‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 188 sur 235 · CHAPITRE XII. Des prophéties fondkintl le · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. Des prophéties fondkintl le

Meesie,

D. Quelles sontles prophéties pâimnomeeni la venue du Messie t

R. Il y en a quatre qui sont les plus câèbras et les plus expresses.

La première est celle de Jacob ? ce patriarche étant près de sa fin assembla ses enfants et leur donna à chacun d'eux nne b& nédiction particulière, leur prédisauw ce qui devait leur arriver dans la suite des temps. Or il dit à Juda son quatrième fils, ces paroles remarquables : « Juda, tes frères te combleront de louantes, et ils Tadoreront : le sceptre ne sera point 6îé à J ida, et il y aura toujours dans sa postérité des condactears du peuple jusqu'à la venue de celui qnl doit

DE L'AGE MUR

é(re enroyë et qui fera Tobjét dd rallcnle des nations. »

* Dans celte prophétie, Jacob assure deii\ tboses. La'premiere, qae tantqae la tribn de luda subsistera, elle aura la prééminence et Fautorité sur toutes les autres tribus. La seconde, qu'elle subsistera et qu'elle formera un corps de république gouverné par ses lois et conduit par ses magistrats jusqu'à ce que IcMéssié soit venu.

D. En quoi cette prophétie prouve^t-elle quê lé Messie est venu f

R. C'est qu'à commencer au règne d'Hérode» pendant lequel Jésûs-Christ est venu au monde, les Juifs n'eurent plus de roi, ni chef souverain de leur nation ; qu'ils forent chassés de la Judée quelques années après, qu'ainsi l'autorité de la tribu de Juda fut anéantie. Les Jnifs le reconnurent euxmêmes , car il est rapporté dans l'histoire de la passion de Jésus-Christ, qu'ils disaient qu'ils n'avaient point d'autre roi que César {S. Jean, 19, 5).

D. La tribu de Juda ne perdit-elle point le sceptre pendant la captittté de Bàbyîone f

R. Il est certain au'il ne fant pas resserrer ie nom de sceptre aans ce qu'on appelle la royauté, et qu'il fout lui donner une explication un peu plus étendue, c'estrrà-^lre qu'il signifie une prééminence accompagnée d'autorité; et en lui donnant luette explication naturelle, la prophétie est évidente : car la tribn de Juda conserva toujours le premier rang dans la nation juive. Elle est toujours nommée la première dans les saintes £critures,quandils'agitdequelquehoiineur:

rautorité royale lui fut accordée dans la personne de David et de ses descendants ; elle se maintint dans la captivité; elle avait un de ses rois avec eUe, c'était Joachim, autrement Jéchonias :Evilmérodac, successeur de Nabuchodonosor, le tira de prison et le fit manger à sa table. Il faut même remai^quer que les Juifs, pendant la captivité» avaient l'autorité de vie et de mort sur ceùlL de leur nation, comme il parait par l'histoire de Susanne. Cette même tribu revint en corps sons la conduite de Zorobabel, et devint plus illustre que jamais ; puisqu'elle eut l'autorité dominante dans le corps de la république des Juifs, qui prit cette forme après la captivité. Elle communiqua son nom aux autres tribus, qui ne furent plus connues une sous le nom de Juifs, et la conserva jusqu au règne d'Hérode ; et lorsqu'il y eut des gouverneurs pris de la tribu de Lévi, comme les Asmoneens, ce fut par les suffirages et par le consentement de la tribu de Juda, qu'ils tinrent leur autorité, qui était à temps, car il y avait toujours un grand conseil, composé des anciens de Juda, qui gouvernaient le peuple (Num,, 7, 12 ; et % Judic.j 1, t. /. Parai., 18, h. Psol. 59).

D. Qudle est la seconde prophétie de la ofnue du Messie?

R. C'est celle du prophète Daniel. Cette prophétie marque d'une manière si circonstanciée.et si précise le temps où le Messin devait paraître, qu'il est impossible de s'y

méprendre i cite est trop célèbre cl trop importante pour n'être pas rapportée dans son entier.

