‹ Catéchisme socialChapitre 75 sur 100 · I . Qu 'est-ce que cette spéculatioîi · texte numérisé non relu

I . Qu 'est-ce que cette spéculatioîi

— Il y a là un cas d'usure, de spcculation et d'accaparement commis en grand par quelques nations pour le plus grand profit de la Haute-Banque et de quelques spéculateurs.

Dans les siècles passés, toutes les nations d'Occident admettaient également les monnaies d'or et d'argent pour les échanges internationaux. Les deux métaux avaient une valeur relative qui ne variait guère d'une nation à l'autre. Le rapport était généralement de I à 15, la monnaie d'or valant quinze fois son poids en argent. Certaines nations ayant des mines d'or et d'autres des mines d'argent, les deux métaux se répartissaient entre tous les peuples par les échanges commerciaux.

On sait qu'en 1S16 le gouvernement anglais, encouragé par la Haute-Banque de Londres, trouva le moment favorable pour tenter une spéculation heureuse.

L'Angleterre était en possession d'une grande

partie de l'or du monde par les mines qu'elle exploitait et par la prospérité de ses colonies et de son commerce. De plus elle était créancière de la plupart des nations, soit par ses exportations, soit par les emprunts qui avaient été contractés à Londres. Elle décida qu'elle n'accepterait plus de paiements qu'en or.

Les nations à monnaie d'argent durent acheter à l'Angleterre de l'or à tout prix en lui donnant en échange de l'argent ou des marchandises. L'argent et les marchandises d'importation baissèrent de moitié de leur valeur. C'était à prévoir.

La France, l'Allemagne, les Etats-Unis ont imité l'Angleterre. Par leur supériorité commerciale et l'importance de leurs exportations, ces nations pouvaient aussi opprimer les nations à monnaie d'argent en leur demandant de l'or en paiement des marchandises vendues ou des arrérages d'emprunt.

Il arriva que les petites nations à monnaie d'argent comme le Portugal et la Grèce virent leur crédit ruiné. Dans toute l'Amérique du Sud, le change monta à 200 pour 100, ces nations ayant peu d'or et se trouvant chargées de dettes commerciales et d'emprunts à Paris et à Londres.

Les grands empires d'Asie, Inde, Chine et Japon envoyèrent force argent, blé et soie, en échange de

l'or dont ils avaient besoin pour acheter nos produits manufacturés.

Il y aura une réaction. L'Amérique du Sud construit à la hâte des usines pour se soustraire à notre suprématie commerciale et industrielle.

L'Asie élève aussi des usines, et comme la maind'œuvre est chez elle à un prix très minime, bientôt elle dominera nos marchés à son tour.

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