‹ Cathédrale de BayeuxChapitre 20 sur 33 · FINIE LE · texte numérisé non relu

FINIE LE

Nord-Est. . .

26 juillet 1856

26 août 1856.

18 septembre 1856

27 octobre 1856.

19 mars 1857.

22 avril 1857.

Nord Ouest.

20 aoi'it 1856.

12 septembre 1856

13 décembre 1856.

1 1 février 1857.

16 mai 1857.

2 juillet 1857.

Sud-Est

4 mai 1857.

16 mai 1857.

18 mai 1857.

16 juin 1857.

7 septembre 1857

1 1 nov. 1857.

Sud-Ouest. .

3 juillet 1857 .

25 juillet 1857.

24 juillet 1 857.

7 septembre 1857

lSdécemb. 1857.

25janv. 1858.

Avant de desserrer les fermes, on réparait les parties dont la destruction avait été causée par l’affaissement des piliers. Si l’on en excepte la partie Sud du chœur, qui ne fut l’objet que de reprises insignifiantes, toutes les arcades contiguës aux gros piliers furent plus ou moins entièrement reconstruites, au nombre de qua-

torze. Pour compléter les abords du pilier N.-E., il fallut reprendre la moitié de l’arcade du transept donnant entrée dans les bas-côtés du choeur, la fenêtre audessus et les voûtes des bas-côtés; puis, toutes les maçonneries terminées, refaire les combles en partie enlevés pour la pose des poteaux.

Lorsque la maçonnerie de ces arcades fut terminée et raccordée avec celle du gros pilier, on enleva les cintres et les blindages pour reprendre l’arceau dans ses parties endommagées, replacer les voussoirs qui pouvaient resservir, et remplacer ceux qui avaient été broyés. Toutes les sculptures ne furent terminées que sur le tas. Dans le transept Nord les deux fenêtres, au-dessus des arcades des bas-côtés, durent être reconstruites en entier, ainsi que le mur placé au-dessus et la balustrade extérieure; la clef de leurs arcs était descendue de 80mm. On commença par rétablir le parement intérieur, puis on démolit la masse du mur, en la remplaçant provisoirement par des étrésillons qui maintenaient seulement l’écartement. On évita ainsi de produire une nouvelle pression qui eût augmenté les désordres dans les angles du transept. L’escalier donnant accès dans les combles, et qui se trouvait dans les contre-forts d’un de ces angles, fut restauré par la suite.

Près du pilier N. -O., la fenêtre de la nef fut rétablie de la même manière, ainsi que les voûtes et arcades inférieures. Autour des piliers S.-E. et S. -O les réparations furent moins considérables ; outre les raccords, on fit à la première arcade de la nef la même modification que du côté Nord. On reprit par parties le premier pilier de la nef, et, comme il était plus fortement endommagé que le pilier en face, et que son intérieur était aussi broyé que celui des piliers de la croisée, on dut remplacer la moitié de sa section; le cœur en moellons fut enlevé tout entier, et, dans les parties conservées, on coula du ciment pour remplir les fentes. L’arcade romane primitive et les aplombs furent rétablis, à la place de l’arc ogival qui rompait l’uniformité de la nef, en diminuant la section du pilier S.-O. Ce furent au reste les seules parties de l’édifice dans lesquelles la reconstruction ne fut pas la reproduction exacte des parties démolies.

Une autre réparation importante fut exécutée sous la tour, c’est celle des voussoirs des grands arcs. Lorsqu’on put enlever le blindage qui garnissait les

cintres des anciens échafauds, on les trouva en meilleur état que l’on ne pouvait l’espérer; l’arc Ouest nécessita seul une reprise assez complète; pour les trois autres, il suffît de changer les claveaux brisés et de reposer ceux qui avaient bougé.

Nous ne nous arrêterons pas davantage aux travaux de réparation, de raccordement, de ravalement et de sculpture, qui remplirent les années 1858 et 1859, et nous allons terminer notre description par quelques mots sur le desserrage des grandes fermes et l’enlèvement des échafauds.

§ 4. Enlèvement des éebafands.

Après la construction des piliers N.-E. et N.-O., deux de leurs poteaux ayant été transportés près des piliers S.-E et S.-O., on démonta les autres devenus inutiles et encombrants. Le 7 août 1857, on déposa l’ancien échafaud de l'arcade Nord, sauf le cintre que l’on fît reporter sur les fermes; à la fin du même mois, on commençait à démonter les étrésillonnements des baies du chœur, et ce travail de déblayement fut poursuivi dans les différentes parties de l’édifice, au fur et à mesure de l’achèvement des réparations. Lorsque les deux piliers Sud furent terminés, on enleva les poteaux, puis les anciens échafauds, comme dans l’arcade Nord.

Les fermes restaient donc seules, portant toujours la tour, car les nouveaux piliers n’étaient chargés que du poids des tympans; et il s’agissait de reporter sur eux le poids total, en enlevant les fermes sans secousses et en ne diminuant leur action que graduellement.

Les soins que nous avons pu apporter à la pose, grâce aux facilités ménagées pour la construction, et la réussite complète du mode de jonction, nous donnaient l’assurance d’un tassement uniforme des quatre piliers; d’un autre côté» l’expérience faite avec des verrins sur le pilier N.-E., avant la pose des dernières assises, nous permettait d’espérer que le tassement définitif serait très-faible.