Dans le temps que ce prophète était occupé de la fin dé la captivité de Babjiunc, et qu'il achevait sa prière. Dieu lui révéla lé temps d'une liberté infiniment plus précieuse. Un ange le toucha et lui parla àiiisi :

« Daniel, je suis venu pour vôu$ iiistruirCé Dès le commencement de votre prière l'ordre a été donné, et je suis venu pour vous rapprendre, parce que vous êleà plein de de- Sirs. Rendei-vouâ donc attentif à mes paroles, et entendez ce qtie je vais vous découvrir. Soixante-dix semaincâont été abrégées p.nr rapport à votre peuple et à votre ville sainte, afin que la prévarication cesse, que le péché prenne fin, et que l'iniquité soit expiée, et que la justice éternelle lui succède; que la vision etla prophétie soient accomph'es, et que le Saint oes saints reçoive l'onction.

Sachez donc et comprenez-Ic bien» que de-

Jiuis le jour ou l'ordre sera donné de rebâtir érusalem, Jusqu'au temps où paraîtra le roi, qui est le Christ, il y aura sept semaines et soixnnte-4eux fematfie^ (c'est-à-dire soixante* neuf semaines )•

Les places de Jérusalem et les murailles seront bâties de nouveau, quoique dans des temps difficiles, et après soixante-deux semaines le Christ sera mis à mort, et le peuple qui* le renoncera ne sera plus son peuple. Un peuple avec son prince^ qui doit ve^ nir, détruira la ville et le sanctuaire; la ruine sera totale, et après la fin de la guerre» arrivera la désolation qui a été résolue. Le Christ établira une ferme alliance avec plusieurs durant une semaine, et dans le milieu de cette semaine le sacrifice et l'oblation cesseront. On verra l'abominatioii de la désolation dans le temple. La désolation durera jusqu'à la consommation et jusqu'à la fin. (Dan., 9, 23, etc.) »

D. Comment appliquez-nous cette prophétie du Messin?

R. 1* On ne peut douter que les semaines dont parle Daniel, ne soient des semaines d'années et non de jours ou de mois. Cette manière de compter par semaines d'années était ordinaire chez les Juifs, qui observaient la septième année qui terminait la semaine d'années, avec le même repos religieux qqe le septième jour de la semaine ordinaire

iLevit., 23, 15; et 15. 8) ; ainsi une semaine Tannées étant de sept ans, soixante-neuf semaines de cette sorte font quatre cents quatre-vingt-trois ans. Or en commençant à compter ce& soixante-neuf semaines depuis redit de rebâtir Jérusalem, donné par Artaxerxès Longuemain, qui était à la vingtième année de son règne, jusqu'au temps où le Messie devait paraître, on trouve quatre cents quatre-vingt-trois ans, qui est Tespaco de soixante-neuf semaines d'an-»

nées.

2* Selon les termes de la prophétie, après les soixante-neuf semaines, un prince devait détruire la ville et le sanctuaire, ot c'est ce que fit eiTectivcment Titus, fils de;

CATfiCHISMB

rain, père de MoYse, il d*j en a qu*ime seule ui est Lévi. Or on comprend due la durée e la Ti'e de cet patriarches, au lieu de faire que les histoires passées se perdissent, serfait au contraire à les conserver. Bien plus, si MoYse avait en quelque autre vue que celle de citer dans une histoire écrite ce qui était connu de presque tous les peuples, et qui faisait la partie la plus essentielle des monuments de la famille d'Abraham, il n'aurait pas fait vivre si longtemps des témoins qui auraient déposé contre lui, et qui auraient rendu sensibles toutes les erreurs de ses da* tes, et fait douter par conséquent de tous les événements quMl y avait attachés ; il se se* rait mis en sûreté en éloignant Torigine du monde, et en mulUpliant les générations, sHl n*a?ait dit ce qu'on savait déjà en remontant d^âge en âge ; car ce n'est pas le nombre des années, mais la multiplication des générations, qui rend les choses obscures : d'où il s'ensuit que les annales de MoYse étaient les annales publiques, avant qu'il les écrivit, puisqu'il ne prend aucune précaution pour être cru, etqu'il multiplie tout ce quipeutservir de preuves contre lui s'il n'était pas Gdèle. Voilà pourquoi MoYse dans la Genèse parle des choses arrivées dans les premiers siècles, comme de choses constantes, dont on voyait alors des monuments remarquables : tels étaient les lieux où Isaac et Jacob avaient habité, le puits qu'ils avaient creusé, les montagnes où ils avaient sacrifié à Dieu , les pierres qu'ils avaient dressées ou entassées, pour servir de monuments de ce qui leur était arrivé , les tombeaux où reposaient leurs cendres, etc.

