I . A quelles nécessités j^épond le budget
— Il doit fournir au pouvoir exécutif les ressources nécessaires pour remplir toutes les fonctions politiques et économiques qui incombent à l'Etat.
Il est naturel et légitime que les dépenses d'intérêt collectif aillent en grandissant à mesure que l'organisation sociale se développe et que les hommes prennent une conscience plus claire de la solidarité qui les unit.
Les gouvernements modernes ont développé considérablement certains services publics, tels que ceux de rinstruclion publicj^ue et des travaux [niblics. Ils
plus grands avantages que le pauvre. » Les partisans de l'impôt pr()])ortiomiel disent la même chose et concluent à )a proportionnalité des charges.
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ont crée des ministères nouveaux ou tout au moins de grands départements ministériels, tels que l'agriculture, le commerce, le travail, l'hygiène, l'assistance publique.
Le département du travail concerne la surveillance des manufactures et l'observation des lois qui s'y rapportent; le département de l'hygiène publique concerne la salubrité des logements, la préservation des épidémies, la falsification des denrées alimentaires.
2. Quels sont les services publics auxquels rép07ident communéme)it les fonctions ministérielles et les ressources du budget?
— Elle se réduisent aux suivantes :
1° Faire régner l'ordre et la justice au dedans : ministères de l'intérieur, de la justice, de la police.
2^ Assurer la sécurité à l'extérieur : ministères des affaires étrangères, de la guerre, de la marine.
3° Aider au développement intellectuel et moral de la société : ministères des cultes, de l'instruction publique, des beaux-arts.
4° Développer les forces productives du pays : ministères des travaux publics, de l'agriculture, du commerce, du travail, des colonies, des chemins de fer, des postes et télégraphes.
5° Veiller à l'hygiène générale et pourvoir à l'assistance des indigents : départements ministériels de l'hygiène et de l'assistance publique.
Ces fonctions ne sont pas toujours cependant bien divisées et délimitées.
3. Est-il bien pourvu à ces divers services dans les budgets modernes ?
— Non. L'état malheureux de paix armée où vit l'Europe et qui est un châtiment de la Providence nous impose des dépenses écrasantes pour le budget de la guerre. Le gaspillage des fonds publics par des gouvernements sans habileté et sans conscience ont accru démesurément les emprunts et les dettes publiques. Dès lors le service des intérêts de la Dette absorbe une grande partie des ressources annuelles. Enfin les tendances socialistes plus ou moins conscientes de nos gouvernants ont accru sans mesure le service des pensions et multiplié les emplois.
Ainsi en France, si l'on retranche du chiffre total des dépenses de l'État un milliard pour la guerre et la marine, un milliard et demi pour le service de la Dette", cinq cents raillions pour les frais de perception des impôts, et trois cents millions de gaspillage pour pensions et emplois non justifiés,
il ne reste pas un milliard à consacrer au développemenl économique, inlellectucl et religieux de la nation.
Les emprunts.
I. Les emprunts publics sont-ils légitimes et dans quelle mesure ?
— Les emprunts publics sont un procédé financier relativement récent. Dans les siècles antérieurs aux nôtres, quand l'État se trouvait dans un besoin exceptionnel de ressources, le gouvernement recourait aux aides^oulmpôts extraordinaires. C'était plus juste et plus sage. Ces taxes extraordinaires étaient prélevées temporairement et uniquement sur les capitalistes, qui reconstituaient rapidement leurs épargnes. Les masses populaires ne contractaient aucune charge nouvelle. Il n'en résultait pas ces grandes quantités de titres qui permettent de vivre en dehors de la loi naturelle du travail.
Il y a cependant des circonstances où il faut recourir à l'emprunt, c'est quand les besoins de l'Etat sont tels que les sommes à demander aux taxes désorganiseraient les entreprises privées et oblige-
raient la plupart des contribuables à emprunter euxmêmes (i).
L'emprunt reste cependant inévitable pour subvenir aux charges des grandes guerres, pour les grandes dépenses d'armement et pour la création rapide des grands moyens de développement commercial, les chemins de fer et les canaux.