avaient fait oublier.
Chaque jour, des livres, des revues, des journaux propagent l'idée sociale chrétienne. Les œuvres surgissent. Les journaux impies disent leurs craintes ; ils ont raison, l'intervention du Pape prépare la ruine de leurs erreurs.
Cf. Léon Grégoire : Le Pape, les catholiques el la qicesHon sociale ;
Goyau : Le Vatican.
L'action du clergé.
Nous mourions de gallicanisme. Le prêtre ne savait plus ou n'osait plus remplir son devoir social. Ne faut-il pas que les pasteurs défendent tous les intérêts de leur peuple et qu'ils appliquent à tout le commerce de la vie les règles de la morale ?
Pie IX a condamné le naturalisme politique et social. Il a posé les principes, Léon XIII est descendu dans le détail et a rappelé aux prêtres qu'ils doivent aller au peuple et porter partout le sel de l'Evangile.
• Le prêtre étudie la question sociale, c'est le point de départ. Les séminaristes et les universités s'y mettent. Le curé doit savoir apprécier, selon les lois, la morale, les actes de la vie agricole, commerciale, industrielle, municipale.
Dans un pays démocratique, tous doivent savoir appliquer les règles de la morale à la politique générale, à la législation, parce qu'ils sont citoyens libres et électeurs. Et qui les guidera, si ce n'est le prêtre ?
La dévotion privée ne suffit plus.
A l'étude, il faut joindre les œuvres. C'est commencé. On voit surgir les œuvres de crédit, les associations diverses. Nous sommes loin encore, bien
loin même du but, mais quel proorès dans les idées depuis vingt ans, depuis dix ans surtout!
Ce n'est pas encore une restauration complète de la vie sociale chrétienne, mais c'est un réveil et la fin d'une longue léthargie.
Cf. Abbé Lemire : Le cardinal Manning et son action sociale ;
Kettelcr : Discours ;
Kannengieser : Catholiques allemands ;
Alle:^ au peuple, brochure (Calais, imp. des Orphelins) ; >
Lehmkuhl : Le prêtre et la questioti sociale ;
Soulange-Bodin : Lettres à un séminariste (Bloud et Barrai).
L'action des catholiques.
Il faut signaler encore, parmi les signes d'espérance, l'action nouvelle des catholiques, action qu'on appelle en certains pays même, comme en Italie, le réveil {il risveglio).
Les catholiques étaient déshabitués de l'action sociale par trois siècles de régalisme et de gallicanisme. Mais voici que partout, en Allemagne, en Belgique, en France, en Italie, en Autriche, en Hongrie, ils s'organisent. L'excès du mal les a fait
sortir d'une espèce de somnolence où ils vivaient.
L'esprit de Jeanne d'Arc revit en France, l'esprit de François d'Assise et d'Antoine de Padoue en Italie, l'esprit de Canisius en Allemagne. On se groupe en associations, on s'ass"emble en congrès, on s'unit en fédérations, on rentre dans la vie politique. Le pessimisme a fait son temps, le courage et l'espérance renaissent.
Il y a des groupes d'ouvriers, des groupes de jeunes gens, des groupes d'agriculteurs.
Il y a surtout une presse activ'e, agissante, remuante. Saluons en passant la Croix de Paris.
L'action catholique, c'est déjà la victoire en Belgique. C'est une^ force à Berlin. C'est l'espérance à Vienne, à Buda-Pesth, en Italie, en France.
Comme l'Italie était loin de sa vieille activité du temps des Guelfes! Et voici qu'en un an elle a fondé seize cents comités.
Tout cela est encore peu de chose, je l'avoue. C'est peu de chose comme les semailles du printemps, comme l'aurore du matin ; mais les senaailles annoncent la moisson et l'aurore annonce le grand jour.
CATECHISJIB SOCIAL 3OI
L'esprit d'association.
Nous vivions depuis un siècle dans cet émietreraent qu'on appelle l'individualisme : peu de vie communale et provinciale, plus de corporations, plus d'associations. L'Etat absorbait tout, nous avions une capitale et une organisation gouvernementale congestionnées : tous les membres du corps social étaient amaigris et anémiés. Mais l'esprit d'association renaît. C'est la nature qui reprend ses droits.
Quand une idée gagne les masses, il faut longtemps pour qu'elle agisse et réalise toutes ses conséquences, mais elle y arrive infailliblement. Or, l'idée d'association est rentrée dans les esprits. Son action est encore chaotique, mais patience !