5* L'autorité de HoYse nous paraîtra infiniment respectable, si on fait attention aux temps reculés dans lesquels il a écrit. Il existait près de 500 ans avant Homère, plus de IzOO ans avant Socrate, Platon, Aristote, qui ont été comme les chefs et les maîtres de toute la sagesse des Grecs : ainsi il ne pouvait tirer aucune lumière de l'antiquité profane ; cependant on peut remarquer par ses écrits qu'il a été historien, philosophe, lé-

f^îslateur et prophète tout ensemble. Si on ait attention à sa manière d'écrire , on y verra une noble simplicité qui porte un caractère de vérité au-dessus de toutes les preuves du raisonnement : en effet il commence son histoire comme si Dieu même parlait, sans préface, sans exordc, sans inviter les hommes à le croire, sans douter qu'il ne soit cru. Il s'ensuit de ce qu'on vient de dire

Sue l'histoire de MoYse est la plus ancienne e toutes, et qu'elle n'a pu rien emprunter des autres. Plus on examine les autres histoires des peuples qui se disent très-anciens, comme celle de «la Chine, plus on voit que ce sont des fables ridicules, plus on en sent la fausseté : ce sont des hommes tombés du soleil, ou sortis d'une montagne. Mais le peutde juif se dit créé par un Dieu tout-puissant; I se ffOttveme par un livre unique, qui comprend son histoire, ses lois, sa religion : on trouve dans cette histoire ce que nous ignorions i savoir, que le ciel et la terre s jnt l'ou-

vrage d*un Dieu. On y apprend, comme nous avons dit ci-dessus, la chute du premier homme et la promesse d'un libérateur. On y voit que ce peuple a toujours eu un soin extraordinaire de ne se point allier avec les autres nations, et de conserver ses généalogies pour donner au monde une histoire di- 5 ne de créance. On y voit un peuple sorti 'une même famille, mais si nombreuse que s'il s'v était mêlé de l'imposture, il serait impossible, comme les hommes sont faits, que, quelqu'un d'eux ne l'eût déconverie. Tel est le peuple à qui Dieu a voulu se manifester. Enfin ce qui achève de donner tout le poids nécessaire à l'authenticitédes livres de MoYse, c'est que des hommes inspirés et dont Iti prédictions au-dessus de toute puissance humaine ont eu leur accomplissement, ont attesté la sincérité des faits rapportés par MoYse et de sa mission ; d'où il s'ensuit que les livres postérieurs des saintes Ecrituits, servent de preuves aux premiers, parce que les faits miraculeux des premiers y sont rapportés comme indubitables. Ainsi comme les miracles des prophètes rapportés dans les livres postérieurs font voir qu'ils étaient inspirés de Dieu et que Dieu manifestait sa puissance par les prédictions et les miracles qu'ils faisaient , ces mêmes prophètes en /alésant mention des miracles plus anciens nous font comprendre qu'ils en étaient persuadés, et autorisent par là invinciblement la certitude des livres précédents.

D. Quelles sont les preuves par lesquelles Dieu a voulu eonstater la vérité de sa révélation à la nation juive t

R. Ce sont des preuves qui sont à la portée des plus simples et qui font éclater la toutepuissance divine ; savoir, les miracles et les trophéties. Je dis l** les miracles ; car Diei t comprendre sensiblement que Moïse était envoyé par son ordre pour conduire son peuple, par les miracles éclatants ot multipliés qu'il fit pendant une longue suite d'années. MoYse qui rapporte les premiers, parle de ce qu'il a vu et de ce qu'il a fait. Or ces événements mémorables dont les peuples entiers étaient les spectateurs et les témoins, furent les plaies de l'Egypte ; tous tes premiers-nés de ce royaume frappés de mort dans une seule nuit, la mer ouverte pour donner passage aux Hébreux, le peuple d'Israël nourri de la manne pendant quarante ans; abreavé par des torrents tirés des rochers ; couvert par une nuée contre l'ardeur du jour, et éclairé par une colonne de feu pendant La nuit ; le cours du Jourdain suspendu pour faire passer le peuple de Dieu sous la conduite du successeur de Moïse; le soleil arrêté, les nuées converties en une grêle de pierres, pour écraser ses ennemis : les nations liguées contre ce peuple, dissipées par une vaine terreur; une armée nombreuse exterminée par une main invisible sous les murs de Jérusalem, et tant d'autres, dont plusieurs étaient attestés par des fêtes solennelles établies à dessein d'en perpétuer U mémoire, et par des cantiques sacrés, que les pères apprenaient à leurs enfants» et qui.

