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Reconstruction des piliers

L’ancienne fondation romane du pilier N.-E. fut arrasée à 0m,25 au-dessous du niveau des transepts; pour la relier avec le massif en béton couvrant les tubes, on incrusta, moitié dans le béton, moitié dans la maçonnerie romane, quatre pierres de lm,50 de longueur.

Ce fut au-dessus de la première assise, dépassant le dallage de 0m,10, que la première pierre fut solennellement posée par M§r Didiot, évêque de Bayeux et de Lisieux, le 11 novembre 1856, un an après le commencement des travaux.

Afin de relever des gabarits reproduisant exactement les formes anciennes, on réunit dans le chantier, pour servir d’épure, une assise de chaque section différente du pilier. Les repères, placés sous les chevalements, déterminèrent la position des colonnettes devant supporter les chapiteaux des grands arcs; et on se régla sur les parties correspondantes des arcades inférieures, pour les colonnettes qui devaient correspondre à leurs arcs.

Il fallait obtenir un pilier dont le tassement fût insensible au moment où l’on

DESCRIPTION DES TRAVAUX

ferait reposer sur lui le poids de la tour; aussi la maçonnerie en pierre de taille, par assises réglées, fut-elle préférée à un simple parement recouvrant un blocage en moellons, dont l'ensemble eut été moins homogène. On adopta, au lieu de l’appareil convergent dont la pose eût été plus facile, l’appareil rectangulaire qui offrait une liaison plus grande et donnait moins de déchets à la taille. Les assises, dont la hauteur variait de 0ra,35 à 0m,53, alternaient régulièrement de deux en deux, leurs joints verticaux étant toujours espacés de 0ra,20 au moins. La figure ci-dessous donne, par un trait plein et par un trait pointillé, la dis-

position des deux assises alternées dans le pilier S.-E. Lorsque la dimension des pierres le permettait, on diminuait le nombre des joints, sans changer la disposition de l’assise.

La taille de la pierre [sur le chantier était approchée à 5mm de la surface définitive, afin de ne laisser que la marge strictement nécessaire pour la pose et le ravalement.

La facilité d’aborder le nouveau pilier permit de poser toutes les pierres à la louve; elles étaient accrochées à un palan qui pouvait glisser sur une poutre, mobile elle-même entre les chevalements, de sorte quelles étaient transportées au-dessus du point désigné pour leur emplacement. Chaque assise terminée

était dérasée, afin d’obtenir un lit parfaitement horizontal qui, lors de la pose de l’assise suivante, assurât la verticalité des moulures superposées.

Le mortier était préparé avec peu d’eau et on le manipulait longtemps pour arriver à lui donner de l’onctuosité; il contenait 100 kilogrammes de ciment de Portland par mètre cube; ainsi composé, il ne devait se trouver en contact qu’avec des pierres bien mouillées, qui ne pussent pas l’assécher. On égalisait le mortier au moyen de règles, en donnant au joint une épaisseur de 7mra; puis on mouillait sa surface, pour faciliter son glissement et sa répartition plus exacte; on assurait ensuite la pierre au moyen de quelques coups de dame. Le mortier, dans ces conditions, durcit rapidement; l’eau qui a été versée, soit sur l’assise, soit sur le mortier, ne se mélange pas avec ce dernier; elle est rapidement absorbée par la pierre. La prise du mortier est accélérée par la pression, et les combinaisons chimiques ont lieu avec d’autant plus d’énergie que l’excès d’eau est moins considérable.

On aurait pu poser facilement une assise par jour, mais le manque de ressources imposa souvent une marche plus lente ; le pilier N.-E. , commencé avec le mois de novembre, n’arriva sous les chevalements que le 19 mars. En montant le pilier, on raccordait avec lui en même temps les petites arcades et les montants des fenêtres; ces parties, restaurées avec les dimensions anciennes, étaient faites en pierres d’Orival, et la pierre d’Aubigny ne resta apparente que pour le pilier et les deux premiers voussoirs de chaque arcade contiguë.

