LE PAPE LE NOMME DÉFENSEUR DE LA FOL
Fille des rois catholiques, Catherine s'enorgueillissait d'être l'épouse d'un monarque devenu officiellement le Défenseur de la foi chrétienne. Quelquefois elle avait reçu l'hommage des prix remportés par Henri dans les assauts d'armes et les tournois. Il venait de combattre dans une lice bien différente, et il en était encore sorti vainqueur, suivant la sentence du juge compétent, le Souverain-Pontife. Ce nouveau succès la transportait de joie.
On s'expliquera mieux encore l'enthousiasme que ce prince avait inspiré à Catherine, quand on lira le portrait que nous a laissé de lui un témoin impartial, l'ambassadeur vénitien, Guistiniani. Ce portrait se rapporte, il est vrai, aune époque un peu postérieure peut-être ^, mais il retrace toujours la physionomie de la jeunesse de Henri, avec son premier et séduisant prestige.
« Sa Majesté a vingt-neuf ans et est d'un fort bel « aspect : la nature n'aurait pas pu faire davantage « pour un roi : il est plus beau qu'aucun autre souve- « rain de la chrétienté, bien plus beau encore que le roi (( de France ; très blond et d'un ensemble qui répond « aux plus parfaites proportions. Lorsqu'il apprit que « le roi François I" avait la barbe blonde, il voulut que c( la sienne fût de même, et, comme elle était originairece ment rouge, il lui en est résulté une barbe qui ap- « proche de la couleur de l'or. C'est un prince tout-à- (c fait accompli, bon musicien et composant bien, un des c( meilleurs cavaliers de l'Angleterre, un beau jouteur, (( parlant bien français, latin et espagnol; il est très (( religieux, entend souvent trois messes, et quelquefois