Voir son histoire ecclésiastique
, 2. Tyndalis, Practice ofprelater, p. 320 ;,cet ouvrage fut publié en
3. L'ouvrage que nous citons ici est intitulé : Tralise ou t/iepretenled divorce between Henri VIII and Catherine d'Aragon, par Nicolas Harpsliekl, LLD. archedecion of Canterbury. Il a été imprimé au cornmoncement de l'année 1878, à Londres, aux frais de la Camden Society, par un savant membre de l'Université d'Oxford, appelé Nicolas Pocok, et tiré a un très petit nombre d'exemplaires. Le professeur
IL ADHÈRE A CES TRAMES DANS CERTAINE MESURE, loi
croyons que Henri VIII ne fut pas sincère avec son propre ministre; il joua un étonnement qu'il ne ressentait pas, et fit des objections qui avaient sans doute une grande valeur, mais qu'il s'attendait bien à voir réfutées par le complaisant et habile cardinal. Il parut céder avec peine quand déjà il avait à peu près pris sa détermination. Quoiqu'il en soit, on ne saurait douter que si le cardinal Wolsev s'était montré d'abord favorable à l'idée du divorce, c'était dans l'espérance de faire épouser au roi Henri VIII une princesse française ; comme homme d'Etat, il aurait trouvé dans une union semblable un double avantage, celui de cimenter une alliance étroite avec François I" et celui de brouiller l'Angleterre avec l'empereur Charles-Quint, de qui il voulait se venger. Gomme théologien, il prétendait que Catherine n'avait pas pu épouser valablement son beau-frère Henri VIII, soit que le premier mariage eût été consommé, soit qu'il ne l'eût pas été, et qu'il y avait eu un empêchement dirimant à ce mariage, accepté à tort comme accompli par l'opinion publique. C'est ce qu'il appelait impecUmentum publicœ honcstatis^. Mais il ne croyait pas que la passion du roi pour Anne de Boleyn dût alDoutir à l'union conjugale ; il se refusait à admettre la possibilité d'une telle mésalliance. L'hostilité de la famille Boleyn lui était d'ailleurs bien connue. Il sa-
Pocok a coUalionné et confronté quatre manuscrits du temps, qui avaient été conservés au Drilisk Muséum, et a ajouté à louvrage d'ilarpslieiil des notes et un index. Ce livre se compose de 344 pages.
Nous donnons dans les i)ièces juslilicalives quelques détails biographiques sur Harpstield lui-môme.
1. Voir une lettre de Wolsey, du 27 juillet 1527, où il ne fait sans doute f(ue réjjéter une opinion déjà exprimée. Voir aussi l'introducl., tome IV, Brewer, p. ccxlvii.
\l]2 CONSULTATIONS THÉOLOGIQUES
vait qu'il aurait tout à craindre de l'influence de la jeune Anne, si jamais elle devenait reine d'Angleterre. D'ailleurs, tout en admettant le divorce comme possible, il ne croyait pas que le succès dans cette affaire fût aussi facile que se l'imaginait l'impérieux et altier Henri VIII. Sans doute il pensait avec ce prince, — et en cela il se trompait, — que Catherine, cette princesse si douce, si résignée, si pieuse, n'opposerait pas une grande résistance au divorce, si l'autorité ecclésiastique se montrait disposée à le prononcer. Mais, de ce côté-là même, c'està-dire du côté de l'épiscopat et du clergé anglais, il prévoyait une certaine opposition ; il s'attendait, de la part de la cour de Rome, à des difficultés plus grandes encore. Sans doute des théologiens très érudits commençaient à soutenir, d'après le texte hébreu du Deutéronome, que le droit divin, d'accord avec le droit naturel, interdisait tout mariage entre beau-frère et belle-sœur ^ . Mais c'étaient des consultations isolées qui n'avaient pas grande influence sur l'opinion même du monde savant. Suivant Gavendish, secrétaire de Wolsey, quand le roi dévoila au cardinal son intention d'arriver atout prix
1. Voir la lettre latine du docteur Richard Pace à Wakefield, professeur d'hébreu à Oxford, lettre citée au commencement du troisième volume de V Histoire du divorce de Henri VIII, par Joachim Lagrand. Cette lettre est du commencement de l'année 1526. Suivant l'abbé Legrand, Wakeiield avait fait savoir d'abord à Pace qu'il appréciait son opinion ; mais ensuite il alla trouver Pace pour lui dire qu'il souhaitait que Son Altesse écrivit elle-même ce qu'elle voulait qu'il fit, s'il devait défendre le pour ou le contre, que suivant les ordres du roi, il donnerait, comme professeur d'hébreu, des raisons dont les Anglais ne pourraient contester la force. Joachim Legrand dit avoir emprunté ce fait à V Histoire de t' Université d'Oxford, par Wood. Voir p. 47, tome P-" de son flis'oire du divorce.