Arrivé à 0ra,80 des chevalements, on voulut, avant d’opérer le raccordement delà nouvelle maçonnerie avec l’ancienne, se rendre compte du tassement qu’éprouverait le pilier au moment de la mise en charge. A cet effet, on produisit une compression, au moyen de dix verrins posés sur la dernière assise et dont les têtes s’appuyaient sous les constructions supérieures, par l’intermédiaire de fortes semelles en chêne. Des expériences préalables avaient donné, pour un effort de 18 à 22 kilogrammes agissant sur le levier du verrin, un poids soulevé de 2,000 kilogrammes, c’est-à-dire un effort vertical cent fois plus considérable que la force appliquée sur le levier.

Un premier serrage des verrins eut lieu le 3 mars; le lendemain, on augmenta

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la pression, et l’on expérimenta l’effort nécessaire pour faire marcher un verrin. Il fallait une force de 290 kilogrammes appliquée à l’extrémité du levier, ce qui correspondait, pour les dix verrins, à une pression verticale de 290,000 kilogrammes. Mais cette pression ne doit être estimée qu’à 200,000 ou 250,000 kilogrammes; car il est à croire que les frottements augmentaient, par le grippement, plus que proportionnellement à la pression.

Par suite de cette compression, les coins, enfoncés entre les poutres inférieures et supérieures du chevalement, furent desserrés, les uns complètement, les autres en partie. Le tassement total du pilier n’atteignit pas 2“m; et cette quantité, quelque petite quelle soit, ne peut être que trop forte, parce que le point de repère était pris sur les poteaux qui se relevaient à mesure qu’on les déchargeait. Cette expérience prouva que le soin apporté à la confection des mortiers et à la pose de la pierre rendait les tassements presque insensibles, surtout si l’on donnait au mortier le temps de sécher, avant que la tour ne vînt reposer sur les nouveaux piliers.

Les verrins étant enlevés , les assises furent posées jusque sous les chevalements, entre lesquels on installa une large pierre sur des cales en plomb ; on compléia au-dessus le raccordement des constructions, puis on serra, après coup, le joint inférieur par un battage énergique. Comme la planche XIV donne le détail de la jonction des nouvelles constructions aux anciennes pour le pilier S. -O., nous remettons la description de cette opération longue et minutieuse au moment où nous parlerons de ce pilier.

L’enlèvement successif des différentes parties du chevalement, remplacées au fur et à mesure par la pierre, dura du 19 mars au 22 avril. A cette époque, le pilier N.-E. était complètement terminé; il manquait toutefois quelques pierres que l’on ne pouvait placer qu’après avoir reconstruit le pilier du chœur et réparé le mur du triforium.

Le poteau qui se trouvait dans le chœur, près du pilier N.-E., et qui pesait de 12,000 à 13,000 kilogrammes, fut transporté d’une seule masse près du pilier S.-E., au moyen de palans attachés aux fermes; celui qui se trouvait dans le transept Nord fut démonté et replacé dans le transept Sud. Ces deux poteaux

et les deux précédemment placés près du pilier S.-E. portèrent le chevalement, qui fut alors disposé au-dessus de ce pilier. Ce travail fut terminé le 16 mai 1857.

Non-seulement on démolit le pilier N.-O. avant d’avoir reconstruit le pilier N.-E. , maison se décida aussi, dès que le pilier N.-E. eut atteint une hauteur de 14 mètres et offrit un point d’appui suffisant, à restaurer la partie Nord du chœur, en enlevant et reconstruisant en même temps le premier pilier et la partie du triforium situés au-dessus de la première arcade. .

Le mur formant le fond de la galerie du triforium était percé de fenêtres à l’étage supérieur, et portait au-dessus les chéneaux et la balustrade extérieure; il était séparé, par le passage des galeries du triforium et de l’étage supérieur, du groupe de colonnettes recevant les arcades du triforium ainsi que la retombée des grandes voûtes. Ce mur, relié dans toute sa hauteur avec le pilier N.-E., avait suivi le mouvement de descente en glissant sur l’arcade, au-dessus de laquelle il se trouvait en porte-à-faux (pl. XV, fig. 2) ; il s’était lézardé obliquement, depuis la fenêtre supérieure, près du pilier, jusqu’à la clef delà deuxième arcade, et d’autres lézardes parallèles se montraient dans les travées plus éloignées. Les parties supérieures de l’édifice, conservées intactes, reposaient sur le groupe de colonnettes intérieures.

