‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 147 sur 235 · CHAPITRE LXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVI

D. Qu'est-ce qu'un miracle?

R. Un miracle, dit J. J. Rousseau, est. dans un fait particulier, un acte immédiat de la puissance divine , un changement sensibte dans V ordre de la nature, une exceptionréelle et véritable à ses lois. Dieu peut^il faire des miracles f a]oute-t-il. Cette question , nérieu^ sèment traitée, serait impie , si elle n'était afhsurde; ce serait faire trop d'honneur à celui qui la résoudrait négativement que de le punir, ttsufârait de renfermer (1).

D. Mais qu'est-ce que l'ordre et les lois de la nature? et comment les connaissons-nous ?

R. Nous les connaissons uniquement par l'expérience générale qui nous montre les mêmes effets constamment reproduits dans les mêmes circonstances. Nous nommons lois les causes de ces effets constants , et nous appelons ordre l'ensemble de ces lois.

D. Comment savoir avec certitude qu'on fait particulier est un miracle, un changement sensible dans l'ordre de la nature, une exceptionréelle et visible i ses lois?

R. Par le sens commun. En effet, c'est uniquement par le témoignage universel, par le consentement commun , que nous savons avec certitude qu'un phénomène est natureU ou conforme aux lois , à l'ordre constant de la nature. Quand donc ce même témoignage atteste qu'un fait , un phénomène quelconque, est un changement sensible dans l'ordre delà nature , une exception réelle et visible à ses lois, la réalité de ce changement ou de ce miracle est aussi certaine qu'il est certain qu'il existe un ordre et des lois de la nature ; et quiconque refuse de croire sur ce point le témoignage général des hommes , ne peut raisonnablement le croire sur aucun point : il ne peut plus ni connaître l'ordre de la nature et ses lois, ni même savoir s*îl y a des lois et un ordre réel dans la nature. D. Quels sont les miracles que Jésus-Christ opérait pour prouver sa mission divine?

R. Il guérissait toutes les maladies, en prononçant quelques paroles , ou par un simple acte de sa volonté; il multipliait un petit nombre de pains pour nourrir toute une multitude; il marchait sur la mer, Il ressuscitait les morts, etc.

D. Ces miracles sont-ils bien attestés?

R. Jamais il n'y eut de fait mieux attesté

(1) Lettres de la Montagne, p. iOi; Paris, 1795.

DU SE^IS COMMUN

que les mtradés de Icsus-Cfartst. Le genre humain tout entier en rend témoignage : les chrétiens qui les ont tus et qui se sont laissé égorger pour attester ce qu'ils en disent; les Juifs et les païens , qui , pour les avoir tus , se sont faitB chrétiens et exposés à la perte de leurs biens et de leur vie : les Juifs mêmes et les païens qui ne se sont pas convertis, et qui, comme JulienVApostat , Celse, Porphyre,et les anciens rabhins, dans les écrits mêmes qu'ils ontfaHs contre la religion chrétienne, avouent que Jésus-Christ a fait les miracles les plus étonnants, jusqu'A ressusciter des morts (1). D. Comment savons-nous avec certitude

3ue tous ces laits merveilleux sont réellement es miracles, des changements visiUes dans Tordre de la nature I

R. Par le sens commun de tous les hommes. En effet, qui ne conviendra qu'il n*est tas conforme aux lois de la nature que des ^preux, des aveu§[les, des boiteux, des sourds soient guéris dans un instant par quelques prières ? une ces paroles : Live-toi H marche, rendent rasage de ses membres à un paralytique de trente-huit ans? qu'un mort ressuscite au seul mot : Sors du tom-beau? Aussi les Juifs, ne pouvant nier les mirades de Jésus-Christ, les attribuaient-ils à la vertu du nom incommunicable de Dieu; les païens incrédules, aux secrets de la ma-

f;ie. Quant aux mahométans , Ils professent *Alcoran, comme une vérltécertifiée par Dieu même , que Jésus flls de Marie a fait des signes manifestes, des miracles évidents.

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