‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 171 sur 400 · TRAITÉ TIIÉOLOGIQUE DE HENRI CONTRE SON MARIAGE · texte numérisé non relu

TRAITÉ TIIÉOLOGIQUE DE HENRI CONTRE SON MARIAGE

que 1 , mais il céda enfin et voulut faire oublier son opposition par son zèle : on pensait qu'il aurait pu à ce moment se retirer des affaires; mais il ne mit pas même en délibération une décision qui l'aurait honoré et relevé dans l'opinion publique. Cet homme d'État, profondément ambitieux et enivré de sa grandeur, n'admettait pas même l'idée de retomber dans la vie privée. Pour conserver le pouvoir, il était prêt à sacrifier ses répugnances les plus légitimes. Aussi, il ne songea plus pour le moment qu'à servir aveuglément la passion insensée de son maître. Il travailla à perdre Catherine d'Aragon qu'il estimait au profit d'une femme frivole qu'il méprisait et dont il se savait détesté. Néanmoins, dans le courtisan et dans l'homme d'État si préoccupé des intérêts terrestres, il restait encore quelque chose de l'évêque. C'est ce qui devait reparaître un jour quand Wolsey aurait été inexorablement banni du terrain de la politique.

Au surplus, Henri VIII s'appuyait plus que jamais sur la théologie elle-même pour préparer et justifier son divorce. L'auteur deVAsse?'tio septem sacramentorum écrivit pour soutenir sa propre cause avec plus de zèle encore qu'il ne l'avait fait pour défendre l'Église contre Luther. Il se fonda principalement sur la prohibition du Lévitique qu'il regardait comme étant de droit divin, et comme s'opposant absolument au mariage entre beaufrère et belle- sœur. Quand ce petit traité eut été communiqué à Wolsey, ce prince de l'Église parut en adopter les principes et en faire la règle absolue de sa conduite. Cependant il le soumit à l'examen de Fisher,

1. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, nous croyons, en dépit de Cavendish, que c'est alors qu'il se jeta aux genoux du roi.

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qui osa se prononcer contre les conclusions du roi, et, par conséquent, contre le divorce. Quant à Thomas Morus, il se récusa comme n'étant pas théologien.

A cette époque, l'idée d'un concile, d'un synode ou d'une réunion de cardinaux fut abandonnée. Tous les efforts de Henri VIII et de Wolsey tendirent à obtenir l'annulation de la dispense de Jules II et le divorce luimême par l'omnipotence juridictionnelle du pape Clément VII.

ce Ce qu'il y a d'étrange, dit le professeur Brewer, c'est « que dans cette occasion le monarque anglais et son ce ministre se montraient des avocats ardents de l'infaii- « libilité du pape ; ils soutenaient que le divin représente tant de Saint-Pierre pouvait, en vertu de sa mission, « Justifier ou anathématiser quelque acte que ce fût. « Clément lui-même avait des vues plus mitigées (more « mitigatcd vieiv) sur son autorité. Il était loin d'être '( convaincu qu'il eût le droit de renverser les décisions « officielles de l'un de ses prédécesseurs par une dé- « termination extra-judiciaire et i^nse p/'op?no motu, et, « à plus forte raison, de déclarer cette détermination in- « faillible. Dans leur préoccupation d'arriver à leurs fins « à tout prix, ils n'hésitaient pas à soutenir que le pape « ne pourrait pas être regardé comme le père des chré- « tiens et le chef de l'Église, si on lui contestait cette « souveraineté absolue. A ce point de vue, ils pensaient « qu'il leur suffirait d'avoir à Rome un jurisconsulte fort tt en droit civil, et un théologien versé dans le droit ca- « non. »

Ce plan de campagne ne permettait pas aux ambassadeurs anglais d'attaquer comme contraire au droit divin et au droit naturel la bulle de dispense donnée par Ju-

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