‹ Catéchisme socialChapitre 99 sur 100 · E. - LE DÉCLIN · texte numérisé non relu

E. - LE DÉCLIN

Mais l'Église allait rencontrer des obstacles assez puissants pour lui faire subir un déclin momentané.

La science acquise aux leçons de l'Eglise s'enorgueillit et réclama son indépendance.

La civilisation païenne flattait les puissants et enlevait aux moeurs le frein que l'Evangile leur impose. Elle allait rentrer dans notre vie sociale, sous le couvert de sa législation et de sa littérature. Elle devait nous ramener le césarisme et nous donner le protestantisme, la Révolution et le règne actuel de l'égoïsme, des sectes et de l'argent.

Nous avons reconnu jusqu'ici que plus on est uni au Christ et à l'Eglise plus on se rapproche de la civilisation la plus parfaite, nous allons faire l'épreuve contraire.

Les légistes et le droit romain.

La société marche à son déclin dés qu'elle s'éloigne de l'Église.

Le règne de Philippe le Bel marque le début de ce mouvement. Ce prince imita ce qu'avait fait Frédéric Barberousse en Allemagne, en favorisant le droit romain. Le code civil romain a une maxime qui sourit à toutes les tyrannies : « Ce qui plaît au prince a force de loi. > C'est l'opposé du principe chrétien : a La loi se fait par le consentement du prince et du peuple. »

« Les légistes, dit Michelet, furent, sous les petitsfils de saint Louis, les tyrans de la France. » [Histoire de France, t. II, p. 266. — liem, Guizot et Augustin Thierry.)

L'influence des légistes ramena le pouvoir absolu; elle diminua peu à peu les libertés publiques; elk' entrava les associations, elle fit revivre les pénanalités romaines.

L'engouement pour le droit romain commença à

l'Université de Bologne. Caprice de savant au début, cette tendance devint bientôt un courant politique. Elle gagna, grâce à la faveur des princes, les universités allemandes et les parlements français. C'était une réaction contre l'esprit chrétien et la préparation de la renaissance païenne.

Les Souverains Pontifes résistèrent à ce mouvement. Ils blâmèrent ce retour au droit païen, ils le condamnèrent, mais ce fut en vain, les universités et les parlements se laissèrent gagner et les rois favorisèrent ce qui exaltait leur pouvoir,

L'absolutisme du pouvoir.

Docile aux enseignements de l'Eglise, saint Louis ne se croyait roi que pour procurer à ses sujets la plus grande somme de biens possible.

A partir de Philippe le Bel, cette conception désintéressée du pouvoir s'efface de plus en plus.

Philippe le Bel est le premier qui ait osé employer, dans les actes publics, cette formule autoritaire : « Par la plénitude de notre puissance royale. «

Sous François P'" et Henri II, la royauté devient ouvertement absolue. Ils inaugurent cette formule : ï Car tel est notre plaisir. »

Comme les délégués du Parlement de Paris ve-

naicnt à Amboise présenter des observations à François !"■ sur le concordat de 1516, il répondit : « Je suis le roi, je veux être obéi; portez mes ordres demain à mon Parlement de Paris. »

Dans une circonstance analogue, Louis XI avait cédé.

Henri IV fit exception. Il respectait les libertés populaires. Il eût voulu reprendre le projet de Grégoire VII de faire de l'Europe une république chrétienne sous l'autorité morale du Pape.