La planche VIII représente les lézardes de cette partie du monument. Leur direction indique que le mur, tout en descendant, tombait vers le pilier, et produisait, par conséquent, une poussée horizontale très-intense, à laquelle les

étayements et les étrésillonnements, représentés dans la planche II, ne pouvaient résister que d’une manière incomplète; aussi ce ne fut qu’au moment du serrage des grandes fermes, que la cause de ces désordres fut arrêtée. Le premier pilier du chœur était rompu obliquement, à partir des chapiteaux en face du. pilier N.-E., jusqu’aux bases du côté opposé; le deuxième et le troisième piliers avaient aussi des jsints écrasés par l’effet de la poussée horizontale. Tous ces désordres étaient graves par eux- mêmes et menaçaient de s’étendre, de proche en proche dans tout le chœur; on ne pouvait donc y remédier trop tôt.

Le mur du triforium fut soutenu par un arc en décharge noyé dans le tympan et s’appuyant sur le nouveau pilier N.-E. ; les cintres des arcades inférieu-

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res furent renforcés par quatre étais fortement serrés; et un chevalement, traversant le mur de part en part, fut établi à 2 mètres au-dessus du pilier du chœur. On put alors commencer la restauration de ce côté de l’édifice, en en reprenant, l’une après l’autre, les parties suivantes : le pilier jusque sous le chevalement; les deux arcades qui s’appuient sur ce pilier; et le mur du triforium.

Le pilier fut fait en pierre d’Orival ; on observa la hauteur des anciennes assises, et on employa les vieilles pierres qui n’avaient pas été détériorées ; audessus des chapiteaux, et dans le massif des voûtes du bas-côté, furent placées de longues pierres dures, faisant saillie, et destinées à porter le contre-fort et des arcs en décharge. Le mur du triforium fut étayé, la première arcade du chœur fut reconstruite en entier, et les parties défectueuses de la deuxième arcade furent remplacées. Ces arcades reportèrent sur le pilier la charge verticale, et l’on put enlever le chevalement et le remplacer par des pierres venant renforcer la saillie dans les voûtes du bas-côté. On resserra alors l’étrésillonnement placé dans la galerie du triforium, pour soulager le mur de la charge qu’il pouvait encore porter; on put ainsi démolir ce mur tout entier jusqu’à la grande lézarde, construire les arcs en décharge dans 1 épaisseur des voûtes du bas-côté, et poser sur ces arcs le mur du triforium, tout en le reliant avec l’ancienne construction et avec le pilier N.-E. Cette restauration, commencée au mois d’avril 1857, fut terminée au mois d’août de la même année.

En même temps que l’on démolissait le premier pilier du chœur, on commençait la reprise partielle du premier pilier de la nef, au Nord, et la restauration de l’arcade qui le joignait au pilier N.-O. De sorte que, pendant le mois d’avril, on travaillait simultanément : à terminer la jonction du pilier N.-E. avec la tour, à poser les assises du pilier N.-O., à démolir le pilier du chœur et à refaire la première arcade de la nef.

Les mêmes vices de construction, que nous avons constatés dans les piliers supportant la tour, se retrouvent dans ceux de la nef. Le pilier roman primitif avait été entouré, à la fin du douzième siècle, d'une nouvelle maçonnerie, et cette reprise partielle, qui n’était pas homogène avec le noyau, s’y trouve naturellement

