‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 105 sur 400 · HABILETÉS DIPLOMATIQUES DE FERDINAND · texte numérisé non relu

HABILETÉS DIPLOMATIQUES DE FERDINAND

il voulait que Henri VIII entrât dans une ligue contre la France, avec le pape, l'empereur et quelques États italiens.

L'idée devait en être suggérée au roi d'Angleterre, de manière qu'il crût en être l'inventeur et en avoir eu l'initiative.

Il fallait que Henri VIII envisageât comme un devoir de conscience de soutenir l'Eglise, le pape, l'empereur et les petits princes chrétiens de l'Italie.

En cas de besoin, on devait user de l'influence de Catherine sur son mari. « Si la reine, disait Ferdinand, « refuse de conseiller la guerre avec la France, il fau- « dra que son confesseur lui montre qu'elle doit le c( faire, et qu'elle y est obligée comme chrétienne, » Depuis qu'elle est souveraine de la Grande-Bretagne, cette princesse pourrait bien être devenue par trop Anglaise. C'est ce que Ferdinand paraît redouter. Aussi il prévoit tous les obstacles et emploie tous les moyens pour les aplanir. Or, comme il peut arriver que le confesseur lui-même ait des scrupules par rapport à cette guerre contre la France, le roi catholique se déciderait à faire demander au pape d'intervenir 'auprès du confesseur de la reine et du roi d'Angleterre lui-même.

On voit quels sont les singuliers artifices diplomatiques de Ferdinand; déjà il comprend que sa fille ne défère plus aveuglément à ses conseils, et qu'il a besoin de faire agir auprès d'elle d'autres influences.

11 atteignit son but : il obtint que l'Angleterre décla-^ rat la guerre à la France, de concert avec Maximilien, empereur élu d'Allemagne.

Catherine ne pouvait voir cette guerre avec défaveur, d'abord parce qu'elle semblait avoir un but religieux, et

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ensuite parce qu'elle était aveuglément désirée par son époux et par son père. En conséquence, elle fit un pèlerinage à Notre-Dame de Walsingbam pour demander la

victoire de la prétendue ligue sainte, sur le roi de

France Louis XII. Le peuple s'associa à la reine^ afin d'implorer la protection divine pour les armes de TAngleterre. Il fut composé, à cette époque, une ballade ^, dans laquelle le poète demandait à Jésus, à Marie et à saint Georges de faire briller et s'épanouir la rose rouge sur les rivages de France. Cette ballade devint populaire, et on entendit bientôt chanter partout cette espèce d'hymne patriotique.

En partant pour la France, Henri YIII nomma Catherine régente. Ce choix fut généralement approuvé.

Pendant que Henri VIII gagnait la bataille de Guinegate et prenait la ville de Tournay, Jacques IV, roi d'Ecosse, envahit le nord de l'Angleterre avec [une puissante armée. La princesse Catherine lui avait opposé des troupes peu nombreuses, mais bien disciplinées et admirablement commandées. Le général en chef était le comte de Surrey. Jacques IV éprouva à Flodden une défaite sanglante et fut lui-même laissé parmi les morts.

Du reste, Catherine s'entendait avec les membres du Conseil présents à Londres, et elle entretenait une correspondance avec Wolsey, qui avait suivi le roi comme aumônier de sa maison, après avoir préparé l'expédition contre la France. Quelques unes des lettres de Catherine sont touchantes par la tendre sollicitude

1. Voir lé texte do cette vieille ballade dans une note de Vtiisloire de Henri VIII, par Audin, tome P'", pages lii-li5.

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