Louis XIV, tout en accordant à l'Église des égards et des honneurs, ne veut plus de ses conseils. — Il est le maître. — On lit dans ses mémoires : « Les rois sont seigneurs absolus et ont naturellement la pleine disposition de tous les biens de leurs États, qu'ils soient possédés par les gens d'église ou par les séculiers. Ils peuvent en user en tout temps comme de sages économes. s> Il fait écrire dans un cours de droit public à l'usage du dauphin : « La nation ne fait pas corps en France, elle réside tout entière dans la personne du roi. > 11 peut dire alors : « L'État, c'est moi j> ; et écrire à son petit-fils : « Tous les biens de nos sujets sont à nous, i

Villeroy osera dire à Louis XV eu lui montrant le peuple : « Sire, tout cela est à vous, vous eu êtes le maitie. »

Michclet émettait une doctrine tout aussi contraire au droit chrétien quand il disait : « L'homme appartient corps et âme à l'Etat. > Et Hegel : t II n'y a pas d'autre Dieu que l'Etat ; l'Etat, c'est Dieu présent. Der prœsente Gott. — Dans l'Etat, ajoutait-il, il n'existe aucune liberté individuelle. Les individus n'ont aucun droit. > C'est toujours la doctrine païenne.

Cf. G. Romain : Cléricaux et anticléricaux (8, rue François I*"").

Diminution d3S libertés populaires.

La doctrine des légistes, en affranchissant les princes de la tutelle de l'Eglise, porta atteinte aux libertés populaires que l'Eglise avait toujours favorisées.

Ce mouvement malheureux commença avec Philippe le Bel. Son règne fut témoin des premières violations des privilèges communaux. Sous les rois suivants, ces privilèges se restreignent de plus en plus. L'organisation du Tiers-Etat et les réunions des Etats Généraux donnent à la bourgeoisie quelque action dans le gouvernement de l'État, mais ne lui rendent pas ses libertés communales. Celles-ci disparaissent en grande partie sous François F''' et Charles IX.

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La centralisation opérée par Louis XIII et Richelieu acheva de les détruire.

Sous Charles IX, la connaissance des affaires civiles avait été enlevée aux justices municipales.

Sous Louis XIV, l'autorité royale, par l'intermédiaire des intendants, apporta aux communes à la fois les bienfaits et les vices de la centralisation. Louis XIV déclara les communes mineures et en prit la tutelle. (Déclaration du 7 juin 1659.) Skiais aussi il leur imposa des corvées et des impôts.

Nous sommes encore sous ce régime-là et il s'est aggravé. Les communes sont à la discrétion des préfets et de l'Etat et ne peuvent pas seulement choisir les éducateurs de leurs enfants.

Décadence des corporations.

A partir de Philippe le Bel, le pouvoir central intervient dans le gouvernement des corporations, dans un but fiscal. L'action royale est encouragée par la funeste influence des légistes qui sont imbus des idées du césarisme païen.

Les malheurs de la guerre de Cent ans et la peste noire désorganisent les corporations. Elles se relèvent ensuite, mais avec des entraves légales toujours

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plus étroites. Diverses ordonnances ( 1 3S3 , 1 58 1 , 1 597 , 1673) marquent des étapes fâcheuses pour la vie corporative.

En 1383, le conseil de régence de Charles VI supprimait les corporations de Paris à la suite de la révolte d'Etienne Marcel et des Maillotins.

Henri III, en 1581, imposait à la maîtrise, en tous arts et métiers, la nécessité de l'investiture royale.

François P"" s'arrogeait, dans un but fiscal, le droit de créer des maîtres de chaque métier.

Uue mesure particulièrement désastreuse fut l'abolition des confréries, par François P^

Dès lors, les corporations, soustraites à l'influence de l'Eglise, se laissèrent gagner par l'irréligion. Le mauvais esprit des compagnons répondit à Tégoïsme des maîtres. Tout concourut à ruiner les corporations. L'esprit sceptique et subversif du xviii^ siècle mit le comble au désordre. Il restait cependant encore une telle vitalité aux corporations que Turgot dut revenir sur le décret qui les supprimait. Mais leurs ressources tentèrent la Révolution besogneuse et la loi du 17 mars 1791 les supprima définitivement.