SUR LA VALIDITÉ DU MARL\GE DE CATHERINE. lo3
à faire annuler son mariage et d'épouser plus tard Anne de Boleyn, le grand ministre se jeta à genoux aux pieds de son maître et y resta plus d'une heure, en le suppliant de ne rien précipiter, de se résoudre aux lenteurs des formalités ecclésiastiques, de gagner peu à peu l'acquiescement de Catherine par la douceur ^ Enfin il ne lui cacha pas combien il était opposé au système de violence par lequel ce prince voulait enlever la décision relative à l'invalidité de son mariage.
Henri VIII crut peut-être faire une demi-concession aux idées de Wolsey en lui demandant d'essayer l'exercice de sa haute juridiction ecclésiastique, en provoquant une enquête sur la validité du second mariage de Catherine d'Aragon. Voici donc ce qui se passa, et ce qui nous a été récemment révélé par des documents tout nouveaux.
Au commencement du mois de mai lo27, Wolsey donna assignation au roi d'Angleterre, afin de répondre à une plainte qui venait d'être portée contre lui par devant la cour ecclésiastique en matière de divorce, pour sa cohabitation avec la femme de son frère Arthur pendant plus de dix-huit ans. Le cardinal, s'adressant au roi, alors siégeant à sa droite, lui expliqua les raisons de cette citation : — Comme légat du Saint-Siège, il était de son devoir de réprimer toutes les atteintes portées aux lois du mariage : aussi, pour remplir les devoirs de son office, et dans l'intérêt spirituel de Sa Majesté, il avait cru, de concert avec l'archevêque de Gantor-
1. Celle scène aurait eu lieu, suivant Cavendisli. vers la fin de l'année 1525. Vie de Wolsey, p. 388. D'autres, au contrau-e, ne la placent qu'après le retour de la mission de Wolsey en France.
loi COMÉDIE JUDICIAIRE PAR W0L6EY ET HENRI.
bérv, ne pouvoir faire autrement que de commencer une information sur ce point. Mais, comme un sujet n'avait pas le droit de citer en justice son souverain, il voulait savoir si le roi consentirait à ce qu'on poursuivît cette procédure. Henri répondit d'une manière tout à fait affirmative. Alors Wolsey, se prêtant avec une gravité hypocrite à cette comédie judiciaire, lui communiqua officiellement de prétendues plaintes et dénonciations, dont il avait été saisi, relativement au mariage du roi avec Catherine d'Aragon. « Quoiqu'une dispense ait « été accordée à Votre Majesté, ajouta- t-il, néanmoins « la validité de ce mariage peut être mise en question : a on soutient, avec quelque apparence de raison, qu'il « a été contracté en violation du droit divin ; si donc le a roi a des scrupules à ce sujet, il doit nous en faire ce part, et, si ces scrupules sont fondés, il doit travailler « à mettre sa conscience à l'abri, sans quoi il aurait à « craindre la vengeance du Tout-Puisant qui frappe tôt « ou tard ceux qui lui désobéissent. »
Le roi lut alors une courte réponse à cette allocution de Wolsey, où il reconnaissait la juridiction du légat et demandait, faute de pouvoir comparaître en personne , la permission de se faire représenter aux prochaines audiences par John Bell, son avoué ou proctor; cette autorisation lui fut accordée. Apres avoir rempli quelques formalités, Wolsey prorogea la cour à quinzaine. Au jour fixé le docteur Bell comparut devant lui, avec un écrit qui contenait la justification du roi, mais où on avouait que le mariage avait pu être contracté, malgré un empêchement dirimant ou autre. Apres plusieurs prorogations successives, Wolman, le promoteur de l'officialité, produisit ses objections, dont
