‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 104 sur 400 · DE HENRI ET DE FERDINAND · texte numérisé non relu

DE HENRI ET DE FERDINAND

On croirait volontiers qu'alors Henri était sincère, s'il ne s'était pas vanté de sa franchise.

Sur ces entrefaites, Membrilla ayant été rappelé en Espagne et son remplaçant n'étant pas encore arrivé, la reine Catherine faisait, en quelque sorte, l'intérim de la correspondance diplomatique avec Ferdinand. Elle communiquait les lettres de son père à son royal époux. Ils semblaient alors n'avoir rien de caché l'un pour l'autre : dans ce ménage, en apparence si bien uni, aucun nuage ne se montrait à l'horizon.

Au mois de mai 1517, la reine Catherine annonce à son père qu'elle est accouchée d'une enfant mort-née ; c'était une fille. « Cela est considéré en Angleterre, « dit-elle, comme une calamité publique. Je n'ai pas pu (( vous écrire plus tôt, et je n'ai pas permis qu'une au- « tre personne vous apprît cette nouvelle. Veuillez ne « pas en être trop douloureusement affecté ; car c'est (( la volonté de Dieu. Le roi et moi, nous sommes com- « plètement résignés. Je remercie Dieu, et vous mon « père, de m'avoir donné un mari tel que le roi d'An- « gle terre ^. »

Dans l'intervalle, l'ambassadeur espagnol Louis Carroz était arrivé ; c'était un homme habile; il avait toute la confiance de Ferdinand et la méritait bien.

Ce diplomate prend, en quelque sorte, au mot les chaudes protestations de dévouement de Henri VIII pour son beau-père : il demande et obtient qu'un traité d'alliance entre les deux rois, rédigé en bonne forme, soit la manifestation écrite de ce dévouement. Mais Ferdinand ne se contentait pas de cette alliance défensive,

Page 1