‹ Cathédrale d'Amiens. Les stalles et les clôtures du choeurChapitre 20 sur 28 · DÉTAILS DE LA VIE DE SAINT FIRMIN · texte numérisé non relu

DÉTAILS DE LA VIE DE SAINT FIRMIN

Cette portion de la légende, divisée en treize jolis cartouches quadrilobés, forme la décoration du soubassement au milieu duquel s'ouvre la niche tombale d'Adrien de Hénencourt. Elle embrasse la vie de saint Firmin depuis son baptême jusqu^à son entrée à Amiens, ainsi qu'il suit :

Ir. ~~ Le baptême. L'enfant est plongé dans la cuve jusqu'aux reins. Un prêtre assisté d'un clerc verse l'eau. Le père, la mère et toute la famille se pressent autour, les hommes à droite et les femmes à gauche.

2e. — L'éducation. Le saint, au milieu d'autres enfants, se tient debout près du prêtre, maître d'école, dont il écoute la leçon. Le mobilier de Técole se compose de bancs pour les enfants, d'un siège pour le maître et d'une planche accrochée à la muraille pour recevoir des hvres.

3e. — Le baptême de Firme. Saint Saturnin de Toulouse administre le sacrement au père de saint Firmin. Il est assisté de deux diacres en tunique dont Fun lui soulève la chape sur le bras gauche, et l'autre lui présente le rituel. D'autres personnes, femmes^ enfants et gens de toute sorte se dépouillent de leurs habits pour recevoir le sacrement.

4^. -- La prédication. Agé de dix-sept ans^ saint Firmin supplée le prêtre Honeste dans le ministère de la prédication. Il est revêtu du surplis et porte la chausse. L'auditoire environne la chaire, les femmes au centre et assises , les hommes autour, debout et la tête couverte.

5^. — Le sacre. Firmin reçoit la bénédiction de l'archevêque Honorât de Toulouse^ tandis que deux évêques lui imposent la mitre. Des clercs tiennent les crosses.

6«'. — Saint Firmin en Auvergne. Arcade et Romulus, dont la conversion marqua le passage du saint en Auvergne, sont à genoux devant lui.

7^. — Saint Firmin à Angers. Il aide dans les fonctions du saint ministère Auxilius, évêque du lieu.

8^ — Construction d'une église. On voit l'évêque debout au milieu des maçons et tailleurs de pierre, bénissant les travaux en pleine activité : les portes et les murailles de la ville se dessinent à Fentour.

9^ — Guérisons. Un concours d'êtres infortunés , parmi lesquels on distingue un paralytique sur un traineau, un homme à jambe de bois, une femme bossue, un enfant porté à dos, réclament la protection du saint, dont la main est en effet levée pour les guérir.

IQe. — Guérison de lépreux. Tout les fait reconnaître : leur costume de couleur sombre, leur isolement au milieu de la campagne^ les cliquettes qu'ils tiennent à la main pour avertir au loin de leur approche.

11^. — Guérison d'un aveugle. Le saint lui touche l'œil.

i2e. — Autre guérison, opérée par la vertu de l'onction sainte et du signe de la croix.

13^ — L'exorcisme, ou guérisons de possédés. On voit sortir un petit diable ailé de la bouche d'un homme.

Tous ces miracles sont empruntés aux actes du saint.

TOMBEAU D'âDRIEN DE IIÉNENCOURT.

La statue couchée de cet illustre bienfaiteur des églises et des pauvres, à la fois donateur et donataire du monument, fait pendant, dans sa niche funéraire, avec l'évêque son oncle. Il est en chasuble , étendu sur une simple natte de joncs qui s'enroule au chevet pour recevoir la tête nue et tonsurée. On peut présumer que cette statue a été faite d'après nature. Nous trouvons en effet dans les comptes d'exécution du testament qu'une somme de (( lxvh sous a été paiée à Guillaume Larguien pour avoir tiré et faict le pourtrait dudit gisant d'homme mort. •» L'exécution fut confiée à Ventailleur Antoine Anquier et payée xxnn livres, y compris celle de quatre statues représentant les docteurs de TEglise^ et qui appartenaient à la clôture de la travée suivante , remplacée depuis , partie par un mur ignoble , partie par une grille. (( Pour paindre^ estofîer et décorer

le gisant ou représentation d'un homme mort et les

quatre docteurs... » il a été payé xxnn livres.

L'airain qui avail reçu l'éloge du défunt, aussi bien que la plaque consacrée à Ferry de Beauvoir, n'a pu échapper à la cupidité du gouvernement révolutionnaire. Le texte des épitaphes a été heureusement conservé par nos historiens.

COTE DE UEVANGILE.

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