PRISE ET SAC DE ROME PAR l'aRMÉE IMPÉRIALE, loo
Bell demanda copie. Or, comme lé cas présentait de certaines difficultés, le cardinal décida que des théologiens et des juristes, instruits et expérimentés, devaient être consultés, et, entre autres, les évêques de Rochester, de Lincoln et de Londres, pour donner leur opinion sur la matière. On ne résuma jamais par écrit, et on ne termina pas cette procédure. Sans doute on en comprit le peu de consistance et on en reconnut les inconvénients. Evidemment, s'il avait été établi que Wolsey se fût occupé dans une cour inférieure de l'affaire du divorce, il n'aurait pas pu être appelé à juger de nouveau cette affaire dans la cour des légats ^ (lecjatine court). De là vient que Ton a gardé le secret sur ces simulacres de procédure, qui ont échappé jusqu'ici aux recherches de tous les historiens. On n'a jamais admis nulle part que celui qui a été juge en première instance puisse encore être juge en appel.
D'un autre côté, on venait d'apprendre la prise de Rome par le connétable de Bourbon et le sac de cette ville, indignement pillée et dévastée par une armée composée en grande partie de lansquenets luthériens. On a' avait pas vu à Rome, depuis Alaric et Genséric, de tels ravages, de telles profanations, de telles ruines ^.
1. Letters de Breiver, introduction, vol. IV, pp. lvi et lvii.
2. On a (lit (jne Clément VII aurait prévenu les horreurs de ce siège, s'il avait donné à Charles-Quint une somme d'argent, qui lui était nécessaire pour payer la solde arriérée de ses lan5({uonots, et que, s'il ne le lit pas, ce l'ut par le conseil des ambassadeurs anglais : Les ambassadeurs avaient mission, dit M. Audin, d'exciter Clément à tenter une lutte inégale et, s'il succombait, d'acheter ses complaisances dans l'alfaire du divorce, au i)rix d'une inlorvenlion armée en faveur du Saint-Siège. Cette supposition, qui ajtpartienl à M. Audin, nous parait plus que hasardée. Sans doute, Henri VIII n'aurait reculé devant au-
1^)6 ALLIANCE DE HENPJ ET FRANÇOIS CONTRE l'eMPEREUR.
Le pape avait pu h grand'peine se réfugier au château Saint-Ange pour échapper aux premiers massacres; il y fut assiégé, bloqué et tenu dans une rigoureuse captivité. Charles-Quint, il faut bien le reconnaître, s'empressa de désavouer le pillage et la prise de Rome, et flétrit des excès, qu'il n'avait pas su prévoir et qu'il aurait pu prévenir. Il avait donné sur le champ à de Lannoy, vice-roi de Naples, la mission de faire évacuer Rome aux soldats indisciplinés, qui y continuaient leurs sanglantes orgies ; et de Lannoy n'avait pu remplir cette tâche difficile, qui ne fut accomplie que plus tard par le marquis de Moncade, avec l'aide du prince d'Orange ^ Cette captivité du pape semblait tenir en suspens toutes les affaires de l'Eglise. Un pape qui n'est pas libre ne saurait faire, en matière de dogme, des décrets valables. Mais peut-être aurait-il pu déléguer à Wolsey, ou à des évêques anglais son autorité Juridictionnelle, et cette calamité, qui frappait tous les chrétiens de stupeur, pouvait être mise à profit pour l'affaire du divorce. Dans tous les cas, Henri VIII fit faire à Clément VII des offres de service, et lui envoya même quelques secours pécuniaires. Il espérait que cela disposerait le pape en sa faveur.
