DUS ÉTUDES SOCIALES
D, Les éludes sociales exigent-elles un long sacrifice de temps ?
R. Quand on n’cn veut counaître que les principes généraux, elles se bornent à des leetures qui font bientôt voir qu’il y a dans la pensée des socialistes, une œuvre d’avenir immense, et que la solution du problème social, l’abolition du jjTolétariat, est tout entière dans la pratique graduée du système de solidarité que je viens de vous exposer. C’est donc à tort qu’on nous accuse de vouloir renverser la société de fond en comble pour élever sur ses ruines la société nouvelle. Nous voulons y arriver par transformation successive et graduée, sans violence et sans spoliation, surtout sans la sotte idee du partage qu’on nous a si calomnieusement imputée. Hous anoblissons la famille en permettant au sentiment qui unit les parents aux enfants, de s’exercer sans aucune arrière-pensée de cupidité ; nous assurons la propriété, puisque nous lui donnons le travail pour base, et que nous sanctifions le travail. Nos ennemis sont ceux qui ont jusqu’à ce jour vécu de l’exploitation des prolétaires, et trafiqué de la sueur du peuple ; et qui, se voyant menacés dans leur cupidité égoïste, cherchent à nous perdre dans l’esprit de ceux qui ne connaissent pas nos doctrines,
D. Quels sont les livres à consulter pour connaître les doctrines sociales ?
R. La République de Platon, la Cité du Soleil de Cainpanclla, l’Utopie de Thomas Morus, le Code de la nature de Morelli, le Contrat social de J.-J. Rousseau, les OEuvres de Mably, le Gouvernement de Locke, Montesquieu , la Constitution économique des Moraves, l’Histoire des Républiques chrétiennes du Paraguay, l’Histoire de la Conspiration de Babœuf par Buonarotti, les ouvrages d’Owen, les OEuvres des Saint- Simoniens, celles de Fourrier et des Phalanstéricns, les OEuvres de P. Leroux, entre autres le livre de l’Humanité, l’Egalité et la Revue sociale, celles de Proudhon, et surtout son livre sur la Propriété, bien que Proudbon n’ait pas une idée bien nette de l’association solidaire et égalitaire, et que sa synthèse soit loin d’être complète, les OEuvres sociales de Cabet, de Vidal, de Villegardel, de Pecqueur,les travaux de Louis Blanc, la Réforme sociale de A. Barbet, puis en économie politique, Quesnay, Turgot, Say, Sismondi, Ricardo, Huerne de Pommeuse, sur les colonies agricoles, la cause de la richesse et de la misère des peuples civilisés, par le baron de Morogues, des Causes du malaise social, par Bouvier du Molard; le Cours d’Economie politique de A. Blanqui, les travaux de Loudon, de Malthiis, de Godwin, sur la population, la Misère des classes laborieuses de E. Biiret, puis les ouvrages de Tocqueville , de Villermc, de Beaumont, etc.
Lisez ces ouvrages sans prévention, instruisez-vous des besoins réels des nations, voyez les obstacles que le privilège oppose à leur satisfaction ; et quand vous aurez étudié ces questions palpitantes d’intérêt et d’actualité, vous reconnaîtrez que le socialisme seul est capable de régénérer le monde, qui se tord dans les angoisses de la faim, du désespoir et de la misère.