CHAPITRE XII. Des prophétiee tondumi h
Meêsie.
D. QuelUê sont les prophéties qmmmoncent la venue du Messie t
R. Il y en a quatre qui sont les plus célèbres et les plus expresses.
La première est celle de Jacob ; ce patriarche étant près de sa fin assembla ses enfants et leur donna à chacun d'eux nue t>é nédiction particulière, leur prédisaiiw ce qui devait leur arriver dans la suite des temps. Or il dit à Juda son quatrième fils, ces paroles remarquables : t Juda, tes frères te combleront de louanges, et ils t*adoreroni : le sceptre ne sera point 6U à J ida, et il j aura toujours dans sa postérité des couduclenrs du peuple jusqu'à la venue de celui qui doit
DE L^AGC MUR.
éUre cnroyé et qni fera Vobjet A^ rattcntc des natioiis. »
* Dans cette prophétie , Jacob assure deux tboses. La'première, que tantqae la tribu de Jnda subsistera, elle aura la prééminence et Vautorité sur toutes les autres tribus. La seconde, qu'elle subsistera et qu'elle formera un corps de république gouverné par ses lois et conduit par ses magistrats jusqu'à ce que IcMéssiësoit venu;
D. En quoi cette prophétie prouve^t-elle qxtê lé Messie est venu T
R. C'est qu'à commencer au règne d'Hérode, pendant lequel Jésûs*Christ est venu au monde, les Juifs n'eurent plus de roi, ni chef souverain de leur nation ; qu'ils furent chassés de la Judée quelques années après, qu'ainsi l'autoritÀ de la tribu de Juda fut anéantie. Les Juifs le reconnurent euxmêmes , car il est rapporté dans l'histoire de la passion de Jésus-Christ , qu'ils disaient qu'ils n'avaient point d'autre roi que César (5. Jean, 19, 6).
D. La tribu de Juda ne perdit-^le point le sceptre pendant la captittté de Babylone ?
R. il est certain qu'il ne faut pas resserrer le nom de sceptre dans ce qu'on appelle la royauté, et qu'il faut lui donner une explication un peu plus étendue, c'est^-^lre 2u'il signifie une prééminence acconïpaçnée 'autorité; et en lui donnant €ette expiicatiou natni^e, la prophétie est évidente : car la tribu de Juda conserva toujours le premier rang dans la nation juive. Elle est toujours nommée la première dans les saintes £critures,quandils'agitdequelquehonneur:
l'autorité royale lui fat accoi'dée dans la personne de- David et de ses descendants ; elle se maintint dans la captivité; elle avait un de ses rois avec elle, c'était Joachim, autrement Jéchonias : E vilmérodac, successeur de Nabuchodonosor, le tira de prison et le fit manger à sa table. Il faut même remai^quer que les Juifs, pendant la captivité, avaient l'autorité de vie et de mort sut ceux de leur nation, comme il parait par l'histoire de Susanne. Cette même tribu revint en corps sous la conduite deZorobabel, et devint plus illustre que jamais ; puisqu'elle eut l'autorité dominante dans le corps de la république des Juifs, qui prit cette forme après la c^iptivité. Elle communiqua son nom aux autres tribus, qui ne furent plus connues que sous le nom de Juifs, et la conserva jusqu au règne d'Hérode ; et lorsqu'il y eut des gouverneurs pris de la tribu de Lévi, comme les Asmoneens, ce fut par les sutfrages et ()ar le consentement de la tribu de Juda, qu'ils tinrent leur autorité, qui était à temps, car il y avait toujours un grand conseil, composé des anciens de Juda, qui gouvernaient le peuple [Num., 7, 12; et 2, Judtc.,1, t. ^ Pc^ ral.j 18, &. Psal. 59).
D. Que//e est la seconde prophétie de la venue du Messie?
R. C'est celle du prophète Daniel. Cette prophétie marque d'une manière si circonsfanciée.et si précise le temps où le Messin devait paraître^ qu'il est impossible de s'y
méprendre i clic est trop célèbre c( trop im« portante pour n'être pas rapportée dans sou entier.
Dans le temps que ce prophète était occupé de la fln dé la captivité de Babylone, et qu'il achevait sa prière. Dieu lui révéla le temps d'une liberté infiniment plus précieuse. Un ange le loucha et lui parla àiiisi :
« Daniel, je suis venu pour vduà iiistruirCé Dès le commencement de votre prière l'ordre a été donné, et je suis venu pour vous l'apprendre, parce que vous êtes plein de dé- Sirs. Rendez- voua donc attentif à mes paroles, et entendez ce qtie je vais vous décou« vrir. Soixante-dix semaines ont été abrégées par rapport à votre peuple et à votre ville sainte, afin que la prévarication cesse, que le péché prenne fin, et que l'iniquité soit ex* piée, et que la justice éternelle lui succède ; que la vision et la prophétie soient accomplies, et que le Saint des saints reçoive l'onction.
