‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 215 sur 400 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Lettre de Charles-Quint. — Démarche de Mendoza auprès de Campeggio. — Interrogatoire officieux et odieux que Ton fait subir à la reine. — Effet produit par l'exhibition de la copie du bref de dispense qu'on argue de faux. — Démarches faites à Rome et en Espagne pour se procurer l'original de celte pièce. — Les conseillers de la reine lui persuadent d'écrire elle-même à l'empereur pour le prier d'envoyer cet original à Londres : opposition de Mendoza, — Allocution du roi aux aldermens. — Situation morale de la cour et faveur croissante d'Anne de Boleyn ; mécontentement populaire.

Pendant qu'autour de Catherine tout semblait conspirer contre elle, son puissant protecteur, Charles-Quint, ne laissait pas endormir un seul moment le zèle qu'il avait, dès le principe, témoigné pour sa cause.

Le 9 novembre 1328, prévoyant qu'à cette époque Campeggio doit être arrivé à Londres, il écrit une lettre détaillée à Mendoza en insistant sur ce point qu'avant tout il faut empêcher que le procès du divorce ne se poursuive en Angleterre.

Pour atteindre ce but, il lui envoie deux protestations contre le choix qui a été fait des deux légats. La première contient \ à ce qu'il paraît, des récusations en bonne forme contre l'un et l'autre juges, comme tenant des bénéfices de Henri VIII; la seconde n'élève d'objections que contre Wolsey seul, comme ayant énoncé

1. Les modèles do ces protestations n'ont [uis été l'clrouvés.

274 DÉMARCHE DE MEiNDOZA AUPRÈS DE GAMPEGGIO.

son opinion. Il laissa à son ambassadeur tout pouvoir de faire usage, à son choix, de Fune de ces pièces.

Il l'autorise même à ne pas s'en servir si Gampeggio n'a pas reçu une commission expresse du pape pour rendre un jugement sur la validité du mariage de Catherine : dans ce cas, il croit qu'il serait plus prudent de dissimuler ^

Rien n'est plus curieux et plus intéressant que de voir dans quels détails minutieux croit devoir entrer un prince qui avait dans l'Europe entière de si énormes affaires sur les bras.

Après s'être bien pénétré des instructions contenues dans cette lettre, Mendoza crut devoir agir auprès de Gampeggio et tâcher de savoir comment ce cardinal comprend le but et l'esprit de son mandat ; c'est ainsi que l'habile diplomate saisit et interprète admirablement la pensée de son maître. Il va donc voir Gampeggio avant la fin de novembre et l'aborde ainsi : « Sa Majesté, que je représente ici, sait bien, dit-il, « qu'un prélat tel que vous n'aurait pas accepté la mis- « sion que vous remplissez, si vous n'aviez été sûr de (( faire le bien dans cette affaire et de rendre service « au monde chrétien tout entier. » Gampeggio lui raconta alors tout ce qu'il avait fait à Londres depuis son arrivée, et comment il avait dernièrement joint ses efforts à ceux de Wolsey pour engager la reine à consommer un sacrifice qui pourrait tout sauver* <( Je n'ai jamais pensé et je ne pense pas encore, lui (( répondit Mendoza, que la commission que le Souve- <f rain-Pontife* vous a donnée ait jamais pu avoir pour

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