Désormais l'ouvrier et le maître se trouvent séparés. L'ouvrier, qui rencontrait dans l'association une sauvegarde contre la misère et une défense contre les entreprises de la spéculation, demeure sans appui et

se voit réduit à accepter les conditions que veut bien lui imposer le patron, sous peine de mourir de faim.

C'est le triomphe de l'individualisme ou plutôt de l'égoïsme païen.

Marat lui-même, dans son Ami du peuple, proteste contre cette loi de 1791, qui privait les maîtres des droits achetés au fisc et les ouvriers des avantages attachés à la famille professionnelle, à ses fondations, etc.

a Je ne voudrais pas, disait Voltaire, avoir affaire à un prince athée qui trouverait son intérêt à me faire piler dans un mortier, je suis bien sûr que je serais pilé. » (Dict. philos. ■, art. Athéisme.)

Le retour au droit païen.

Dès le xui° siècle, sous l'influence des légistes, commençaient à reparaître les pénalités de l'ancienne Rome, contre lesquelles l'Église avait lutté i)endant plusieurs siècles.

« La question ou torture, dit Dalloz, reparut au xiii*^ siècle, sous l'influence des légistes. »

a Ce sont les légistes, dit Laferrière,qui ont généralisé la question daus la jurisprudence des parlements. »

Dès lors l'esprit de douceur et de modération introduit par l'Eglise dans le droit pénal disparut.

Au XIV® siècle, d'ailleurs, les légistes firent exclure les clercs des tribunaux. Le clergé protesta en vain dans divers conciles, à Bourges en 127S, à Rouen en 1269, à Paris en 1429, etc. Malgré ces réclamations et la bulle de Sixte IV, la juridiction ecclésiastique disparut, sauf pour les questions de discipline et de régime intérieur de l'Eglise.

Non seulement les tribunaux sécularisés rétablirent la torture, mais ils inventèrent de nouvelles pénalités : la roue, le bûcher, l'enfouissement du condamné vivant, etc.

Au xv^ siècle, c'est la marque, le carcan et le pilori.

Au XVI*, c'est l'arrachement delà langue, l'abscission des lèvres, l'essorillement ou arrachement des oreilles, l'amputation ou le brûlement du poignet, la marque au fer chaud.

Ni Voltaire, ni Diderot ne songèrent à s'élever contre ces coutumes cruelles. Que leur importait le sort des malheureux, quand leur popularité n'était pas engagée?

L'Église continuait à protester.

Dès le xvii° siècle, en Allemagne, les écrits d'un jésuite, le P. Spée, provoquèrent une réaction.

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L'évêque électeur de Trêves abolit le premier la torture. La plupart des princes d'Allemagne l'imitèrent, tandis qu'elle existait encore eu France cent cinquante ans plus tard sans que les philosophes s'en fussent émus. C'est Louis XVI qui abolit la question préalable en 17S0 et la question- extraordinaire en 1788. (Celle-ci était imposée après la condamnation pour faire dévoiler les complices.)

Cf. G. Romain : L'Église est-elle contraire à la liberté?

Le protestantisme.

Le protestantisme a une origine beaucoup plus politique que religieuse. Dans son développement rapide, il est l'œuvre des princes. Il a été une réaction contre les lois de Tl^giise qui mettaient un frein à la tyrannie séculière et à toutes les manœuvres de l'usure.

Les princes savaient bien que les populations ne renonceraient pas à l'Evangile, ilslesséparèrent seulement de ri^glise romaine. Une des premières réformes de la législation dans les Etats protestants fut la suppression des lois sur l'usure. Cela permit à l'aristocratie financière de se former en Angleterre, et au

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judaïsme de s'organiser dans les villes libres d'Allemagne.

Pourquoi dans les villes mixtes les protestants ont-ils généralement la plus grande fortune ? Parce qu'ils se sont soustraits aux lois sur l'usure.

Le prêt à intérêt fait aux marchands entra dans les moeurs en Allemagne beaucoup plus tôt que chez nous.