Sachez donc et comprenez-le bien, que de«
Juis le jour ou l'ordre sera donné de rebâtir érusalem, Jusqu'au temps où paraîtra le roi, qui est le Christ, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines (c'est-à-dire soixante • neuf semaines )•
Les places de Jérusalem et les murailles seront bâties de nouveau, quoique dans des temps difQciles, et après soixante-deux semaines le Christ sera mis à mort, et le peuple quile renoncera ne sera plus son peuple. Un peuple avec son prince^ qui doit vernir, détruira la ville et le sanctuaire; la ruine sera totale, et après la fin de la guerre» arrivera la désolation qui a été résolue. Le Christ établira une ferme alliance avec plusieurs durant une semaine, et dans le milieu de cette semaine le sacrifice et l'oblation ces^ seront. On verra l'abomination de la désolation dans le temple. La désolation durera jusqu'à la consommation et jusqu'à la fin. {Dan., 9, 23, etc.) »
D. Comment appliquex-itous cette prophétie du Messie?
R. 1* On ne peut douter que les semaines dont parle Daniel, ne soient des semaines d'années et non de jours ou de mois. Cette manière de compter par semaines d'années était ordinaire chez les Juifs, qui observaient la septième année qui terminait la semaine d'années, avec le même repos religieux que le septième jour de la semaine ordinaire
JLevit., 23, iS; et 15, 8); ainsi une semaine ['années étant de sept ans, soixante-neuf semaines de cette sorte font quatre cents quatre-vingt-trois ans. Or en commençant à compter ces soixante-neuf semaines depuis redit de rebâtir Jérusalem, donné par Artaxerxès Longuemain, qui était à la vingtième année de son règne, jusqu'au temps où le Messie devait paraître, on trouve quatre cents quatre-vingt-trois ans, qui est l'espace de soixante-neuf semaines d'an-^ nées.
2* Selon les termes de la prophétie, aprc^s les soixante-neuf semaines, un prince devait détruire la ville et le sanctuaire, o( c'est ce que fit eiTectivcmeni Titus, fils de?
CATfiCHISlIE
rcmpereur Vcspasicn, en ruinant Jérusalem et le temple longtemps après le terme.
Ainsi ces soixante-neuf semaines étaient alors plus que révolues.
3* Le Christ derait être mis à mort après le même espace de temps et la mort de Jésus-Christ est arrivée au delà de ce terme. Le prophète lui-môme le faitentendre ainsi dans la dernière partie de sa prophétie, en disant que dans le milieu de la semaine le Christ conflrmerait son alliance arec plusieurs, et que l*hostie et le sacrifice cesseraient; ce qn*on doit entendre nécessairement de la soixante-dixième semaine, puisque depuis redit d*Artaxerxès , jusqu'au temps de la mission de Jésus-Cnrist, il s*était passé 483 ans. Les paroles de Tange A Daniel le font entendre clairement , lorsque il lui dit que le temps dé soixante-dix semaines a été abrège. Mais comment Thostie et les sacrifices ont-ils cessé? 11 est visible que c^est par la mort de Jésus-Christ, arrivée dans le milieu de la soixante-dixième semaine, c'est-àndire trois ans et demi après le terme écoulé des soixante-neuf; et ce terme fait la moitié d*une semaine d*annéc8. Or ce calcul 8*accorde parfaitement et avec ce que le prophète avait dit qu'il y aurait sept semaines et soixante-deux semaines jusqu'au temps oft devait paraître le Christ, c'est-àdire commencer sa mission, et avec le temps de la mort de Jésus-Christ, arrivée trois ans et demi après ; car cet espace de temps est le même que celui de son ministère.
Enfin pour dernière preuve de l'accom-
Îlissement de cette prophétie par rapport à ésus-Christ, il faut remarquer, que c'est après avoir annoncé la mort du Christ, que le prophète dit que la ville et le sanctuaire seraient détruits. Ainsi ce dernier lait étant avoué de tout le monde et ne pouvant être contesté, il s'ensuit que le Christ est venu , et par conséquent que la prophétie est véritable dans toutes ses parties.
