CHAPITRE XII
D. Sur quoi la jurisprudence ou la science des lois fonde-t-ellc sa certitude ?
R. Sur l'autorité du sens commun.
D. Comment cela ?
R. Tous les législateurs et jurisconsultes conviennent que l'équité naturelle est le fondement , la règle , l'interprète, le supplément des lois ; ou plutêt la loi unique, appii* quée par le législateur aux cas oui se présentent communément. Or l'équité naturelle n'est autre chose que le sentiment de ce qui est juste ou injuste. En sorte que si , comme on dit , la loi est le sens commun , la raison écrite : la raison , le sens commun , c'est la loi non écrite. Voyez le Traité des Lois , par Domat • et les Motifs du Code civil : partout vous rencontrez cette maxime , proclamée^ entre autres, par Bi^ot dePréameneu, lorsque il présenta le projet de loi sur les donations et testaments : « Au milieu de ces discussions il est unçuide que l'on peut suivre avec sûreté : c'est la voix que la nature a fait entendre à tous les peuples , et qui a dicté presque toutes les législations. »
{Dix-neuf.)
GATÉGHISMIS
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D, La médecine s'appuîc-t-elle sur un autre fonderocnt?
H. Parmi ces dircrs systèmes , admis par les uns et rejetés par les autres^ certains pour ceux-ci et faux pour ceux-là, oui se succèdent dans la méoecine depuis plus de deux mille ans » il n y a et ne peut y avoir d'incontestablement certain , c*est-à-<iire de certain pour tout le monde , que les découvertes et observations avouées de tout le inonde, en un mot, que ce qui est appujré sur le sens commun. Aussi le célèbre médecin Baglivi dit-il dans ses Monita praxeoi medicœ, cap. T : Nous conjurons inâtamtnent les mé^ decim de te servir également des modernes et des anciens, et dans la lecture des uns et des autres de s'attacher uniquement à une seule chose, à recueillir les régies , les avis et les remèdes éprouvés pendant longtemps, et d*une certitude tellement reconnue qu'aumilieuméme des fluctuations de cette vie mortelle Us aient paru toujours mériter quelque considération et avoir quelque vertu.
I). Que peut-on conclure contre les géo^ mètres, les jurisconsultes, les médecins, qui n'admettraient pas le sens commun comme le fondement et la règle de la certitude?
R. Les géomètres , les jurisconsultes , les médecins qui n'admettent pas le sens commun comme le fondement et la règle de la certitude doivent en conclure eux-mêmes
3ue les sciences dont ils s'occupent, privées e fondement et de règle, ne sont que des édi* fices bâtis jen l'air, de savantes chimères qui ftont aux grandes personnes ce que sont les contes de vieilles femmes aux petits enfants.