mal reliée. La coupe du pilier, représentée dans la planche XVI, fig. 5, montre la forme du pilier primitif et la disposition du revêtement ajouté probablement Jors delà reconstruction de 1161 à 1231. Les colonnes et le parement du pilier roman ont été en partie enlevés, comme on le voit dans les élévations des piliers de la croisée. Les bases étaient complètes dans l’intérieur de la maçonnerie ainsi que les tailloirs des chapiteaux, qui sont encore apparents du côté de la nef. Ces piliers, malgré leur forte section ( 4 mètres carrés ), sont peu solides; ceux voisins des piliers N.-O. et S. -O. n’avaient pu résister aux pressions occasionnées par l'affaissement de ces piliers; les lézardes qui s’étaient produites prouvaient que les constructions s'étaient séparées. Il était donc indispensable de reprendre, au moins en partie, les deux piliers de la nef, et, comme les arcades qu’ils supportaient durent être en partie démolies, à cause de leur mauvais état, on en profita pour rétablir les anciennes arcades romanes, à la place des arcades ogivales qui rompaient l’uniformité de la nef. Ces arcades dataient du quatorzième siècle, elles avaient été faites en même temps que l’enveloppe ogivale des piliers de la croisée; elles tombaient gauchement sur ces piliers, dont elles mettaient la partie supérieure en porte-à-faux. En les démolissant, on a trouvé dans leur maçonnerie des moulures et des voussoirs de l’arcade romane primitive, employés comme moellons de remplissage.

Au mois de mars 1857, on reprit en sous-œuvre environ un quart de la section de ces piliers de la nef, et l’on coula, dans les fentes intérieures, du ciment qui parvenait jusque dans les fentes apparentes sur les autres faces. Cette dernière précaution complétait suffisamment la consolidation de piliers trop forts pour le poids qu’ils ont à supporter. Les arcades romanes, au-dessus de ces piliers, furent exécutées semblables à celles du reste de la nef.

Le pilier N.-O., commencé le 16 février 1857, fut terminé le 2 juillet; les poteaux qui portaient le chevalement, étant ainsi devenus libres, furent transportés au pilier S. -O. A ce moment, les travaux les plus importants du côté du Nord se trouvaient assez avancés pour assurer toutes les conditions d équilibré ; il ne restait plus qu’à raccorder les parties supérieures du pilier et restaurer les fenêtres du transept et de la nef; mais avant on voulut remplacer les fermes

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portant le côté Sud, par la maçonnerie des piliers S.-E. et S. -O., et faire ainsi disparaître les dangers que le bois pouvait présenter en pourrissant ou en brûlant.

Le pilier S.-E. fut déchargé au moyen des poteaux et des chevalements qui avaient servi au pilier N.-E., et sa démolition fut exécutée du 18 mai au 16 juin. Le noyau roman fut trouvé beaucoup plus complet que dans les autres piliers. C’est û cette cause que l’on doit rapporter la meilleure conservation de cette partie de l’édifice, la maçonnerie primitive ayant conservé assez de corps pour résister seule ou presque seule à la pression.

Le côté Sud du chœur ne présentant que des fentes de peu d’importance, on n’eut à enlever que le pilier S.-E. seulement, et, en le reconstruisant, on put le raccorder au fur et à mesure avec les parties voisines. L’assise sous les chevalements fut placée le 7 septembre; mais là, on trouva une difficulté spéciale pour la jonction de ce pilier avec les parties supérieures. Dans l'angle de la tour, il y avait un escalier, indiqué en pointillé dans la planche XXIII. Dix-huit mois auparavant, nous l’avions découvert a 5 mètres au-dessus des chapiteaux, et nous avions eu soin de le déblayer des pierres sèches dont il avait été rempli, et d’y substituer un bon blocage. C’est la continuation de cet escalier que nous retrouvions en ce moment. On ne pouvait pas laisser au-dessus du nouveau pilier des maçonneries dans d’aussi mauvaises conditions; il fallut continuer la démolition de la partie centrale de la maçonnerie, jusqu’à 2 mètres au-dessus des chevalements ; puis, après avoir reconstruit cette partie, en employant toujours du ciment qui durcissait en peu de temps, on put serrer la pierre centrale, et remplacer chaque chevalement en multipliant les étais provisoires.

Parallèlement à ce travail, et après la reconstruction du pilier N. -O., on avait commencé, le 24 juillet, la démolition du pilier S.-O. resté le dernier. Le 7 septembre, on posait la première pierre : la trente-quatrième assise fut mise en place le 18 décembre, mais la jonction avec les anciennes constructions ne fut terminée qu’à la fin de janvier 1858.

