Le travail de l'usine n'est-il pas immoral en soi
— Non, l'agglomération des hommes n'est pas nuisible par elle-même. L'usine bien ordonnée et chrétiennement dirigée peut devenir au contraire un élément de moralisation. Il en est de l'usine comme de la vie commimale et sociale. Si Dieu n'y règne pas, l'ennemi de Dieu y régnera avec tous les désordres qu'il a coutume de susciter. On connaît des exemples d'usines chrétiennes qui voient régner chez elles la piété et la paix sociale.
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3. Que faut-il penser des grandes fortu/zes acquises dans l'industrie?
— On a vu, il est vrai, en ce siècle, des concessionnaires de mines et de chemins de fer, des raffineurs, des manufacturiers, des filateurs acquérir en peu d'années de nombreux millions.
En soi, il n'est pas injuste que ces entreprises, méritoires par les risques affrontés, par le génie des affaires et la puissante volonté qu'elles exigent et par la coopération des capitaux et du travail, aient donné de magnifiques résultats à leurs auteurs.
Il y a cependant une question d'équité et de mesure.
Si les gains immenses de cette coopération ont été répartis entre les industriels et leurs ouvriers conformément aux lois de la justice et de la charité ; si l'aisance des uns s'est accrue en proportion de la richesse des autres ; si par des augmentations successives de salaire, par des constructions d'écoles pour les enfants, d'asiles pour les invalides, d'hôpitaux pour les malades, par des caisses de retraites largement dotées pour les vieillards, les veuves et les infirmes, le présent et l'avenir des emplovés, des ouvriers et tle leurs familles sont assurés; en un mol, si la misère sous toutes ses formes a été écartée de
cette population de travailleurs, alors on peut admettre que la fortune du capitaliste ou du grand industriel est légitime dans sa source et dans son emploi et qu'elle ne s'est pas fondée au mépris de la justice et de la charité chrétienne,
4. Quels sont les remèdes à apporter aux abus de l'industrie?
— Bien des chefs d'industrie ayant manqué à ces devoirs d'équité, on a vu s'élever la question sociale, par s\iite de la misère imméritée des travailleurs et le contraste pénible et choquant de cet état de misère avec l'opulence des industriels.
Ce que les chefs d'industrie n'ont pas su faire, il faut le demander aux associations et même en partie à l'État.
Les syndicats interviendront efficacement pour le règlement du travail, du salaire, des assurances.
L'État doit seconder l'action des corporations. Il peut intervenir par la législation pour la durée du travail, l'hygiène des ateliers, le travail des femmes et des enfants et même, s'il le faut, pour les assurances. L'action des corporations est toutefois préférable. Celle de l'État ne doit s'exercer qu'à leur défaut. (Encycl. Rerum novarictn, passim.)
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Le commerce.