‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 117 sur 400 · PORTRAIT DE HENRI VIII · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE HENRI VIII

« cinq à de certains jours ; il suit ou dit l'office dans « la chambre de la reine , c'est-à-dire vêpres et com- (f plies 1. Il est des plus grands amateurs de chasse et « n'en revient jamais sans avoir fatigué huit ou dix « chevaux.

« Il aime beaucoup à jouer avec les otages français a qui sont à la cour, et il risque jusqu'à six et huit mille « ducats en un jour.

« Il est affable, gracieux, courtois comme pas un ; il a n'ambitionne pas les conquêtes, et borne son ambi- (c tion à la conservation de ses propres domaines • il a « souvent dit à l'ambassadeur : Domine Orator, Mon- « sieur l'Ambassadeur, il faut que les puissances sait chent que nous nous contentons de la possession de « nos îles.

(( Il paraît être extrêmement désireux de la paix. Il « est vraiment très riche : son père, dit-on^ lui a laissé ce dix millions en bonne monnaie d'or, dont on estime (( qu'il a dépensé la moitié dans la guerre contre la <( France, qui lui valut Tournai. Ce qu'il y a de sûr, .(( c'est qu'il a dépensé une somme considérable, à cette tt époque, pour les trois armées qu'il avait sur pied, (( l'une dont il avait pris le commandement, l'autre en (( campagne contre l'Ecosse, et la troisième restée au- « près de la reine, comme réserve, dans le cas où les « deux autres eussent éprouvé un désastre.

« Ses revenus montent à trois cent cinquante mille « ducats à l'année, et proviennent de ses biens fonds,

1. On savait ffu'il était religieux, à cette époque de sa vie, mais on ignorait qu'il était dévot. — Voir Miss Slrickland et la note cidessus, page 102.

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(( forets, étangs, des droits de coutume, de propriétés « héréditaires confisquées, des duchés de Lancastre, « d'York, de Gornwall et de SufTolk, du comté palatin de <( Ghester, de la principauté de Galles, etc., etc. Sa Mac( jesté dépense, à peu près, cinq cent mille ducats : (( son écurie y est comprise, pour cinq mille, même « somme pour ses hallebardiers, seize mille pour sa « garde-robe, et à ce propos, il faut dire qu'il est le « souverain le mieux habillé, ses vêtements sont aussi a riches et superbes qu'on peut se l'imaginer , et il « n'est point de jour de fête qu'il n'en revête de nou- « veau 1. »

Si Henri VIII avait été enlevé, par la mort, à l'âge de trente à trente-cinq ans, on aurait plaint l'Angleterre d'être privée d'un si bon prince et d'avoir perdu l'espoir d'un grand règne. G'est la vanité des jugements humains; nous déplorons souvent comme un affreux malheur ce qui est une grâce signalée de la Providence.

1. Four years at the court of Henri VII f, par RawJon Brown. Sélection of Despatches written by the Venelian ambassador Sébastian Guistinian and adressef to the Signory of Venice (Jomnaro 1615 to July 1519). London, Smith et Gomp, 185i.

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