‹ Catéchisme socialChapitre 89 sur 100 · I. D'où dérivent-ils et quels sont-ils · texte numérisé non relu

I. D'où dérivent-ils et quels sont-ils

— Ils dérivent des mêmes sources que ceux des patrons.

Les ouvriers doivent d'abord à leurs maîtres une obéissance respectueuse dans les relations professionnelles et des égards pour leur autorité.

Ils doivent fournir fidèlement et dans de bonnes conditions tout le travail auquel ils se sont engagés par un contrat conclu librement et conformément à l'équité.

Leurs revendications, s'ils en ont à faire valoir, doivent être exemptes de violence et conformes à l'équité. (Encvcl. Rerum riovarum, passim.)

Les fils de famille.

Le devoir social pour les jeunes gens, c'est le travail.

Sans doute, il s'agit ici d'un devoir d'ordre général. On ne peut pas dire à celui-ci : « Tu feras ceci », et à cet autre : « Tu feras cela. ^

Mais les jeunes gens doivent savoir que l'homme est fait pour travailler, comme l'oiseau est fait pour voler. (Job.)

Avant la chute, l'homme travaillait par délassement ; après la chute, il doit travailler à titre de réparation et d'expiation.

Saint Paul nous rappelle le précepte de la Genèse : « Celui qui ne travaille pas, dit-il, ne mérite pas de manger. »

Le pauvre a son travail marqué par la nécessité, il fait ce qu'il peut. Le riche a le libre choix de son travail. Mais nul homme ne doit vivre dans l'oisiveté, il serait un frelon dans la ruche, un parasite dans la société.

Fils (le famille, vous pouvez choisir entre l'agriculluir, rindustrie, le commerce, l'armée, l'administration. Vous pouvez cultiver les lettres ou les arts.

Vous ne devez pas ne rien faire. Ne rien faire est une honte et une faute.

Passer son temps à flâner, à chasser, à s'amuser, c'est aller contre l'ordre de la nature et contre le précepte divin : i Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front. »

Riches capitalistes, si vous voulez consacrer votre vie à l'agiotage ou au plaisir, quel rôle utile jouerezvous dans la société?

Vous scandaliserez les faibles, vous serez vousmême exposés à toutes les tentations, vous échapperez au devoir de la solidarité sociale.

Si vous êtes malade ou idiot, passe! Si vous êtes apte à quelque chose, faites quelque chose. 11 y a toujours quelque chose à faire.

Soyez des Mécènes, faites travailler. Tout au moins, donnez votre temps aux œuvres.

Tant que l'ancienne aristocratie s'est confondue avec la féodalité et la chevalerie, elle avait sa fonction sociale. Elle défendait la société au dedans et au dehors.

Quand elle est devenue la noblesse de cour, l'oisiveté l'a tuée. Elle est tombée sous le mépris général et elle a disparu à la Révolution sans laisser de regrets.

Tant que la bourgeoisie s'est livrée à l'industrie et

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au commerce, elle avait aussi sou rôle social, qu'elle remplissait plus ou moius correctement. Si elle s'abandonne à l'oisiveté, au plaisir, à l'agiotage, elle encourra à son tour le mépris et la colère du peuple, et elle tombera sous les coups d'une nouvelle révolution qui sera l'avènement du socialisme.

Les propriétaires.

Tout homme qui a le sens chrétien avouera que le droit de percevoir une rente sur une terre entraîne d'autres devoirs que de dépenser ses revenus à Paris dans les théâtres, les courses, les repas somptueux, les jeux de bourse.

L'Évangile veut que le propriétaire ait une action morale positive chez lui. C'est une extension de la paternité. Il ne suffit pas d'affermer nue terre pour un prix quelconque, de louer à bail une maison pour être débarrassé des charges qui incombent au propriétaire.

Dans les contrats, il y a lieu tout d abord d'introduire des clauses réservant les droits de l'ordre chrétien, par exemple j^our le repos dominical et les bonnes mœurs.

Et puis, ne convient-il pas qu'un propriétaire se

fasse voir de temps en temps chez ses fermiers, qu'on k' connaisse autrement que par le régisseur et le notaire, a\ec leurs exigences financières légitimes, mais aussi nécessairement précises et raides comme des chiffres.

11 y a plus, un homme d'affaires franc-maçon peutil être un bon intendant pour un propriétaire chrétien ? Il y a des catholiques dont les régisseurs sont les pires sectaires du pays. Ils savent cela, mais ils les gardent parce que ces gens n'ont pas leurs pareils pour faire rentrer les fermages.

Il faut ajouter que le fermage tel qu'il se pratique aujourd'huin'est pas toujours conforme à l'équité. S'il survient de mauvaises années inattendues et répétées, il serait juste que le propriétaire aidât le fermier à les supporter. Si le fermier améliorait notablement la propriété, il mériterait un dédommagement.

Le métayage loyalement pratiqué est plus conforme à l'équité.

Les maîtres de maison.

Les rapports des maîtres de maison avec les domestiques sont comme une extension de la paternité.

Aussi le premier devoir des maîtres est la bonté, l'affection même.

a Vous, maîtres, témoignez de l'affection à vos serviteurs, ne les traitant pas avec rudesse et avec menace, sachant que vous avez les uns et les autres un maître commun dans le ciel. » (S. Paul aux Eph.,

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