Quelle est la missioi de l'Eglise
— Notre -St'igncur Jésus -Christ en établissant l'Eglise l'a chargée de continuer à travers les âges la mission sublinn' que lui-même avait reçue de son
Père. Comme mofi Père m'a envoyé, je vous envoie. (S. Jean, xx.) Comme Notre-Seigneur, l'I^glise a donc mission de procurer le salut des âmes. Elle embrasse dans son extension l'humanité tout entière. Elle a sa hiérarchie propre : son chef suprême, vicaire de Jésus-Christ, et ses pasteurs à des degrés divers.
Avant une fm spirituelle et surnaturelle, elle est absolument distincte de l'Etat, ^'rai royaume de Dieu sur la terre, elle est nécessairement' franche de toute sujétion humaine. Société complète et indépendante dans sa sphère, elle jouit de tous les droits qui appartiennent à une société complète et en particulier de la triple puissance législative, judiciaire et coercitive.
Les nations chrétiennes ont toujours traité avec l'Eglise comme avec une puissance légitime et souveraine. Et par une disposition particulière de la Providence, l'autorité du Pontife de Rome a été munie d'un principat civil, comme de la meilleure sauvegarde de son indépendance.
3. Quelles so/il les droits et les prérogatives de l'Eglise ?
— De la nature même de l'Eglise découlent ses droîLs, qui se résument dans celui de vivre et de se
propager librement par toute la terre, suivant le mandat qui lui en a été donné par Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Le droit qu'a l'Église de se conserver, de se développer et de poursuivre sa fin, comprend nécessairement les facultés suivantes :
L'établissement de sa hiérarchie, partout où il y a des fidèles ;
La libre communication des évêques et des fidèles avec le Pontife de Rome ;
La libre prédication de l'Evangile, la censure des erreurs, la réunion des conciles et autres assemblées ecclésiastiques;
La formation des clercs selon les règles de la discipline canonique;
La liberté d'élever les enfants dans la foi et les mœurs chrétiennes, et le contrôle de toute instruction à ce point de vue ;
L'exécution des lois spirituelles en vigueur dans l'Eglise, spécialement en ce qui concerne le mariage ;
Le droit de posséder librement des biens, meubles et immeubles, comme toute association et même à un titre supérieur comme société indépendante de l'État ;
Le droit de produire dans son sein des associa-
CATECHISME SOCIAI,
lions subalternes qui professent un genre de vie plus parfait. (Cf. Lettres apost., t. II, p, 23 et suiv.)
Athéisme, indififérentisme social.
1. L'Ef ai peut-il méco/inaîire la relîgio7i ou s'en dési)itéresser ?
— Non. Ce serait pur matérialisme. La raison elle-même demande un culte social.
Ce serait un crime de lèse-majesté divine : La société, œuvre de Dieu, doit un culte à son auteur.
Ce serait une perversion de la fin même de la société, qui n'existe en définitive que pour faciliter à l'homme l'accomplissement de tous ses devoirs et pour lui ouvrir une voie plus facile vers sa destinée suprême.