C'est encore peu de chose que quelques centaines de syndicats agricoles, de caisses rurales, de comités divers. Au moins, c'est un courant et le reste viendra.
On m'objectera que l'ennemi du bien a aussi ses associations. Soit! Mais j'ai foi en l'esprit de charité de l'Evangile. Les associations antireligieuses n'ont pour les soutenir que l'intérêt ou la passion. Les associations religieuses ont pour elles la grâce du Christ. Elles prévaudront, si nous voulons, si nous
ne laissons plus proscrire notre liberté, et le besoin de liberté est trop entré dans les esprits pour qu'un pouvoir quelconque y puisse longtemps résister.
La réaction antisémite.
Eh oui ! c'est encore là un signe d'espérance. Il peut y avoir un peu d'exagération dans ce mouvement, il y en a toujours quand une force ou une liberté comprimées réagissent et se relèvent.
Il est certain que le juif et le chrétien ne sont pas à armes égales, puisque le talmud met au large la' conscience des juifs vis-à-vis des chrétiens. Il faut donc, pour rétablir l'équilibre, quelques restrictions aux libertés des juifs. Les Etats chrétiens l'ont toujours compris. La France a même encore quelques lois existantes pour les contenir, mais elle ne les applique plus.
Ce peuple a des instincts inéluctables. Il a la soif de l'or, il a le Christ pour ennemi. Laissé libre et doué d'un grand talent pour la spéculation, il a conquis notre or et il nous tient asser\ is. Il tient la presse et fait l'opinion. Il remplit nos grandes écoles publiques et vise à s'emparer de l'administration et de la magistrature. C'est une conquête entamée et
déjà bien avancée. Nos gouvernements sont esclaves de la Haute-Banque, Ils ne peuvent plus prendre une mesure qui déplaise aux milliardaires, sans que ceuxci élèvent la voix et menacent de provoquer une crise à la Bourse. Nous sommes esclaves, c'est entendu. Mais enfin nous l'avons compris, particulièrement en France et en Autriche, et l'on dit qu'un homme averti en vaut deux. L'alarme est donnée. La question est soulevée, l'attention est éveillée, il faudra bien qu'une solution vienne et ce sera encore un triomphe pour les vieux principes de l'Eglise.
La démocratie chrétienne.
L'Eglise et le peuple sont faits pour s'aimer.
Jésus est venu évangéliser les pauvres. Les pauvres ont les premiers accueilli l'Évangile. Saint Paul disait aux premiers chrétiens : « Vous n'êtes pas beaucoup de riches et de puissants. » Les païens reprochaient à l'Eglise de s'adresser de préférence au peuple. Elle accepte le reproche.
L'Eglise aime les petits, parce qu'elle est compatissante. Les petits aiment l'Eglise, parce qu'ils sont reconnaissants.
C'est la seule force qui puisse dire efûcacement au
304 CATÉCHISME SOCIAI.
césarisrae : tu respecteras la liberté ; au capitalisme : tu respecteras la justice; au riche : tu pratiqueras la charité.
Quand la royauté voulut revenir au césarisme et supprimer toutes les libertés populaires, elle sépara le peuple de l'Eglise. François P"" supprima les coniréries et la juridiction ecclésiastique. Louis XIV fit décider par un concile de courtisans que TÉglise n'avait rien à voir aux choses civiles.
Depuis lors la séparation s'est toujours accentuée. Deux facteurs puissants y contribuaient : César et Machiavel. César, c'est le pouvoir civil, qu'il s'appelle royauté, empire ou république. Dès lors qu'il n'est pas chrétien et qu'il s'inspire du droit antique, il veut dominer le peuple sans partage et il lui ravit la protection de l'Église et le secours des associations. Le pouvoir aime à se trouver seul en face d'un peuple sans cohésion et sans force.
Un second facteur de la désunion, c'est Machiavel, c'est la politique sectaire des Loges. Il n'y a pas là de principes, mais des intérêts et des passions. On veut régner pour y trouver son profit, on veut exclure l'Église par passion antireligieuse. César est gallican, les Loges sont anticléricales. César et les Loges mènent un jeu serré pour empêcher la réconciliation de l'Église et du peuple.
Le peuple manque à l'Eglise, parce que la charité et l'apostolat souffrent de ne pas se répandre.
