‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 187 sur 235 · CHAPITRE XL De la certitude dès propké · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL De la certitude dès propké

lies en général*

h. Quelles preuves nous donnerex'Vous dé la certitude des prophéties?

R. On ne peut d'abord soupçonner les pro^

Shéties d'avoir été écrites après l'événement es choses uu'elles annonçaient; 1* parce qu^elles ont été traduites en grec longtemps avant la venue du Messie , et ainsi elles ont été répandues dans le monde où la langue grecque était en usaee, surtout dans les états les plus étendus et les plus policés. 2" Elles ont été publiées telles que nous les avons f et elles étaient regardées par les Juifs comme des prophéties bien avant la naissance de Jésus-Christ. Ainsi , on doit remarquer que les saintes Écritures étaient communes aux Juifs et aux Samaritains. Or il est certain que les Samaritains étaient séparés des Juifs avant la captivité de Bab][lone ; d'où il s'en« suit que les saintes Ecritures étaient plus

ITreniéMifne-)

CATACHlsnS

anciennes que la division des dix tribus. 8* Il sérail absurde de penser que les Juifs aient supposé des litres oui nous fournissent des armes contre eux; le moindre changement que les chrétiens j eussent roulu apporter pouvait être connu, non seulement par les JuiCi, mais par les Gentib. Les Juifii .attachés comme ils étaient à leurs lir res, et d'ailleurs si envenimés contre lésus-Christ , auraient-ils soutTert qu'on leur alléguât comme texlo de leurs prophéties des passages supposés , sans se récrier sur la fausseté?

â'Los quairc grands prophètes t savoir, IsaYe , lérémie , Ezéchiel , Daniel 9 dont les écrits sont beaucoup plus étendus que ceux des petits prophètes , ont prédit des choses qui sont arrivées pendant leur vie, comme quand IsaYe prédit à Achaz, roi de Juda, que le roi de Syrie et le roi d'Israël assiégeraient inutilement la ville de Jérusalem, que tous leurs efforts seraient vains, et que dans un terme fort court ils mourraient run et l'autre : ce qui arriva effectivement. Il serait aisé de faire voir que les trois autres ont fait àeB

ErédictiDns du même genre. Or il est sensi* le que la vérité de cette première sorte de propnétie donnait d'abord une pleine confiance en l'accomplissement de celles qui étaient faites immédiatement après , et que l'accomplissement de celles-ci ajoutait à l'an* torité du prophète une certitude entière , que sa lumière venait de Dieu , et que tout ce

2 ni lui était révélé pour des temps plus loignés s'accomplirait infailliblement.

ST On doit faire le même raisonnement touchant les prophètes postérieurs , car il; ont tous annoncé des cnoses qui servaient à les autoriser par l'événement, toujours conforme à la prédiction, et dont les nommes de leur temps pouvaient être spectateurs.

4* On trouve dans les quatre grands prophètes presque toutes les choses qui sont répandues dans les écrits des autres, et ainsi les premiers sont les garants et les cautions des seconds.

5' Les prophètes se donnent toujours pour des hommes inspirés ; tous parlent au nom du Seigneur, c'est pourquoi il faut ou contester toutes leurs prédictions , ou les accorder toutes ; mais dès qu'on les croit sincères, il n'est plus permis de douter que leurs livres n'aient une autorité divine , puisque leurs prophéties ne peuvent être certaines sans être divinement inspirées : la connaissance de l'avenir étant un caractère propre de la Divinité,

6* EnOn les luifs les ont reçues de siècle en siècle par une tradition non interrompue: Hs les ont toujours révérées comme divines ; Us les ont toujours conservées avec soin dans des monuments publics ; car les prophètes , après avoir publié leurs prophéties )[iar écrit , en déposaient les originaux dans e temple , pour servir de monument à la postérité. £n un mot, n'est un fait que personne ne peut contester; savoir, que les Juifs ont toujours regardé et regardent encore les divines Ecritures , dont les nrophétie^ con-

tiennent la partie la plus essentielle , eoreme une révélation venue de Dieu » qui contient leurs privilèges, leurs droiu, leurs titres : cela 'est si vrai qu'ils se mettent an-dessus de tous les peuples dm monde , et ils eroieni trouver les fondements de cette préférence dans leurs écritures. Le peuple devait lire ces livres satrés et s'en entretenir incessamment. Il était défendu d'j rien ajouter, les docteurs de la nation les expliquaient , mais ils n'osaient rien ajouter à la parole écrite. Il y avait une tribu de Lévites destinée à les garder. Les cérémonies qui se pratiquaient communément parmi les Juifs avaient pour but de leur mettre devant les yeux la plu-

Krt des choses qui étaient contenues dans j Ecritures. Ils les ont portées dans tous les lieux où ils sont allés • et les ont eardées avec une fidélité inviolable. Bien plos , les Juifs , par une providence marquée el prophétisée, subsisteront jusqu'à la fin du monde, pour être des témoins constants de la vérité des saintes Ecritures. C'est de leurs mains gne les Chrétiens les ont reçnes, depuis rétablissement de l'Eglise : d aiUcnrs. tout est pronvé dès que l'inspiration de certains livres est prouvée.

D. Commmt ferex^oui voir quê Jésu$- Christ parie iou$ les caraetèra du Messie prédit parlesprophitest

R. C est par la conformité de son règne avec tout ce qae les prophètes ont dit du Messie ; or il semble que ce serait donc ici le lieu de rapporter les principales circonstances du ministère de Jésus-Christ, et de faire voir ensuite quelles étaient prédites dans les saintes Ecritures; mais la preuve qui en résulterait qull est le Messie, n'en sera pas moins forte et évidente en suivant Tordre naturel, qui est de rapporter les prophéties avant les choses quelles prédisent; parce que dès qu'une fois on aura établi que teUe et telle circonstance a été annoncée par rapport au Messie, le lecteur en fera Tappltcation de lui-même et se convaincra par tons les traits de la vie de Jésus-Christ , rapportés par les évangéllstes, qu'il a accompli ce que les prophètes ont dit du Jiessie, et par conséquent qu'il est le vrai Messie, et qwt'd ne pemt y en avoir d'autre.

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