DE L'ÂGE MUB.

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I tassant de bouche en bouche, perpétuaient a mémoire de la protection sensible de Dieu sur son peuple, en rappelant celles des é?énementfi miraculeux. Ceux qui rapportent ces miracles ont été présents aux choses, et ils les ont écrites eux-mêmes. Leurs livres ont été mis dans les archives publiques de ce peuple choisi, gui les révère comme faisant partie de sa religion.

Je dis en second lieu les prophéties. Car la prophétie n'appartient qu'à Dieu. Il est le seul roi de tous les temps, il n'y a point pour lui de passé, ni d'avenir. Tout est présent à sou éternité. C'est pourquoi il a choisi lui-même la prédiction des choses futures comme le caractère de sa divinité. Or c'est dans la révélation faite à la nation juive que ces prophéties sont annoncées. On y voit que pendant la plus grande partie du temps que Dieu se Gt connaître à son peuple par des preuves sensibles de sa puissance, il suscita une foule d'hommes inspirés de son esprit, qui ne parlaient pas en doutant, en hésitant, en conjecturant, mais qui d'un ton afBrmatif déclaraient hautement et en public que tels et tels événements arriveraient certainement dans le temps , dans le lieu , et avec toutes les circonstances qu'ils marquaient. Et quels événements 1 Les plus détaillés , les plus personnels , les plus intéressants pour cette nation, et en même temps les plus éloignés de toute vraisemblance. On Yoit ces hommes admirables au milieu de la paix et de l'abondance, prédire une affreuse disette , annoncer que Jérusalem , réduite à la dernière extrémité par Sennacherib , roi des Assyriens, ne serait point prise par ce roi impie , prédire la destruction totale des dix tribus, la ruine de Jérusalem par Nabuchodonosor, la captivité du peuple juif à Babylone et le retour après un laps de 70 ans , annoncer la venue du Messie, le libérateur promis aux hommes dès le commencement du monde , le temps et le lieu de sa naissance , les principales actions de sa yie, les circonstances de sa mort et de sa résurrection , l'établissement de l'Eglise , la vocation des Gentils , la réprobation des Juifs, etc. Que diront à cela les incrédules ? Car enfin tes hommes ne sont point prophètes par les voies naturelles ; et comme la nature ne leur est point soumise pour faire des miracles , Vavnnir ne leur est point ouvert pour en faire une histoire par avance.

Mais on doit encore faire attention au caractère des écrits des prophètes. Il est certain que l'élévation de leurs idéei^et de leurs scn-^ timents fait comprendre qu ils étaient animés de Tesprit de Dieu. On voit que les expressions leur manquent lorsqu'ils veulent exprimer la grandeur et la magnificence du Dieu qui les inspire. Pleins de l'immensité de la toute-puissance et de la majesté de l'être suprême , ils épuisent la faiblesse du langage humain pour répondre à la sublimité de ces images : « C'est lui, disent -ils , oui mesure les eaux de la mer dans le creux de sa main, qui pèse les montagnes dans sa balance, qui tient entre ses mains les foudres et les tem-

pêtes , qui dit , et tout est fait , qui se joue en soutenant l'univers ; toutes les nations ne sont devant lui (^ue comme une goutte d'eau* et comme ce petit grain qui donne à peine la moindre inclination à la balance; toutes les lies sont devant ses yeux comme un petit

frain de poussière; tous les peuples du mone sont devant lui comme s'ils n'étaient point, et il les regarde comme un vide et comme un néant. »

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