D. Quelle e$t ta troisiime prophétie de la venue du Messie?
R. C'est celle du prophète Aggée : voici ce qui y donna lien; Les Juifs, après leur retour de la captivité de Babylone, ayant jeté les fondements du second temple par la per* mission de Cyrus, roi de Perse, cet ouvrage fut interrompu pendant Tespace d'environ seixe ans, mais il Tut repris sous le règne de Darius, ÏÏLs dllystaspe, troisième successeur de Gyms , et il ftit achevé au bout de quatre ans. Ce second temple, tl est vrai, n'était pas à beaucoup près aussi magnifique que le premier, à le regarder par la beauté extérietire. Ainsi plusieurs des Juifs, donc le grand ftge leur permettait de se rappeler la beauté de l'ancien temple où David et Saloraon avaient épuisé des richesses immenses, étaient affligés de ce que ce dernier lui était inférieur. €% fut dans ce temps-là que Dieu ordonna au prophète Aggée oe leur parier en ces termes :
Voici ce que dit le Seigneur des armées [Affg., % 8}: «Encore une fois et dans peu de icmps j'ébranlerai le ciel et la terre, la mer
et tout riinivers. Je mettrai tous \e% peuples en mouvement. Le désiré de tontes les aar lions viendra, et ie remplirai de gloire celte maison, et sa gloire surpassera celle de la première. •
D. Quel est le sens de cette wrwfhéîiet
R. U est sensible que ledtelre des nalioiSB dont parle le prophète n'est autre qne le Messie, et c'est à cause de l'avantage que devait avoir ce second temple d'être sanctifié par la présence corporelle de Jésns^hrist, que sa gloire devait surpasser celle du premier ; car si le Messie n'avait point booorè de sa présence le second temple, en quoi séraitil comparable au premier, bien loin d'avoir en sur lui aucun avantage ? Ces paroles dofu peu de temps , marquent à la vérité un iatervale court; mais quoique Jésos-Chrisl ne soit venu sur la terre qu'environ SOO ans après cette prophétie, on peut dire que cet espace de tenips est peu de chose par rapport au Messie, qui fut attendu pins de MMO ans. Enfin , cette qualité de désiré des nations ne peut s'entendre que de lui, pnisqoa er lui tontes les nations ont été appelées i connaissance du vrai DieUt comme tant de prophètes l'avait prédit.
D. Quelle est la quatrième prophétie de la venue du Messie f
R. C'est celle du prophète Malaehie, qui est conçue en ces termes (JfoJacA.,31 , s) : « Voici que j'envoie mon ange » dH le Scdgneur, et il préparera la vœe devant moi, et aussildt le Seigneur que vous cherches viendra dans son temple ; et l'ange de l'alliance Îue vous désires , le voilà qui Tient , dit le eigneur des armées. »
D. Comment {qfpliqueX'vaui eee paroles ens Messie ?
R. 1* C'est une les Jaifs ne ponvaient entendre autre cnose par cet ange envoyé, que le Messie qui leur avait été promis, qni était l'objet de leur attenta; ainsi dès que le temple ne subsiste plus, il en faut conclure que le Messie y est venu.
2* C*est par cette promesse d^envoyer aux Juifs un libérateur que finissent les prophéties, puisque Malachie est le prophète qui a écrit le dernier de tous , et qu'il était ainsi moins éloigné dq Messie que les autres. C'est
Br là que se terminent les oracles que Dieo sait rendre à son peuple par la bcracbe de ses prophètes; d'où il s'ensuit que tout ce qu'ils attendaient doit être acoomipll.
D. Après avoir rapporté les preiphéties qui annoneent la venue du Messie, il faudrait en rapporter qui le désigfuni d^une manière plus particulière, et faire voir que les prophètes onl prédit quelques eirconstanees de sa naissance, les caractères de son règne ou de son ministère, le genre de sa passion et de sa mort et le n^ racle de sa résimrection.
R. C'est sur quoi il est aisé de satisfaire ceux qui veulent être. convaincus. 1* Quant à sa naissance, le Messie devait naître d*iroe vierge. « Une vierge, dit le prophète Isaïe, concevra et enfantera un fils, et ce fils sera appelé Emmanuel , c'est*à-dire Dien avec nous (/s., ^, 2^].
DR L*AGE MUR
2* Il devait nattre A Beliiléem : a Et vous , Belhléebfi , ville de Jada, dit le prophète Miellée (Jlf tcA., S, 1), vous n'êtes pas la moindre entre les principales de Juda ; car il sortira de vous un chef qui gouvernera Israël , mon peuple. »
3* Il devait être adoré des Mages. « I^s nations marcheront à voire lumière, dit IsaYe {Is., 60, 3, 6), et les rois , à l'éclat de voire naissance.... Ils viendront de Saba, portant de For et de Tencens, et annonçant les louanges du Seigneur. Les rois de Tharsis et des pajs les plus éloignés, dit le prophète David (Ps.^^f 6), lui porteront des présents; les rois des Arabes et de Saba en porteront aussi. 9 Et on ne peut attribuer à Salomon ces paroles , car le même prophète dit peu après : « Il subsistera aussi longtemps que le soleil. »
4** Une étoile devait paraître, a II sortira une étoile de Jacob, dit Balaam, prophète des Oenlils (iVum.. 24, 17). j»