‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 124 sur 235 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

D. Parmi les pères latins ^ quel est le premier en date ?

R. Le premier en date, c'est l'orateur Minucius Félix qui écrivit vers la fin dû deuxième siècle. Dans un dialogue intitulé Octavius, le païen Cécilios reproche aux chrétiens d'adorer un Dieu qui ne connaissait que )a seule nation des Juifs. Le chrétien Octavius lui répond : Ne cherchez pas un nom à Dieu: Dieu, voilà son nom. Là il faut des vocables où il faut distinguer une multitude d'individus, chacun par son appellation propre. A Dieu, qui seul est , le nom de Dieu est tout entier. Mais quoi? N^ai-jepas, quant à lui, le consentement de tous? J'entends le vulgaire lorsque il élève les mains au ciel ne aire autre chose, sinon. Dieu, et. Dieu est grand , Dieu est vrai , si Dieu nous en fait la grâce. Est-ce là le discours naturel du vulgaire, ou bien la prière du chrétien confessant la foi ? Et ceux

Catéch. PniLOs. I,

gui font de Jovis le souverain se (rompent pour le nom; mais ils s^accordent pour la même puissance ( Octav,, n. 18). De la populace, il passe aux poètes. J'entends les^ poètes aussi proclamer un seul père des dieux et des hommes. Si nous passons aux philosophes^ • vous les trouverez, différents sur les noms^ d'accord sur la chose même. Et après avoir cité les plus célèbres, il conclut : CAacun croira d'après cela , ou que les chrétiens sont philosophes, ou que les philosophes étaient dèslors chrétiens ( Ibid., n. 20). Telle est la réponse du chrétien Octavius : et le païen Cécilius la trouve si bonne qu'il finit par so faire chrétien lui-même.

D. Le plus ancien père de l'Eglise des Gaules pensc-t~il comme Minucius Félix?

R. Le plus ancien père de l'Eglise des Gaules, quoique il fut Grec d'origine, saint Irénée , disciple de saint Polycarpe , qui le fut luimême de l'apôtre saint Jean, établit de la manière suivante l'unité de Dieu contre les hérétiques valentiniens. Il nous suffit, quant à présent , du témoignage que ne nous contes^ tentpasnos adversaires, tous les hommes étant enfin d'accord là-dessus; les plus anciens con* servant cette croyance d'après la tradition primitive du premier homme, et célébrant dans leurs hymnes un seul Dieu créateur du ciel et de la terre : ceux qui vinrent après eux, en recevant le ressouvenir des prophètes de Dieu : les Gentils, l'apprenant de la création même ; et l Eglise, répandue par-dessus toute la terre, ayant reçu cette même tradition des apôtres. Ce Dieu étant donc ainsi constaté, et recevant de tous le témoignage qu'il est : le père, inventé par les hérétiques est indubitablement sans consistance et sans témoin, Simon le Magi^ cien a été le premier à dire qu'il était luimême ce Dieu au-dessus de toutes choses , et que le monde avait été fait par les anges : ses successeurs , ainsi que nous l'avons montré dans le premier livre, ayant par des assertions diverses avancé des doctrines impies contre le Créateur, les valentiniens, leurs disciples ^ rendent ceux qui partagent leurs sentiments , ' pires que les Gentils ; car ceux-ci, tout en ser^ vont la créature et ceux qui ne sont pas dieux ^ plutôt que le Créateur, attribuent néanmoins h premier rang de la divinité au Dieu créateur de cet univers [Irén. adv. Hœres. L % c. 9)v

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