L'indépendance des princes protestants vis-à-vis de l'Eglise, imitée dans une certaine mesure par nos régaliens et gallicans, a soustrait les populations à la protection de l'Église. De là sont venus peu à peu la ruine des libertés populaires et l'abaissement des corporations qui avaient élevé si haut les arts et la prospérité au moyen âge.

Que Ton compare l'œuvre des xvn" et xvin'' siècles avec celle des grands siècles chrétiens! Le XVII® siècle et le xviii® ont produit Versailles et ses imitations par quelques seigneurs et financiers dans les provinces, tandis que les siècles chrétiens avaient couvert la France de monuments artistiques, tant civils que religieux.

La renaissance et l'humanisme.

L'art et les lettres au xiii® siècle avaient atteint l'apogée de l'élévation et de la noblesse de sentiment. Le Dante, la chanson de Roland et la cathédrale de Reims défient toute rivalité sous ce rapport.

Il restait quelque perfection de forme à réaliser. On pouvait s'aider pour cela d'un emprunt discret et prudent aux formes admirables que les païens avaient apprises de la nature elle-même.

Cela allait se faire de soi-même. En Italie, on peut dire que la renaissance était faite dès le xi* siècle. L'église de San Miniato à Florence est de cette époque et on la croirait du xv® siècle.

Le Dante joignait aussi la perfection de la forme à l'élévation de la pensée et du sentiment. Fra Angelico en Italie et les sculpteurs de Reims en France, se rapprochaient de la perfection des lignes et de la vérité du dessin.

Mais les guerres interminables du xiv" siècle, la peste noire et le schisme d'Occident amenèrent un découragement immense. La renaissance se fit trop tard, elle se fit au profit de l'esprit et des mœurs païennes.

Le scepticisme païen et les mœurs dissolues avaient

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été importés par l'émigratiou byzantine à la cour des Médicis. La contagion gagna la cour de François l".

Le progrès acquis sous l'ère chrétienne avait été dû à la victoire du christianisme sur le paganisme, il est facile de comprendre que le retour de celui-ci ait abouti à un recul.

Le réveil des idées païennes a amené l'établissement graduel du pouvoir absolu, la suppression des libertés du moyen âge, le réveil des superstitions antiques et leur répression cruelle par le bûcher et enfin l'immoralité du monde païen.

La décadence des mœurs allait jusqu'à la licence et au scandale dans les cours italiennes et à celles de François I", François II, Henri III, Catherine de Médicis. Quel contraste avec les règnes respectés de Louis VI à Louis XII ! Après les pures et nobles figures des Elisabeth de Hongrie, des Isabelle d'Espagne, des Blanche de Castille, la renaissance nous ramenait les mœurs de Byzancc et de Rome dans des cours qui n'étaient plus chrétiennes que de nom.

Le protestantisme n'avait pas prétendu déchristianiser l'Europe, mais seulement la décalholiciser.

\J humanisme a fait plus, il a éloigné le Christ et la révélation pour ramener le naturalisme païen.

La superstition gagna à la renaissance ce que la

foi perdait. « La sorcellerie, dit Michelet, fut la reprise de l'orgie païenne, la réaction des passions humaines contre l'ascétisme du moyen âge. »

Les XVII* et xviii'^ siècles n'avaient plus même l'intelligence du moyen âge et de ses grandeurs. Ils attribuaient stupidement nos cathédrales aux Goths et croyaient que l'esprit français n'était sorti de la barbarie qu'avec Ronsard et Malherbe.

Nous sommes encore plus malades que nous ne pensons de la renaissance et de l'humanisme. Cependant la réhabilitation du moyeu âge a fait de grands progrès, il faut le reconnaître à l'honneur de ce siècle.