De plus, les rois de France et d'Angleterre songeaient à se liguer contre Charles-Quint et à. cimenter leur union
cun moyen pour réussir. Mais le moyen aurait été bien mal choisi. Il risquait de mettre le pape entre les mains et sous l'influence de l'empereur ; c était là le danger prochain et certain. Quant à la délivrance ^iu bouverain-Pontife par l'Angleterre, cela eût présenté une immense difficulté. Tome l'r de Y Histoire de Henri VllI, p. 414.
1- n avait été délégué par de Lannoy, qui venait de mourir, pour remplir provisoirement les fonctions de vice-roi.
PENSÉE DU DIVORCE ATTRIBUÉE A l'ÉVÈQUE DE TARDES. [1)1
par des alliances de faniille. Avant la fin de l'hiver de l'année lo27, Henri VIII offrait à François I" la main de la princesse Marie, alors âgée de plus de onze ans. Sans doute, il n'ignorait pas que le roi de France s'était engagé, par le traité de Madrid, à épouser Eléonore d'Autriche, sœur de l'empereur ; mais il entrait dans ses vues de multiplier les causes de rupture entre la France et l'Espagne. Cependant, dès les premiers jours du printemps de cette même année, François P'' envoya en ambassade, à Londres, M. de Grammont, évêque de Tarbes, et le vicomte de Turenne, en demandant que l'époque de la célébration du mariage avec la princesse Marie eût lieu sur le champ, malgré sa grande jeunesse. Henri VIII s'y refusa absolument. Alors il fut convenu que la princesse Marie épouserait, sinon le roi lui-même, au moins le duc d'Orléans, son second fils. D'après l'autorité de lord Herbert \ on a prétendu que l'évêque de Tarbes avait conçu quelques doutes au sujet de la légitimité de la princesse Marie, qu'il avait communiqué à Henri VIII ses objections théologiques, contre la validité de son mariage avec Catherine d'Aragon, en insinuant à ce prince que, s'il était libre, il pourrait bien épouser lui-même une princesse de France ; cela créerait des liens non moins solides entre les deux couronnes que le mariage déjà projeté. On a soutenu que ce n'était qu'à dater de cette époque que Henri avait mis en avant ses scrupules sur la continuation de la vie conjugale avec une femme que le droit divin lui aurait interdit d'épouser.
1. Sanders s'en est, sur ce point, rapporté à lord Herbert. Voir YHisloive du divorce par Joachini Legrand. tome I*^'", ])p. l'i et 15.
lo8 ALLÉGATION FAUSSE ET PRÉTEXTE SPÉCIEUX.
Or nous avons donné des preuves que la question du divorce n'était pas , au printemps de 1527, une chose nouvelle pour le roi d'Angleterre; à Londres, l'évêque de Tarbes dut apprendre que cette question avait déjà été soulevée et débattue. Mais on ne saurait admettre qu'un ambassadeur sérieux ait pu substituer ses idées personnelles aux instructions formelles qu'il avait reçues, et certainement, s'il avait cru que Marie d'Angleterre pût être considérée comme fille illégitime de Henri VÏII, il n'aurait pas signé, sans en référer à sa cour, le traité du 20 avril 1527, par lequel il était stipulé que cette princesse épouserait le roi de France ou Louis, duc d'Orléans.
Il est à noter que dans les correspondances diplomatiques conservées aux archives de France, on ne trouve nulle trace d'une hésitation sur la légitimité de la princesse Marie. On n'y a découvert non plus aucun vestige de l'opinion qu'aurait exprimée l'évêque de Tarbes sur la non-validité du mariage de Catherine d'Aragon ^
Que si le roi lui-même avait pris l'initiative, dans un entretien intime, pour lui confier ses doutes sur cette question matrimoniale, la réponse de l'ambassadeur n'aurait pas pu avoir la valeur d'une consultation théologique. Le roi d'Angleterre, en invoquant, comme il le fit plus tard, l'autorité de l'évêque de Tarbes, aurait abusé d'une de ces conversations où l'on ne fait qu'effleurer une question de la plus haute gravité, et où l'on
1. Voir, à CD sujet, le témoignage donné par Joacliim Legrand qui, diplomate lui-même, avait fouillé les archives de la cour de France avec beaucoup de soin. Histoire du divorce, déjà citée, tome P'> pp. 49, 50 et suivantes.
