‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 112 sur 400 · CHARLES-QUINT VIENT EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CHARLES-QUINT VIENT EN ANGLETERRE

l'Italie, avait une puissance plus étendue que le roi Ferdinand, mais il n'acquit jamais la même autorité que ce prince sur l'esprit de Henri VIII. Cependant il seatait que c'était un devoir héréditaire et comme une charge de famille de patronner toujours sa tante Catherine. Cela fut d'autant plus méritoire que, dans les premiers temps, la reine d'Angleterre fit peu de frais pour s'attirer l'affection du jeune empereur. Quand ce prince vint en Angleterre, il lui adressa trois fois la parole à Greenwich, elle lui répondit à peine et 'peu gracieusement^^ dit un ambassadeur espagnol, témoin de leur entrevue.

Mais on sait qu'elle craignait toujours de se montrer trop Espagnole aux yeux des Anglais ; d'ailleurs, sur la demande même de Henri VIII, elle eut avec l'empereur, deux ou trois jours après, de plus longs entretiens à Windsor.

Quoi qu'il en soit, la réception faite par Henri VlIIà Charles-Quint doit être mentionnée dans cette histoire; car elle ne fut pas seulement cordiale et splendide, elle eut aussi une couleur religieuse. Dès le lendemain de l'arrivée de l'empereur, Henri VIII lui fit faire le pèlerinage de Cantorbéry : les deux princes communièrent ensemble à la grand'messe 2, puis ils déposèrent leurs pieuses offrandes sur le tombeau de saint Thomas Becket. Se rendaient-ils bien compte de la portée des hommages qu'ils décernaient ainsi au courageux défenseur des li-

1. « Said to the Emperor that he had Spoken lliree limes with the « Queen of England, biU had not foiiiid her at ail gracions. » Lettre du l*"" juillet 152?, de Martin de Salinas, ambassadeur. Tome II, p. 148.

2. Henri YIII était resté très pieux à cette époque de sa vie. Des •historiens assurent qu'il disait son chapelet tous les jours.

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