La renaissance n'a pas été le facteur réel d'un progrès intellectuel, moral et politique. Elle n'a pas de grandes figures, de grands caractères à comparer à ceux des âges chrétiens, à Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche, à saint Louis, à Duguesclin, à Jeanne d'Arc, la libératrice de la France, à Gutenberg et à Christophe Colomb, à qui l'on doit la découverte de l'imprimerie et celle du Nouveau Monde.

Ses principaux artistes cux-mOmes, Raphaël et Michel- Ange, appartiennent au moyen âge par leurs maîtres Pérugin et Bramante.

Ses écrivains, Marot, Malherbe, Montaigne, pâ-

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lissent devant saint Bernard et Thomas d'Aquin, voire même devant Joinville, Froissart, Villehardouin, Alain Charticr et les épopées du moyen âge. Brantôme, Rabelais et Boccace ne sont pas accessibles aux lecteurs honnêtes. Machiavel a préconisé la fourberie, la trahison et la cruauté en politique.

Le xvif siècle a, il est vrai, des gloires littéraires incomparables, mais il empruntait ses idées chrétiennes au moyen âge et la forme seulement aux anciens. Il a été un grand siècle, mais il a perdu le sens national pour se faire le copiste de la Grèce et de Rome.

La renaissance a donc amoindri le caractère national, elle a détruit les libertés populaires, elle a développé l'amour du lucre et du plaisir, substitué le machiavélisme aux sentiments d'honneur et à l'esprit chevaleresque du moyen âge. Elle a préparé la Révolution et le déclin actuel.

La Révolution.

Il y avait une évolution à faire à la fin du xviii'' siècle.

Il restait encore dans les classes profondes de la société assez d'esprit chrétien pour réclanier une

évolution sage et rédemptrice. Cela se manifesta dans les cahiers des États provinciaux en 1789, On demandait généralement la restauration des libertés populaires, la réforme de la justice, l'économie dans les finances, une meilleure répartition des impôts, la réorganisation des ordres religieux. Tout cela était à faire. Mais à côté de ce courant, il y avait celui qu'avaient soulevé le machiavélisme et l'humanisme.

Il y avait les idéalistes de la Renaissance et les sectaires des loges qui se servaient d'eux. Au lieu de refaire la France chrétienne, on nous donna une petite réédition de l'histoire romaine. 11 fallut repasser par les Grecs, puis par César.

Pendant la période révolutionnaire, c'est la lie du peuple, soudoyée par la faction des machiavélistes, qui gouvernait la France par la pression qu'elle exerçait sur les assemblées politiques.

« La Convention, dit Taine, fut à la merci de la fange et de l'écume ordinaire des grandes villes, qui a obtenu la reddiiion de la Bastille et fait le 10 août (et le 2 septembre). Toute la canaille, tous K-s voleurs que Paris recèle et que la faction a enrôlés fournit l'arrière-garde. Naturellement les femmes perdues en sont, avec elles les voleuses et les prostituées que les septembriseurs ont élargies puis enrôlées. C'est là le public ordinaire de la Convention.

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Cette vermine antisociale grouille aux séances de l'Assemblùe, de la Commune, des Jacobins et du Tribunal révolutionnaire. Tel est le peuple politique qui, à partir de 1792, règne sur Paris et la France : cinq mille brutes ou vauriens et deux mille drôlesses. »

Cf. Taine : L'ancien régime et la Révolution.

La crise actuelle.

L'humanisme du xvi*^ siècle, ayant éloigné le Christ de la vie sociale, nous sommes arrivés rapidement au déisme du xviii® siècle. Nous ne devions pas nous arrêter là sur la pente, nous sommes maintenant au scepticisme, au matérialisme, au laïcisme.

Le laïcisme n'est pas seulement une tactique, c'est une doctrine. Il met l'homme à la place de Dieu, La peur du règne de Dieu lui fait perdre toute raison. Le nom même de Dieu l'offusque, il voudrait ne plus le rencontrer.