MARIAGE PROJETÉ DE MARIE AVEC FRANÇOIS l^** lo9
n'attache pas une grande portée à une sorte d'acquiescement donné par politesse ou par ménagement diplomatique, à un interlocuteur puissant que Ton ne veut ni blesser ni contrarier i.
L'évêque de Tarbes et le vicomte de Turenne furent, après une entrevue secrète avec le roi, invités à dîner à Greenwich. Après le dîner, Henri VIII conduisit luimême les deux ambassadeurs français dans la chambre de la reine ; l'évoque de Tarbes lui parla beaucoup des relations intimes qu'il espérait voir s'établir entre le roi d'Angleterre et le roi de France. Vous me parlez de la paix à cimenter entre les deux monarques, répliqua la reine, c'est très désirable sans doute. Mais pourquoi ne me dites-vous rien de la paix générale qui doit régner dans l'Europe entière. Le prélat comprit bien qu'il s'agissait, dans la pensée de la reine, d'une paix dont Gharles-Quint ne serait pas exclu. Mais, craignant de faire quelque indiscrétion qui déplairait à Henri VIII, il se contenta de répondre : Ce n'est pas là, madame, l'objet de notre mission auprès de Votre Altesse, puis il se tourna du cùté du roi qui dit en souriant : « 11 ne s'agit ici que du mariage de votre fille, la princesse de Galles. » Alors les ambassadeurs demandèrent à la reine si elle approuvait ce mariage. Elle déclara y consentir, en ajoutant que les intérêts des deux rois ne se trouveraient pas, sans doute, en oppo-
1. La preuve (]uil n'y a eu, à ce sujet, aucune conversation sérieuse entre l'évoque et le roi, résulte de c; qui se passa ensuite. L'évéquc et son collègue d'ambassade, M. de Turenne, continuèrent de demander la main de Marie, ou pour le roi François, ou pour son second fils, le duc d'Orléans, sans (luaucun doute parût s'élever sur la légitimité de cette princesse. Voir les l'agos suivantes.
160 ou AVEC SON SECOND FILS, LE DUC d'oRLÉANS.
sition avec la tranquillité et le bien-être du reste de la chrétienté. Elle alla même jusqu'à insinuer que cette alliance ne devrait pas rompre la bonne intelligence qui régnait entre le roi et son neveu ; sur quoi les ambassadeurs expliquèrent, peut-être un peu brusquement, que les deux puissants monarques qui venaient de s'allier entre eux seraient en mesure de faire écouter leurs propositions. Henri VIII ajouta qu'il ferait tout ce qu'il pourrait pour la France, et qu'il exhorterait l'empereur à traiter avec générosité ses deux jeunes captifs. Il parlait des deux fils de François P*" retenus comme otages en Espagne par Charles-Quint.
Etant seul avec les ambassadeurs, Henri leur dit qu'il ne marierait pas la princesse Marie avant qu'elle eût atteint l'âge de sa majorité ; et que si elle épousait le jeune duc d'Orléans, il attendrait également que ce prince fût devenu majeur, parce qu'il fallait que l'un et l'autre pussent valablement contracter et qu'on ne pût pas, quelque jour, demander en leur nom une séparation ou un divorce, en se fondant sur ce qu'ils n'avaient pas, au moment de leur union, l'âge de liberté et de raison, suivant les présomptions légales ^
Ce langage était remarquable dans la bouche de Henri VIII.
Wolsey^ de son côté, avait eu des conférences prolongées avec deux agents diplomatiques français, d'un rang inférieur, et avait obtenu d'eux, quoique avec peine, qu'un tribut de sel et cinquante mille couronnes seraient annuellement payés par la France au roi et à la reine d'Angleterre, leur vie durant. Mais