INSTRUCTIONS DONNÉES A CES DEUX AMBASSADEURS
« du roi, il n'aurait pas soutenu cette thèse auprès de « Sa Sainteté, car il serait incapable de dissimuler sa « véritable pensée. Si Dieu n'a pas refusé les lumières (( de la pure et vraie doctrine aux plus grands juris- « consultes de ce coin du monde que l'on appelle le « royaume d'Angleterre, Wolsey est bien assuré, et il (( le jurerait sur le salut de son âme, que le désir du roi (( est fondé sur la justice S qu'il n'est pas inspiré par « une haine secrète ou une prévention inique contre la « reine ; il l'entoure, au contraire, de son amour et de (( son respect : et il la traitera avec l'affectueuse bien- (( veillance qui est due à une sœur : comme elle est la « veuve de son bien-aimé frère, il tâchera de lui pro- ({ curer toutes les jouissances et tout le bonheur possi- « blés. Mais ce mariage est contraire à la loi de Dieu, « et la conscience du roi gémit sous le poids des re- « mords. D'un autre côté, on ne saurait trop louer les « vertus de la noble Anne de Boleyn, la pureté de sa « vie, sa pudeur timide de jeune fille, sa sobriété, sa « chasteté, sa douceur, son humilité, la sagesse et l'élé- (( vation d'âme qu'elle doit sans doute au sang royal « qui coule dans ses veines, sa brillante éducation qui « a encore perfectionné ses qualités naturelles (sic), « etc. Voilà les fondements sur lesquels l'inclination du « roi est fondée, inclination qui nous paraît très hon- « nête, très raisonnable, et qu'il faut satisfaire par des « moyens légitimes ^. »
Comment Wolsey, qui fait si audacieusement parade
1. Gomment alors proposer pour juge un homme qui a donné si ouvertement son opinion en faveur de l'une des parties ?
"l. Letters and Despatches, p. 1513, 1514 et 1772, et Introduction, toms IV, p. 338.