Le capitalisme est une floraison toute naturelle du matérialisme. Dès lors qu'il n'y a rien au-dessus de la matière, celui qui possède la richesse s'applique à en jouir et celui qui n'en a pas la convoite.

288 CATÉCHISME SOCIAI.

La franc-maçonnerie est sœur dulaïcisme. Comme lui elle a liorreur de Dieu et du surnaturel.

Le capitalisme a excité l'envie du pauvre. De là sont nés le socialisme et l'anarchie qui nous menacent.

Le mal social est à son comble. L'unique remède est dans les principes de l'Évangile qui avaient transformé le monde romain et le monde barbare et produit les beaux siècles chrétiens.

Cf. Dom Benoît : Les erreurs modernes ;

Abbé Méric : Les erreurs sociales au temps présent ;

Wintherer : Le socialisme contemporain ;

Michel le Rocharct : I^es Francs-maçons (8, rue François L');

Druraont : La France juive;

Deschamps : Les sociétés secrètes.

L'agiotage.

L'égoïsme des âges païens règne de nouveau en maître. Toutes les règles salutaires de la législation chrétienne contre les abus de l'argent ont été abandonnées. Ou leur a opposé des principes nouveaux :

la lutte pour l'existence, la liberté illimitée du commerce, etc.

Le système économique où domine le prêt à intérêt permet d'éluder le précepte divin du travail.

La puissance attribuée à l'argent par la loi et la coutume lui a permis de faire régner une sorte d'usure bien plus écrasante pour le peuple que celle des siècles antérieurs.

« Une usure dévorante, dit Léon XIII, est venue ajouter encore au mal social.

« Condamnée à maintes reprises par le jugement de l'Eglise, l'usure n'a cessé d'être pratiquée sous une autre forme par des hommes avides de gain et d'une insatiable cupidité. »

Comment s'exerce cette usure? « Une faction, dit Léon XIII, maîtresse absolue de l'industrie et du commerce, détourne le cours des richesses et en fait affluer vers elle toutes les sources. ■»

« A tout cela, il faut ajouter le monopole du travail et des choses du commerce devenus le partage d'un petit nombre de riches et d'opulents, qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires...

« Depuis un demi-siècle, écrit M. Claudio Jannet dans son livre sur le Capital au xix^ siècle, d se com-

met aux dépens du public des exactions beaucoup plus considérables que celles qui, dans le moyen âge primitif, avaient fait qualifier certains barons cVécorcheurs du peuple... Les spéculations gigantesques sur les marchandises de première nécessité, les grandes concentrations industrielles, les corners et les trusts, ne sont plus propres exclusivement à l'Amérique. >

M. Wintherer, dans son étude sur le socialisme international, se demande si ce n'a pas été nnc fraude sociale que d'avoir permis au capital, à l'argent, de se donner le rôle prépondérant qu'il joue aujourd'hui.

L'agioteur et l'accapareur cherchent à produire par leurs manœuvres la hausse ou la baisse, ou plutôt l'une et l'autre alternativement, et en outre à s'assurer pendant un temps plus ou moins long le monopole du marché.

Qu'ont fait les gouvernants contre ces manœuvres? En 18S5, lors de la discussion de la loi sur les marchés à terme, le gouvernement français, dans l'exposé des motifs, déclarait qu'où ne pouvait songer à atteindre « les syndicats financiers qui sont devenus un fait courant et peut-être même nécessaire » .

Les gouvernements sont sous l'influence de la Haute-Banque.

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L'exploitation de l'épargne du pauvre a lieu de bien des manières, par les coups de Bourse, les fausses nouvelles, les émissions de valeurs fictives, les réclames mensongères, etc., etc.

L'esprit judaïque a complètement imprégné notre pauvre société européenne depuis qu'elle s'est éloignée de l'Eglise.

Cf. Rohlin : Le juif ialmudiste ;

Mgr Walsch : Bimétallisme ;

L'usure au temps présent (8, rue François P"").

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