D. Cette multitude de cultes opposés
3ui se glorifient d'avoir Dieu pour auteur et e posséder le dépôt précieux de la révélation, ne fait-elle pas un argument contre l'existence de la révélation 7
R. De ce (ju'il y a plusieurs prétendants à une possession , une dignité , un royaume , doit-on inférer que les objets de ces prétentions sont chimériques , et qu'il n'y a ni royaume, ni possession à prétendre 7 La comparaison est exacte dans toutes ses parties , et montre que cette objection est une pre^ave solide et naturelle en faveur de la révélation. On a toujours cru aue le culte de la Divinité devait être enseigne par elle-même. Si c'est là un préjugé, il est d une espèce bien singulière, aussi ancien que le monde, aussi étendu que la terre habitée , plus durable que tous les ouvrages de l'industrie , que tous les établissements de la politique. Un sentiment si général et si profondément enraciné est la voix même de la nature, ou le souvenir ineffaçable d'une tradition perpétuée depuis les auteurs du genre humain , dans toutes les branches de leur postérité. Il n'est pas étrange que ce sentiment, qu'on trouve partout , ait reçu de fausses applications ; mais pour que le fond même en tut faux, il faudrait de deux choses l'une : ou que Thomme eût été originairement formé avec une pente invincible vers l'erreur, ou du moins que la vérité, pour laquelle il était né, fût sortie du monde aussitôt (|u'elle avait pu y paraître , sans qu'on puisse espérer de l'y voir rentrer.