L'Église manque au peuple, [)arce qu'elle le délivrerait de toute servitude politique et économique.
Cependant ils n'arrivent pas à se rencontrer. Une partie des ministres de l'Eglise s'est laissée endormir par le gallicanisme politique et n'a plus cherché suffisamment le peuple. Celui-ci s'est laissé tromper par les déclamations intéressées de César et de Machiavel. Ceux-ci pour empêcher le peuple de découvrir leur tyrannie lui criaient que la tyrannie venait de l'Eglise.
Cependant le représentant de Dieu sur la terre veille toujours. Pie IX a dit : « Il faut que l'Eglise et le peuple se rencontrent, ce sera l'aurore de beaux siècles, >
Léon XIII a donné les conditions de l'alliance de l'Église et du peuple dans l'Encyclique Rerum novarum et il a donné un nom à ce traité de paix, il l'a appelé la Démocratie chrétienne en disant à Mgr l'évéque de Liège : « Il y a un mouvement démocratique universel, il faut le rendre chrétien pour qu'il ne devienne pas socialiste. »
Il faut au peuple un mot qui résume clairement un programme. Le mot qui ramène le peuple à l'Église, c'est la démocratie chrétienne.
3o6 CATÉCHISME SOCIAL
Cf. Abbé Lemire : Le cardinal Mannùig ; Mgr Doutreloux : Lettre pastorale sur la question ouvrière (Dessain, à Liège).
Le règne du Sacré-Cœur.
Trois fois dans l'Encyclique Rerum novarum, Léon XIII indique ce grand et unique remède au malaise social, la charité surabondante du Cœur de Jésus.
« C'est vers les classes infortunées, nous dit-il, que le cœur de Dieu semble s'incliner davantage. ^ Jésus-Christ appelle les pauvres des bienheureux ; il invite avec amour à venir à lui, afin qu'il les console, tous ceux qui souffrent et qui pleurent ; il embrasse avec une charité plus tendre les petits et les opprimés. »
Et le Saint-Père ajoute : « Cette doctrine apaisera l'orgueil des grands et relèvera le courage des petits ; la paix se fera dans l'amour fraternel. »
Cette doctrine, qui prépare la paix, n'est-elle pas en voie de se répandre par la dévotion au Sacré- Cœur de Jésus, par cette dévotion chaque jour grandissante, qui nous montre le Cœur de Jésus débordant d'amour et nous invitant à une charité sans
bornes pour nos frères et particulièrement pour ceux qui souffrent ?
^^.d6 loin, en nous parlant de l'admirable charité qui a toujours suscité dans l'Eglise des œuvres et des efforts correspondant à toutes les misères et à toutes les souffrances, le Saint-Père ajoute : « L'Eglise seule possède cette vertu, parce qu'on ne la puise ique dans le Cœur sacré de Jésus-Christ. >
Enfin, en terminant sa mémorable Encyclique, Léon XIII se résume en ces lignes : « C'est d'une abondante effusion de charité qu'il faut principalement attendre le salut, de cette charité chrétienne, qui résume tout l'Evangile et qui, toujours prête à se dévouer au soulagement du prochain, est un antidote assuré contre l'arrogance du siècle et l'amour immodéré de soi-même... »
Mais cette nouvelle et abondante effusion de charité, à qui la demander? de qui l'attendre, si ce n'est du divin Cœur de Jésus ? Cette dévotion n'est-elle pas par excellence une source de charité }
L'image même du Sacré-Cœur, la croix qu'elle nous rappelle, l'Eucharistie à laquelle elle nous conduit, ne sont-ce pas les meilleures sources d'amour, les amorces du feu sacré ?
Cette image bénie, qui envahit tout, nos sanctuaires, nos autels, nos foyers, et bientôt nos éten-
dards, ne finira-t-clle pas par allumer la charité et cimenter l'union ? Ah ! nous l'espérons et nous voyons les mêmes présages dans les paroles du bon Maître qui a dit à Marguerite-Marie : « Cette dévotion apportera comme une nouvelle rédemption. » Dans celles de Pie IX qui a dit : « Quand l'Église et le peuple se rencontreront, ce sera l'aurore de beaux siècles, » Enfin dans ce pronostic de Léon XIII : « C'est d'une abondante effusion de charité qu'il faut principalement attendre le salut, et cette charité ne peut être puisée qu'au Cœur de Jésus- Christ. B
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