OUVRAGE DE HENRI VIII CONTRE LUTHER
« il se précipite dans la foi ; si vous citez les philosophes, (( il en appelle à l'Ecriture ; si vous invoquez les livres (( saints, il s'entortille dans ses sophismes d'école. « Ecrivain effronté, qui se met au-dessus des lois, mé- « prise nos docteurs, et, du haut de sa grandeur, se « rit des lumières vivantes de notre Eglise ; qui pour- « suit de ses insultes la majesté de nos Pontifes, qui (( outrage la tradition, les dogmes, les mœurs, les ca- « nons, la foi, l'Eglise elle-même. »
Dès qu'il eut terminé son ouvrage, Henri VIIl en fit faire deux magnifiques copies : l'une et l'autre étaient précédées d'une dédicace au pape Léon, avec ce distique, écrit de la main du roi lui-même :
Anglorum rex Henricus, Léo décime mittit Hoc opus, et fîdei testent et amicitiœ.
Ces deux manuscrits furent présentés à Léon X, en grande solennité, par les deux ambassadeurs du roi d'Angleterre , Glerk et Pace. Ils remirent en même temps une lettre autographe du roi au Souverain-Pontife, contenant les assurances de la soumission la plus absolue et du dévouement le plus complet du monarque anglais à Sa Sainteté.
Léon X répondit à cet hommage royal par une bulle conçue dans les termes les plus flatteurs : après en avoir délibéré avec le sacré collège, il donna à l'auteur de rAssertio le titre de Dcfensor fidei. Le pape entendait que ce puissant monarque pourrait défendre l'Eglise, non seulement avec la plume, mais avec l'épée. C'était l'appeler directement à remplir le rôle de médiateur entre le pape et les puissances chrétiennes, et, en cas de conflit, à descendre lui-même dans les plaines de