‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 142 sur 400 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Wolsey et Longland furent les premiers auteurs des doutes et scrupules du roi. au sujet de la validité de son mariage. — Comédie judiciaire concertée entre Wolsey et Henri YlII.au sujet delà nullité prétendue du mariage de Catherine d'Aragon, — Cette comédie reste secrète et sans dénouement. — Prise et sac de Rome par l'armée impériale. — Henri VHI et François I^r tentent de renouer et de resserrer leur alliance contre l'empereur. — L'initiative de l'idée du divorce faussement attribuée à l'évêque de Tarbes. — Négociations matrimoniales et autres entre la France et l'Angleterre. — Mariage projeté de la princesse Marie avec François I" ou avec son second fds, le duc d'Orléans. — Des difficultés s'élèvent sur les clauses du traité entre Wolsey, d'une part, et les ambassadeurs français, de l'autre. — Conclusions du traité. — Réception solennelle et fêtes au palais de Greenwich.

Suivant Harpsfield, archidiacre de Cantorbéry au temps de la reine Marie ^, les deux personnes qui, les premières, avaient éveillé des doutes sérieux dans l'esprit de Henri VHI sur la validité de son mariage avec Catherine, avaient été son confesseur Longland, plus tard évoque de Lincoln, et avant Longland, le cardinal Wolsey lui-même. Harpsfield, contemporain de ces événements historiques, prétend que le roi fut tout à fait étonné, la première fois que Wolsey aborda ce sujet, au point de

1. Longland, n'ayant assisté qu'à cette seconde entrevue, a pu dire plus tard, avec quelque raison, qu'il n'avait pas été le premier inspirateur du divorce.

150 WÛLSEY EVEILLE LES SCRUPULES DE IIENHI.

vue théologique, et parut lui répondre du succès de la demande en nullité, si elle était introduite et poursuivie réo'ulièrement. Après avoir gardé le silence pendant un premier moment, Henri VIII aurait fini par lui répondre : « Prenez garde, mon révérend Père, puisque vous paa raissez vouloir prendre en main une si grosse affaire, « prenez garde à la pesanteur du fardeau que vous 01 allez assumer sur vos épaules. » Et alors il lui parla de sa femme dans les termes de la plus profonde estime; il dit que son mariage avait été approuvé par les docteurs les plus instruits et les évêques les plus vertueux du royaume d'Angleterre et d'Espagne et, enfin, confirmé par l'autorité du pape, et que jamais elle n'avait consommé son mariage avec le prince Arthur. Quelques jours après, Wolsey serait revenu à la charge en se faisant assister cette fois par le docteur Longland, et il serait parvenu à faire de grand progrès dans l'esprit du roi et à lui persuader que la question de validité de son mariage devait être examinée suivant le droit, la justice et l'équité.

Ces faits sont attestés par deux autres contemporains, Polydore Virgile ^ et Tyndal ^, leur version s'accorde parfaitement avec celle de Harpsfield. Nous sommes très porté à admettre la vérité de ce récit ^, cependant nous

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