‹ Catherine; comedie en quatre actesChapitre 36 sur 48 · CATHERINE, FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

CATHERINE, FRÉDÉRIC

Catherine, à son frère.

Tu avais à me parler?

FRÉDÉRIC

Je voulais le demander si tu voulais me

donner... un pcl.it peu d'argent.

Comment? Tu as déjà tout dépensé?

Oui.

Je t'ai donné cinquante francs il n'y a pas huit jours.

FRÉDÉRIC

Ben, qu'est-ce que tu veux? Ils n'étaient pas «ternels, ils sont filés.

A quoi?

FRÉDÉlIfi

Est-ce que je sais? J'ai fait raccommoder ma bicyclette, je me suis payé un monocle, une boîte de cigares.

Une bien mauvaise habitude que tu as prise là de fumer.

FRÉDÉRIC

Ça ne me fait pas de mal. Enfin, je n'ai plus

le sou. Vlà le fait. C'est toi qui tiens ma caisse, faut bien que je te demande quand je suis à sec.

Tu vas beaucoup trop vite. Cinquante francs par semaine ! Deux cents francs par mois ! Tu n'imagines pas que je vais te mettre sur le pied de dépenser ça à quinze ans!

FRÉDÉRIC

Seize ans dans trois semaines.

Tu n'es pas raisonnable, mon pauvre petit, tu manques de mémoire et même un peu de cœur. Mais rappelle-toi donc ce que c'était que cinquante francs pour nous, il n'y a pas encore un an !

FRÉDÉRIC

Je me rappelle très bien. Mais puisque c'est Jini. Maintenant qu'on est riche et duc, à nous, à nous!

Tu n'es pas riche, nous ne sommes pas riches.

FRÉDÉRIC

Avec ça !

Il n'y a pas de : avec ça! Et tu n'es pas duc, tu n'es que mon frère : Frédéric Vallon, tout court, sans le sou, comme avant, et si tu continues à paresser comme tu le fais depuis six mois, plus tard tu seras très malheureux et je me demande comment tu gagneras ta vie.

FRÉDÉRIC

Des bêtises! Vous êtes là. Je te connais. Je sais bien comme tu es gentille et que tu ne me laisseras jamais manquer de rien.

C'est ce qui te trompe. Rien ne dispense du travail. Avant tu étais" laborieux, doux, très gentil. Depuis mon mariage il n'y a plus moyen de te faire ouvrir un livre ou apprendre une leçon.

FRÉDÉRIC

Tiens!

Tu es tout changé, et pas à ton avantage...

tu as pris un ton... un genre. Tu es grisé, mon pauvre petit frère.

FRÉDÉRIC

Donne-moi cinquante francs.

Non.

FRÉDÉRIC

Sur mon mois prochain?

Il est déjà entamé il y a belle heure.

FRÉDÉRIC

Sur l'autre, alors?

Non.

FRÉDÉRIC

C'est bon. Je les demanderai tantôt h La duchesse.

Je te le défends !

PHtoiaic A ton mari alors?

CATHEBINE

Oh! non, non, tout, excepté ça! J'aime mieux te les donner. Tiens les voilà. {Elle les lui met dans la ?nain.)

Frédéric, lui sautant au cou.

Je t'adore !

Mais c'est la dernière fois, tu sais.

Frédéric, à part.

Oh ! (// va s'asseoir à l'écart sur un siège puis tire de sa poche un petit livre dans la lecture duquel il se plonge?)

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