RUPTURE DE MARIAGE ENTRE PERGY ET ANNE
A dater de ce moment, Wolsey connut la passion de Henri VIII par la commission même qui lui fut donnée, et dont il s'acquitta si bien. Quant à Anne de Boleyn, elle put pressentir que l'amour que lui témoignait le roi était sérieux, qu'elle devait éviter de suivre l'exemple de sa sœur, et qu'en se défendant, avec une adroite fermeté, elle pouvait espérer une position légitime et le partage du trône d'Angleterre.
C'est alors sans doute que la trop habile jeune fille s'occupa, de concert avec son digne père, de gagner des théologiens pour inspirer des scrupules à Henri VIII sur la validité de son mariage avec Catherine d'Ara-, gon K
Ce fut comme le premier acte d'une véritable conspiration, dans laquelle Anne de Boleyn elle-même joua le rôle principal, où elle eut pour complices ces indignes courtisans, presque tous de sa famille, dont nous avons dépeint les mœurs et constaté la pernicieuse influence.
Anne ne cherchait pas la gloire et la grandeur dans le pouvoir, elle ne voyait de la couronne royale que les côtés brillants et frivoles, sans être capable de concevoir ces aspirations élevées qu'une ambition, même coupable, pourrait se proposer comme but.
« CeUe ieUrc est pour vous avertir du grand changement qui s'est « opéré dans Anne de Boleyn, depuis trois ans que nous l'avons vue, « pendant que nous étions ensemble. C'est pourquoi sachant bien « que vous ne voulez pas faire l'œuvre du démon, et que vous ne « cherchez que la vérité et la justice, je vous demande de ne pas souf- « frir qu'en mon absence, elle se marie à un autre homme, etc. » Si elle ne pouvait plus se marier honorablement à un autre homme, cela donne le droit de tout supposer ^EUies, troisième série, vol. II, p. 131, et Froude, loco citato, p. 187. 1. Le tout est attesté par plusieurs contemporains.