‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 184 sur 400 · DÉPART DE GARDINER ET DE FOX · texte numérisé non relu

DÉPART DE GARDINER ET DE FOX

de sa sincérité, a-t-il bien osé parler sérieusement des remords de ce pauvre Henri VIII? Gomment a-t-il bien pu, sans se brûler les doigts, écrire ces longues litanies dithyrambiques sur les vertus d'Anne de Boleyn? Ce n'est pas sans une profonde douleur que nous voyons s'abaisser à de telles concessions un archevêque, un prince de l'Église, qui se piquait d'avoir encore quelque sentiment de dignité sacerdotale. En coopérant aux intrigues de Henri VIII et de ses favoris, en se prêtant à leurs machinations, il était entraîné sur une pente où il ne pouvait plus s'arrêter! Quoiqu'il puisse en coûter à l'historien, il faut qu'il dise la vérité sur les hommes politiques quels qu'ils soient, dont il a à apprécier le caractère.

Gardiner et son collègue, partis de Douvres le 11 février io28, furent poussés par la tempête jusqu'à Gravelines où ils n'abordèrent qu'après les plus grands dangers : ils faillirent aussi se noyer en traversant, dans les Romagnes, un torrent enflé par un récent orage ^ Ainsi, en commençant et en finissant leur voyage, ils avaient perdu leurs bagages et la plus grande partie de leurs vêtements. Ces contre-temps leur occasionnèrent des retards, tels qu'ils n'arrivèrent que le 25 mars à Orvietto.

Là ils trouvèrent qu'on ne pouvait pas dire que le pape eût recouvré réellement et pleinement sa liberté, car « le manque d'aliments convenables, la pénurie de « tout, les détestables logements et la mal-aria lui fai- « saient une vie encore plus confinée^ encore plus mi-

1. En passant ce torrent à gué sur des chevaux de haute taille, ils avaient de l'eau jusqu'à la ceinture.

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