Cependant l’état de tension des maçonneries de la tour carrée, dû aux écrasements inégaux des anciens piliers, obligeait à procéder au décintrement, peu à peu et sur tous les côtés à la fois.

Dans le but de constater les mouvements qui pourraient se produire pendant l’opération, on installa, sous les grands arcs, huit fils à plomb, deux par pilier se contrôlant mutuellement. Pour constater le mouvement de descente de la tour, une tige en fer rond de 15mm fut placée près du pilier S.-E. ; à son extrémité, on fixa une aiguille donnant des indications d’un dixième de millimètre. Près des autres, piliers, on se contenta de fils de fer de 4mra de diamètre, faisant mouvoir une aiguille semblable. On redressa les fils de fer en y suspendant un poids de 280 kilogrammes, pendant vingt-quatre heures (la tension produite était de 24 kilogrammes par millimètre carré) ; il fut ensuite remplacé par un poids de 35 kilogrammes. Les maçonneries furent visitées avec soin, et des repères placés dans les endroits où un mouvement était possible.

Le 22 juin 1858, on commença le desserrement en faisant glisser, pour les deux fermes d’une même arcade, les pieds des étais du milieu sur leurs semelles; puis on desserra les vis d’un sixième de tour, ce qui produisit un relâchement vertical de lmra,6. Cette opération, faite pour toutes les arcades, fut répétée le même jour, ce qui porta le relâchement à 3min,2; mais l’élasticité des bois tendant à leur faire reprendre leur longueur primitive, toutes les pièces restèrent à joint comme auparavant. Les aplombs s’étaient conservés, et les aiguilles des fils de fer indiquèrent une descente de la tour de 5 à 8 dixièmes de millimètre. Quatre hommes suffisaient pour desserrer les vis, et le faisaient avec moins d’effort que cinq hommes n’en avaient employé pour les serrer; il serait possible que le temps sec et chaud, qui durait depuis longtemps, eût produit une dilatation des piliers et peut-être un retrait des bois qui, avec la pression produite par le bourrage du dernier joint, avaient chargé les piliers, en diminuant la tension primitive des fermes.

Le 24 juin, voyant que la descente ne continuait pas, on fit, en deux fois, desserrer toutes les vis de 3mra,8, et le mouvement de descente de la tour recommença. Le 26, après un nouveau jour de repos, on desserra les vis en deux fois

DESCRIPTION DES TRAVAUX

de 5mn\ ce qui porta le relâchement total à 12mm; alors seulement les chevalements craquèrent en se redressant, et l’on put voir des jours très-fins entre quelques étais et leurs semelles supérieures. A ce moment, on se décida à faire descendre toutes les vis, de manière à produire un jour bien marqué au-dessus de tous les étais, et l’on desserra les tirants des naissances. Le 27, on constata que l’écartement des piliers n’avait pas dépassé lmm, et même quelques fils â plomb n’indiquèrent aucun mouvement. Quant à la descente, elle n’avait pas augmenté depuis le 25; elle était de lmm,2 pour les piliers N.-E. et N.-O., de lmm,9 pour le pilier S.-O., et de 2mm,8 pour le pilier S.-E. Les déterminations de mouvements aussi faibles dans un édifice aussi considérable sont très-difficiles; le moindre souffle dérange le fil à plomb, et les températures très-variables, à cause des réverbérations et des courants d’air, modifient la longueur des tiges en fer, et rendent incertaines les corrections de dilatation fournies par un seul thermomètre.

Toutes les fenêtres supérieures, dont les arceaux reposent sur la tour, indiquèrent ce mouvement de descente par une très-légère fissure qui allait en mourant de l’intrados à l’extrados, et qui ne s’est pas accrue depuis. Tous les tassements s’étaient donc produits, et l’équilibre définitif était assuré.

Le mois suivant, à l’occasion de la visite que l’Empereur vint faire à la cathédrale de Bayeux, les fermes furent démontées et enlevées en huit jours, pour débarrasser l’édifice et permettre de juger dans son ensemble du résultat des travaux.

Le travail était en effet terminé; le mouvement de descente de la tour, qui, écrasant ses appuis disjoints, menaçait d’entraîner en même temps le reste de l’édifice, avait d’abord été ralenti par les blindages; il avait été arrêté par l’établissement des fermes, pour lesquelles on avait dû engager dans le sol de vastes fondations; les piliers avaient pu ensuite être reconstruits très-solidement, et ils soutenaient la tour qui n’avait subi aucune altération, depuis le moment où elle avait reposé sur les fermes. Ces piliers, non-seulement peuvent supporter le couronnement que l’on ajoutera un jour à la tour, mais encore ils forment, au centre de l’édifice, quatre masses qui arrêteront toutes les poussées des parties

EXÉCUTÉS A LA CATHÉDRALE DE B A YEUX

environnantes, et ils offrent, au lieu d’une cause de ruine, un point d’appui pour tout le reste de la cathédrale.

Les piliers ne supportent actuellement, au plus, qu’un dix-huitième de la charge de rupture, et ils peuvent sans danger travaillera un coefficient double; comme ils n’ont pas la même section, ils ne supportent pas la même charge parcentimètre carré, et voici comment les pressions se distribuent à la base de chaque pilier :

Page 1