‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 127 sur 400 · J20 RÉSERVE GARDÉE PAR LA REINE ET SON CONFESSEUR · texte numérisé non relu

J20 RÉSERVE GARDÉE PAR LA REINE ET SON CONFESSEUR

violents reproches. Le roi, en apprenant cette scène, se regarda comme personnellement offensé et réprimanda le duc très vertement. Celui-ci quitta le palais sur le champ, et n'y revint pas de plusieurs jours. En même temps, le mari, qui croyait sa femme engagée dans une mauvaise voie, la lit monter en voiture et l'emmena dans un couvent, qui était à une distance de six milles anglais. Le roi, croyant avoir compris que tout cela procédait de celle des sœurs de Buckingham qui était la favorite de Catherine, se plaignit de ce qu'il était entouré d'espions dont la surveillance ne se relâchait jamais, ajoutant que leur plus chère occupation était d'avoir des commérages à raconter à la reine, et il ajouta que, s'il ne craignait pas de faire un trop grand scandale, il chasserait de sa cour cette favorite, son mari et môme les autres dames du palais. Peu de temps après, toute la cour finit par savoir que le roi avait eu avec la reine des explications très pénibles et qu'un furieux orage avait éclaté entre les deux époux i. »

L'ambassadeur raconte ensuite qu'il questionna D. Diego Hernandez, confesseur de la reine. Il se vante naïvement de lui avoir dit que, dans des circonstances aussi délicates, il mettrait volontiers son expérience d'homme du monde à la disposition de cette princesse. Une si singulière proposition rencontra un accueil très froid de la part de D. Diego Hernandez : « Je n'ai « rien su de tout cela, lui répondit-ii; je ne me mêle « pas d'intrigues semblables, et j'ai tout lieu de croire « que c'est un tissu de fables et de mensonges. » Louis Garroz fut à la fois déconcerté et irrité par une pareille réponse.

L'ambassadeur espagnol se plaint aussi du peu de

1. Loltre des 28 et 29 mai 1510, adressée par D. Luis Garroz à D. Almazan, premier secrétaire d'Etat. Calendar, etc., vol. supplémentaire aux tomes I et II, par Bergenroth, p. 37-4 L

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