‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 191 sur 235 · CHAPITRE XI. De la certitude des prophé · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. De la certitude des prophé

ties en général*

î). Quelles preuves nous donfi&ez-tous dé la certitude des prophéties?

R. On ne peut d'abord soupçonner les pro-' phéties d'avoir été écrites après l'événement des choses qu'elles annonçaient; 1* parce qu'elles ont été traduites en grec longtemps avant la venue du Messie , et ainsi elles ont été répandues dans le monde où la langue grecque était eu usage ^ surtout dans les états les plus étendus et les plus policés. 2* Elles ont été publiées telles que nous les avons ^ et elles étaient regardées par les Juifs comme des prophéties bieu avant la naissance de Jésus-Christ. Ainsi , on doit remarquer que: les saintes Écritures étaient communes aux Juifs et aux Samaritains. Or il est certain f ue les Samaritains étaient séparés des Juifs avant la captivité de Bab^rlone ; d'où il s'ensuit que les saintes Ecritures étaient plus

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anciennes que la division des dix tribus. S* Il serait absurde de penser que les Juifs aient supposé des titres qui nous fournissent des armes contre eux; le moindre changement que les chrétiens y eussent yoalu ap* porter pouvait être connu, non seulement par les Juifs, mais par les Gentils. Les Juib .attachés comme ils étaient à leurs livres, et d'ailleurs si envenimés contre Jésus-Christ, auraient-ils souffert qu'on leur alléguAt com«me texte de leurs prophéties des passages supposés , sans se récrier sur la fausseté?

2' Les quatre grands prophètes , savoir , IsaYc , Jérémie , iBzéchiel , Daniel , dont les écrits sont beaucoup plus étendus que ceux des petits prophètes , ont prédit des choses qui sont arrivées pendant leur vie, comme quand IsaYe prédit à Achaz, roi de Juda, jiue le roi de Syrie et le roi d'Israël assiégeraient inutilement la ville de Jérusalem, que tous leurs efforts seraient vains, et aue dans un terme fort court ils mourraient run et l'autre : ce qui arriva effectivement. Il serait aisé de faire voir que les trois autres ont fait des

E rédictions du même genre. Or il est sensile que la yérilé de cette première sorte de prophétie donnait d'abord une pleine confiance en l'accomplissement de celles qui étaient faites immédiatement après , et que Taccomplissement de celles-ci ajoutait à l'autorité du prophète une certitude entière, que sa lumière venait de Dieu , et que tout ce oui lui était révélé pour des temps plus àoignés s'accomplirait infailliblement.

3 On doit faire le même raisonnement touchant les prophètes postérieurs , car ils ont tous annoncé des choses qui servaient à les autoriser par l'événement, touiours conforme à la prédiction , et dont les hommes de leur temps pouvaient être spectateurs.

k* On trouve dans les quatre grands prophètes presque toutes les choses qui sont réf^andues dans les écrits des autres , et ainsi es premiers sont les garants et les cautions des seconds.

5** Les prophètes se donnent toujours pour des hommes inspirés ; tous parlent au nom du Seigneur, c'est pourquoi il faut ou contester toutes leurs prédictions , ou les accorder toutes ; mais dès qu'on les croit sincères, il n'est plus permis de douter que leurs livres niaient une autorité divine , puis(que leurs prophéties ne {peuvent être certaines sans être divinement inspirées : la connaissance de l'avenir étant un caractère propre de la Divinité.

6* EnGn les Juifs les ont reçues de siècle en siècle par une tradition non Interrompue: fls les ont toujours révérées comme divines ; ils les ont toujours conservées avec soin dans des monuments publics ; car les prophètes , après avoir publié leurs prophéties yar écrit , en déposaient les originaux dans le temple, pour servir de monument à la pos* tenté. En un mot, n'est un fait que personne ne peut contester; savoir, que les Juifs ont toujours regardé et regardent encore les divines Ecritures , dont les orophétie^ con-

tiemieni la partie la plus èsscnUeUe, coram* une révélation venue de Dieu, qui contint leurs privilèges, leurs droiu, leurs liircs. cela (est si vrai qu'ils se mettent au-dcssui de tous les peuples du monde , et ils croient trouver les fondements de cette préférenee dans leurs écritures. Le peuple devait lire ces livres satrés et s'en entretenir incessamment. Il était défendu d'y rien ajouter, k» docteurs de la nation les expliquaient, mais ils n'osaient rien ajouter à la parole écrite Il y avait une tribu de Lévites destinée à les garder. Les cérémonies qui se pratiquaient communément parmi les Juifs avaient pour but de leur mettre devant les yenx la plupart des choses qui étalent contennes dans les Ecritures. Us les ont portées dans tous les lieux ou ils sont allés « et les ont tardées avec une fidélité inviolable. Ken pins, le» Juifs , par une providence marquée et prophétisée, subsisteront jusqu'à la fin da monde, pour être des témoins constants delà vérité des saintes Ecritures. C'est de leurs mains aue les Chrétiens les ont recoes, depuis rétablissement de TEgiise : d ailicars^ tout est prouvé dto que l'inspiration de certains livres est prouvée.

D. Comment ferest^ouê voir que Jitus- Christ porte toue les caractiree du Messie prédit par leg prophètes?

R. C'est par la conformité de son règne avec tout ce que les prophètes ont dit do Messie ; or il semble que ce serait donc ici le lien de rapporter les principales circonstances du ministère de Jésus-Christ, et de foire voir ensuite quelles étaient prédites dans les saintes Ecritures; mais la preuve qui en résulterait qu*il est le Messie, n'en sera pas moins forte et évidente en suivant l'ordre naturel, qui est de rapporter les prophéties avant les choses qu elles prédisent ; parce que dès qu'une fois on aura établi que telle et telle circonstance a été annoncée parrap* port au Messie, le lecteur en fera Tapplication de luiHOiême et se convaincra par tons les traits de la vie de Jésua-Christ, rapjportés par les évangélistes, qu'il a accompli ce que les prophètes ont dit du Messie, et par conséquent qu'il est le vrai Messie» et qnil ne peut y en avoir d'autre.

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