La planche XIV, qui représente le chevalement du pilier S.-O. et la position des dernières pierres delà reprise en sous-œuvre, nous facilitera la description

EXÉCUTÉS A LA CATHÉDRALE DE BAYEUX. 9i

de l’opération délicate et importante du raccordement des nouvelles maçonneries avec les anciennes. Cette planche donne (fig. 1) un plan des chevalements et représente leur élévation (fig. 2). Les figures 3, A et 5 montrent le travail de jonction à differents degrés d’avancement.

La trente-quatrième assise arrivait jusqu’aux chevalements, sans les toucher; au-dessus, on avait réservé entre les deux poutres supérieures un intervalle de lm,30;ce fut dans cet espace que l’on pratiquait, par un côté, un premier évidement d’un peu plus de 1 mètre de hauteur au-dessus des chevalements. On plaçait d’abord deux pierres A et B de la trente-cinquième assise à la hauteur des poutres inférieures, puis on glissait, sur quatre cales en plomb, la pierre centrale de la trente-sixième assise, dont le joint inférieur ne devait être fait qu’après le raccordement des assises supérieures; on posait dessus deux pierres de la trenteseptième assise et trois de la trente-huitième. Il restait un espace vide de Gm,15, qu’on remplissait avec un blocage en moellons durs chassés au marteau dans un mortier en ciment. On arrivait ainsi à faire une maçonnerie dans laquelle le mortier, fortement comprimé, faisait prise très-rapidement, et pouvait supporter immédiatement une grande pression. Beux ou trois jours après, on procédait au remplissage du joint inférieur de la pierre centrale. Pour mouiller complètement les surfaces des pierres, on inondait le joint avec de l’eau retenue pendant quelque temps à un niveau supérieur, au moyen d’un godet en plâtre; on le remplissait ensuite avec un mortier composé mi-parti de sable et ciment de Portland. L’eau, restée adhérente à la pierre, humectait la surface du mortier sans le délayer, et lui permettait ainsi de glisser et de transmettre la pression, lorsque, le joint une fois plein, on venait à le serrer. Le mortier était poussé dans le joint avec une planchette; puis, lorsqu’elle ne faisait plus d’effet, on introduisait, sur le pourtour du joint, du ciment en poudre afin d’absorber l’humidité qui ressortait du mortier comprimé, en interposant une corde pour empêcher le mortier de revenir, et alors on le frappait avec une batte en fer, de 20 à 25 kilogrammes, manœuvrée à la main. L’extrémité qui frappait le mortier avait 8mra d’épaisseur sur une largeur de 60mra, et affectait une forme

concave.

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On serrait ainsi les quatre côtés à la fois, jusqua ce que les coups devinssent sonores; on terminait alors l’opération par trois ou quatre volées, en chassant la batte à la masse. Chacun de ces derniers coups faisait résonner les vofites de l’église, ce qui indiquait la liaison parfaite des deux maçonneries. La pierre centrale, ayant lm,40 sur im,15, soutenait directement la tour sur une surface de Im\61 ; et eût-elle été chargée de tout le poids que le pilier était destiné à supporter, quelle n’aurait travaillé qu’au coefficient de = 57 kilogrammes

par centimètre carré, soit moins d’un cinquième de 320 kilogrammes, charge de rupture.

On pouvait dès lors enlever la poutre S et la remplacer par la pierre de taille, faire, entre deux assises, un serrage analogue à celui du joint inférieur de la pierre centrale, et doubler ainsi la section résistante. Les poutres R, Q et P étaient enlevées successivement, et remplacées au fur et à mesure par de la maçonnerie toujours serrée de la même manière.

Après cette opération exécutée au pilier S.-O., tous les chevalements des naissances se trouvaient remplacés, et les piliers reconstruits étaient prêts à porter la tour.

Nous donnons ci-après un tableau des principales dates de la démolition et de la reconstruction de chaque pilier.

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